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Chama

FRED H
Journaliste

Soulfly

Les fans de Soulfly vont aimer ce « Chama » aussi instinctif, tribal et spirituel qu’immédiatement identifiable. Les moins mordus reconnaîtront la solidité mais aussi son absence de prises de risques et de moments réellement marquants post-écoutes.
10 titres
Metal
Durée : 32:33
Sorti le 24/10/2025
707 vues
Max Cavalera a beau multiplié les projets depuis de nombreuses années (Go Ahead and Die, Killer Be Killed), il faut bien reconnaître que le résultat est au mieux correct et le plus souvent dispensable. On peut également s’interroger sur l’intérêt voire l’opportunisme que représentent la relance live de Nailbomb (sans l’autre cofondateur Alex Newport) ainsi que les réenregistrements des premiers méfaits de Sepultura (« Bestial Devastation », « Morbid Visions » et « Schizophrenia ») sous le blase Cavalera avec son frangin Igor.

Quoi qu’il en soit, Maxou déboule en cette fin d’année avec son Soufly pour « Chama » (NdT : « Flamme » en brésilien). Coté line-up, avec le départ de Mike Leon, le meneur brésilien et son rejeton Igor Amadeus (partenaire de son daron dans Go Ahead And Die) se sont partager les parties de basse en studio. En plus de son poste de batteur, Zyon (autre fils de son père) co-produit le disque avec Arthur Rizk (déjà à l’œuvre sur le « Totem » de 2022). Arrivé début 2023, le guitariste Mike De Leon (à ne pas confondre avec l’ex-bassiste démissionnaire) complète la formation.

On ne va pas vous mentir, ce treizième album du combo ne dévie pas de ce mélange de rythmes tribaux et de nu metal pratiqué depuis plus de deux décennies et demie ('Storm The Gates') . Un esprit chamanique couplé à une majoritaire violence brute, le tout compacté en dix chansons pour trente-deux minutes trente de zique (la frontale 'Black Hole Scum'). Pour résumer son nouveau skeud, le natif de Belo Horizonte parle d’une « question d’attitude […] quelque chose de très punk ». Le musicien évoque une écriture spontanée : « Parfois, les meilleures idées sortent d’un coup, sans calcul ».

On est dans la pure radicalité avec une prod’ bien rêche, des gros riffs thrash death et des messages sauvages gueulés. « Je hurle ces paroles parce que j’y crois » dixit le frontman. Cela étant dit, on peut trouver, ici et là, quelques tentatives d’ouvertures pour tenter de se renouveler (les ambiances travaillées de 'Indigenous Inquisition', l’habituelle et bienvenue respiration instrumentale 'Soulfly XIII', le seconde partie de 'Chama'). Si on salue l’effort, le rendu reste tout de même convenu ('Always Was Always Will Be').

A l’instar des précédentes livraisons, plusieurs invités (six-cordistes/chanteurs) ont été conviés : Todd Jones sur 'Nihilist', Dino Cazares, Ben Cook et Gabe Franco pour 'No Pain = No Power', Michael Amott sur le chaotique 'Ghenna' dépourvu de couplet et de refrain). Avec de tels contributeurs, on aurait pu espérer des sorties hors du cadre défini. Malheureusement, la cohérence globale et la « sécurité » ont été privilégiées.

Les gros fans de Soulfly vont aimer ce « Chama » aussi instinctif, tribal et spirituel qu’immédiatement identifiable. Les moins mordus reconnaîtront la solidité de l’affaire (dans son genre) mais aussi son absence de prises de risques et de moments réellement marquants post-écoutes.