Les apparences sont parfois trompeuses. Et votre serviteur en était jusqu’il y a peu victime de cet adage à propos de CHEVELLE (Ceux qui rigolent déjà ont bien raison).
En effet, jusqu’à présent, et faute d’avoir pu jeter une oreille sur les œuvres du trio amerloque, et sans avoir lu un quelconque article sur le combo, l’imagerie (trois jeunes – dont deux frangins - plutôt propres sur eux, pas de tenue extravagante, de tatouages ni de coupe de veuch’ originale) du groupe lui laissait croire qu’il s’agissait d’une sorte de copie des gallois de…STEREOPHONICS (oups…jetez-moi des tomates, pas de soucis, c’est mérité...)
Alors forcément, dès les premières notes de « Bright as Blasphemy », la surprise envahit votre serviteur. Car bien évidemment l’on nage en plein Nu-metal. Pas celui qui fait jumper les kids, genre Limp Bizkit, mais pas non plus celui qui se fait plus contemplatif, genre Deftones.
En fait, et en tous cas avec cet album, on retrouve sur les trois premiers titres l’efficacité des riffs d'un Korn (c’est péchu, groovy, ça va à l’essentiel, avec une pointe de folie) sans la basse slappée-frappée de Fieldy, avec des vocaux qui mixent le style rappé de Jonathan Davies et les mélodies félines d’un Chino Moreno.
Bref, on se laisse aller à trouver une forte influence du quintette de Bakersfield dans le bidule, et pourtant ça finit par dévier de la piste initialement dessinée : ça propose pquelque chose de plus sophistiqué, mélodique et vaporeux (« Hallucinations ») ou alors du matériau plus heavy metal (le refrain de « Wolves (love and light) ») quand ça ne frôle pas le Doom (« Karma Goddess », mais alors si peu…). Ou bien alors ça se fait ethnique (la façon de sitar sur « Blood in the Field ») quand ce n’est pas subtilement techno (« AI phobia »).
Au final, passé la surprise de la découverte, on est assez content de cette livraison qui propose un joli bonbon, riche en goût et en textures. C’est varié, parfois surprenant, les plages sont de la juste durée…Intéressant, quoi !