Shane Embury est un musicien talentueux et reconnu mais il est aussi quelqu'un qui n'arrête pas car en plus de Napalm Death, il participe entre autres à des projets comme Lock Up ou Brujeria. Et maintenant, il a Tronos. Ce projet, il l'a fondé avec le producteur Russ Allen et le batteur Dirk de Megadeth.
Ce premier album se nomme “Celestial Mechanics” sur le label Century Média. Ils ont fait appel à des musiciens reconnus comme Snake de Voivoid, Billy Gould de Faith No More, Dan Lilker de Nuclear Assault ou de Troy Sanders jouant dans Mastodon.
Ce premier album de Tronos propose une Musique mixant différents thèmes, entre Sludge et Expérimentation. Le côté Sludge se retrouve dans l'utilisation de guitares lourdes, pesantes et quelques peu malsaines pouvant par moment s'accélérer pour arriver dans quelque chose de plus furieux. On peut retrouver cela sur le titre “Walk Among The Dead Things” à l'ambiance lourde sur fond de lignes de guitares pesantes. Le chant y est en majorité extrême, proche du Hardcore avec des vocaux graves comme sur “Judas Cradle”.
L'expérimentation se retrouve dans l'usage de claviers et de machines lui donnant un côté Indus. Cela crée une atmosphère plus froide que sur les passages ou il n'y a que de la guitare ou l'on ressent alors plus de rage. Le morceau est un bon exemple de cette expérimentation. Le côté expérimental se retrouve beaucoup sur un titre comme “Voyeurs Of Nature's Tragedies” ou l'usage du violon et du chant féminin donne à ce titre un caractère Gothique et Doom. On se dirige même vers un Post Metal sur “Premonition” ou l'on a droit à du chant clair sur pas mal de passages s'opposant aux vocaux plus agressifs que l'on retrouve en majorité sur le reste de l'opus.
Dans le même genre d'idée, on retrouve le bruitiste et extrême “Birth Bomb” ou l'atmosphérique “Beyond The Stream of Conciousness”. Et puis, on est obligé de parler de cette reprise du morceau de Black Sabbath “Johnny Blade” que l'on retrouvait sur “Never Say Die” qui n'est pas le plus connu des titres. Enregistré dans un registre plus futuriste que la version initiale mais les vocaux se rapprochent de ceux d'Ozzy. Intéressant car le groupe a mis sa patte sans reproduire à l'identique.
Par contre, on peut regretter un certain hermétisme dans les compositions car déjà il vous faudra quelques écoutes pour pouvoir vous immerger dans les compositions. Le souci vient aussi des multiples influences insérées dans les compositions qui peuvent dérouter l'auditeur qui risque de se perdre dans cette multiplication de registre.
Un album pas mauvais en soi mais hermétique et trop expérimental pour accrocher l'auditeur !