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Boundless

Chozo Tull
Journaliste

Long Distance Calling

LDC revient en format instrumental avec un album varié et efficace.
8 titres
Rock Progressif
Durée : 49
Sorti le 02/02/2018
11670 vues


Mine de rien, les allemands de Long Distance Calling tracent leur route depuis plus de dix ans. Adeptes d'un post-rock musclé, ils reviennent avec \'\'Boundless\'\' nous offrir encore plus de lourds riffs et de crescendos célestes. Mais il faut avouer que depuis une décennie, le genre a eu bien du mal à se renouveler, et que nombre de groupes qui y officient semble désormais ressasser les mêmes gimmicks de compositions, le même discours musical. LDC réussissent-ils à tirer leur épingle du jeu ?

Oui et non. Certains se souviendront sans doute que le groupe avait précédemment travaillé avec un chanteur, Petter Carlsen, qui avait justement permis à LDC de se démarquer des autres groupes de post du moment, avec une approche musicale et une dynamique de groupe plus traditionnelle. Ici, Long Distance Calling redevient un quatuor instrumental : basse, batterie, deux guitares, et c'est parti. L'approche est résolument rock et axé autant sur les riffs (si ce n'est plus) que sur les atmosphères : des morceaux comme \'\'Ascending\'\' ou \'\'The Far Side\'\' affichent clairement une volonté de jouer fort, avec une distortion grasse, de suer sur scène quoi. Mais au-delà de cette marque de fabrique, on sent une volonté de varier les influences et les effets : \'\'Like A River\'\' et ses courts delays a des faux airs de bande-son de western, \'\'On The Verge\'\' est plus ouvertement électronique (Comme \'\'In The Clouds\'\') et ramène des claviers. L'auditeur n'a pas à se plaindre, le boulot est fait. La production est de très bonne qualité, les tones de guitare sont agressifs et lourds quand il le faut, cristallins à d'autres moments, et les quelques solos bénéficient souvent d'un son expressif sans en faire trop dans la saturation.

L'album reste un album de LDC et le groupe déroule ses compositions sans grandes surprises pour les amateurs du genre : les riffs se succèdent, les morceaux prennent des pauses, la batterie permet de faire monter et redescendre la tension. Les morceaux sont très souvent conçus comme de courts voyages sonores, qui peignent une ambiance et un récit à coups de six-cordes. Dans ce genre, la première piste, \'\'Out There\'\', est plus que satisfaisante : longue de plus de neuf minutes, la composition s'étire et montre une maîtrise certaine de la part du groupe. Une sorte de programme : on est revenus, on a plus de chanteur, voilà ce qu'on a envie de faire maintenant. Stylistiquement, l'albume se révèle cohérent, et le groupe lui-même offre un album thématique au travers des titres des morceaux : \'\'In The Clouds\'\', \'\'Ascending\'\', \'\'Skydivers\'\' : nous traversons l'espace aérien de Long Distance Calling, avec ses zones de turbulences et ses moments de calme cyan, ses éclaircies et ses gros nuages noirs.

Alors soyons clairs, le groupe ne réinvente pas le genre, et n'est pas à l'abri de ses propres clichés, mais l'album est très plaisant et montre une volonté d'avancer, propose une musique intéressante et née de l'interaction entre les membres du groupes. Si le disque a parfois quelques longueurs, il sonne de manière très organique, comme un groupe de rock qui s'aventure du côté de l'inventivité que comme un groupe de post-rock. Il y a des crescendos, de la reverb, mais aussi des moments plus heavy, des moment plus kraut. Une bonne galette à se passer sous ce ciel gris de février, et pendant le reste de l'année aussi.