« Tomber sept fois, se relever huit »…le titre de ce livre de Philippe Labro pourrait presque s’appliquer à la carrière de BUKOWSKI. Depuis leur débuts en 2010 avec le mythique « Amazing Grace », le groupe a fait face à plusieurs obstacles qui n’ont pas spécialement aidé à la montée en puissance du combo de Cergy-Pontoise : succession de titulaires au poste de batteur, intégration d’un second guitariste puis départ de celui-ci amenant à l’intégration de Clément « Knaki » Rateau, passage par plusieurs maisons de disques, autoproduction compris. Tout cela aurait pu mettre à bas le quartet…pourtant chaque fois celui-ci a trouvé les ressources pour se remettre sur les rails, et chaque fois convaincre avec des albums bourrés d’énergie.
Aujourd’hui cependant, BUKOWSKI tourne la page d’une première période « agitée ». Le précédent album, éponyme, était en effet le dernier auquel Julien Dottel, bassiste historique de la formation avait apporté sa patte avant de nous quitter brutalement. « Bukowski » (l’album) faisait donc office d’un bel au revoir à une personnalité forte et attachante au sein du groupe (et auprès de tous ceux qui eurent la chance de le côtoyer).
Aujourd’hui, donc, les Cergyssois s’alignent sur la ligne de départ pour le premier album entièrement réalisé avec l’effectif qui assura la tournée de soutien du précédent. D’un certain point de vue, il s’agit donc d’un baptême du feu discographique. Particulièrement, c’est la première fois que Max Müller tient la basse sur disque depuis son intégration. C’est également la première fois que le groupe compose collectivement. Jusqu’à présent assurées par les frères Dottel, la musique et les paroles ont été ici écrites par les quatre compères.
Nouveau départ, donc…mais également retour aux fondamentaux ! Ca passe notamment par les retrouvailles avec Francis Caste, producteur du – le mot n’est pas trop fort, non…- mythique « Amazing Grace », qui posait les bases du style « Buko », - faussement estampillé Stoner à l’époque par certains - et mixant patte nu metal « Team Nowhere » (Matthieu ayant écumé avec Niko Nottey – premier batteur - les spots de furieux avec Wunjö avant de fonder Bukowski), punky-pop sautillante et accélérations heavy.
De fait, l’on retrouve ici de ce qui faisait le sel de ce premier album. Déjà, la signature sonore de Francis Caste se fait jour dès les premières mesures. La matière est en effet un tantinet plus organique, plus « vintage », sans perdre de puissance ni d’ampleur.
Côté compos, c’est retour à l’efficacité. On délaisse quelque peu les constructions alambiquées pour un appel plus franc au sacro-saint riff-qui-te-botte-le-cul d’emblée (« Headlight », entre autres…). Ca transpire la rage et la rugosité du metal, même si quelques touches de clavier judicieusement placée (« A Thousand Knives », « Isolation ») viennent ajouter un soupçon de lyrisme de bon goût. Les morceaux sont concis (on respecte le format 3,5/4 minutes ) et chacun est construit autour d’un motif qui accroche d’emblée l’oreille.
Au final, c’est un sans-faute pour la bande de Cergy-Pontoise. « Cold Lava » emporte d’emblée l’auditeur avec une collection d’hymnes qu’on aura plaisir à entonner en concerts, et aptes à mettre le feu dans les fosses de France, Navarre, et du reste du globe (tant qu’à faire…). Au regard des épreuves, les BUKO font ici la démonstration d’une belle résilience, pour le plaisir de nos oreilles. En résumé : ce disque vous met une belle branlée, et ça fait un bien fou !!!