Suecide High est le nouveau projet de Renaud Mayeur, chanteur et musicien belge qui officie depuis plus de vingt sur la scène rock/metal du pays. Après avoir collaboré avec des pointures locales comme La Muerte, Hulk et Triggerfinger, le musicien a décidé de monter son propre groupe, qui puise aux racines du rock tout en y incluant une certaine dose de modernité.
Et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous accueillons la naissance de ''Chaos Has Its Charms'', beau bébé de douze titres qui sent bon le vintage.
Un riff qui tourne en boucle, une rythmique appuyée au son rugueux, un tempo qui fait taper du pied, rien de tel pour ouvrir ce premier opus que ce 'Suecide High' qui emprunte autant à T-Rex qu’au punk rock new-yorkais.
A ce caillou aussi basique qu’efficace succède un 'Feel The Flames' hargneux, qui renvoie au Def Leppard des premiers albums. Serti d’un incroyable solo légèrement fuzzy, ce diamant brut dégage une indéniable effluve Stooges.
Cette saveur se retrouve sur le remarquable 'Darkness Falls', aux guitares délicieusement grésillantes. Dotée d’une batterie au rendu organique et d’un solo ultra jouissif, cette compo permet en outre au chanteur de se la jouer Iggy Pop sur son dernier tiers, en une incarnation des plus réussies.
'Let The People Ride On' souffle le chaud et le froid via une alternance de tempi où couplets posés le disputent aux refrains énervés pour un rendu des plus efficaces.
Le combo, soucieux de varier son propos, sait aussi arrondir les angles à l’occasion. 'Chaos Has Its Charm' relègue les six-cordes en arrière-plan au profit d’une basse ronde et groovy. 'Somewhere Else', qui renvoie au David Bowie des 80s, délaisse les saturations, pour une approche plus easy-listening, tout comme le sympathique 'Man Of Principle', plus rock que hard.
Si la majorité du disque revêt des atours 70s, 'Devastating Man' remonte encore le cours du temps jusqu’au mitan des sixties, cette pièce d’une grande accessibilité flirtant avec les pionniers du (hard)rock, voire Ennio Morricone pour certaines sonorités de guitare, le long solo généreux inclus.
Plein d’envie et gorgé de feeling ('Nowhere Home' savoureux comme un whisky tennessien, la voix ultra chaleureuse de Renaud sur la balade conclusive 'The Hard Way'), ce premier effort des Belges est un bijou de rock vintage dont il sera difficile de se lasser.