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Clisson, France

ALDO
Journaliste

Hermano

Mieux vaut tard que jamais...
12 titres
Heavy Blues
Durée : 50 minutes
Sorti le 06/02/2026
194 vues
RIPPLE MUSIC

L’histoire d’HERMANO est atypique. En étant un tantinet provocateur, on aurait pu définir le combo comme un boys band stoner. Car c’est sur l’impulsion du producteur Dandy Brown que John Garcia (de chez qui-vous-savez), David Angstrom (Supafuzz), Steve Earle (Afghan Whigs) et Mike Callahan (Disengage) sont réunis sans avoir jamais travaillé ensemble pour une simple session d’enregistrement. Un one-shot qui aurait pu sentir l’opportunisme marketing.

Mais l’alchimie est telle que cette séance donne ensuite naissance à trois albums studio et un live, ainsi qu’une belle réputation scénique lors de tournées souvent sold-out. Petite particularité : nos mousquetaires de la fuzz ne se réunissent que selon leurs envies, entretenant par là-même une attente constante chez leurs fans.
L’album qui nous intéresse ici est dans ce contexte un marqueur de cette attente. Car les gaziers se sont fait ardemment désirer avant d’assurer ce concert lors de l’édition 2016 du HELLFEST. Il faut dire que le groupe avait cessé toute activité depuis…2008. Les musiciens n’ont d’ailleurs pas répété ensemble depuis lors, et c’est quasiment « à l’arrache » qu’ils montent sur les planches ce soir-là.

L’organisation leur met toutefois à disposition un local pour répéter l’après-midi précédente, et encore une fois, dans la continuité du motif de la création du groupe, la magie opère. Les musiciens retrouvent leur complicité, et délivrent une prestation gorgée de groove, d’énergie et de classe. Et il faut dire que l’enregistrement de ce concert rend justice à cette belle communion avec le public clissonnais (« I came all the way from Palm Springs, California, just for fucking you » s’exclame John Garcia, après avoir présenté ses collègues sur le même mode). Les interventions sont peu nombreuses, mais chaque fois pertinentes. La musique réunit l’ensemble des personnes présentes, donnant toute sa raison à la diffusion de ce concert. Et puis surtout, il y a la magie de ces riffs sentant bon la rudesse poussièreuse du désert du Sud-Ouest Californien, enfilés comme des perles pour obtenir un bijou de groove bluesy, mâtinée ici ou là de rage punk.

Tout juste pourrait-on s’émouvoir que l’idée de sortir un tel concert sous forme d’album n’ait été concrétisée plus tôt. Ce à quoi le sage répondrait : « Mieux vaut tard que jamais ! ».