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Blue blood

DeathMan
Journaliste

Phantom Elite

Un album qui s'inscrit dans son temps et sera efficace et réussi pour une majorité de fans.
10 titres
Metal
Durée : 43
Sorti le 17/03/2023
1318 vues

Voici le troisième album de Phantom Elite, groupe qui s'articule autour de Marina La Torraca (chant), Max van Esch (guitares/basse/synthés) complété par le batteur Joeri Warmerdam. L'album est produit par l'ancien guitariste et compositeur de After Forever, Sander Gommans.

Et en voilà un disque problématique à mes oreilles ! Il me semble, sauf erreur, que Phantom Elite lorgnait vers le métal symphonique par le passé. Ici, je me suis retrouvé en face d'un style à cheval entre indus/Néo/core quelque chose. Si j'apprécie l'Industriel à petite dose (Ministry, Fear factory...), en revanche le Néo/-Core ne sont pas du tout faits pour moi (A de très rares exceptions, j'en déteste les sonorités et arrangements), et c'est bien là le problème : ce disque en est rempli ("This sick world", "Inner beast").

De ce mixage entre différents styles, j'en retiens deux éléments : le premier étant la qualité des compositions. A aucun moment, je n'ai eu l'impression d'avoir affaire à des enchainements incongrus faisant penser à deux groupes différents par exemple ou à un groupe en recherche de style. Non, le style est là et bien posé, illustré notamment par le fait que l'album est majoritairement composé de morceaux de 4 minutes environ sauf le morceau titre qui approche des 8. La seconde qualité est le chant de Marina. Si sa voix n'est pas forcément puissante, elle a au moins le mérite d'être incroyablement variée sur l'ensemble du disque : écouter "Fragments" ou le mid tempo "Birdcage" dans lequel Marina s'approche d'une voix jazzy, ou encore le début de "This sick world" tirant vers un insupportable phrasé rap. Si je ne suis pas du tout fan de ces sonorités, il est impossible de ne pas reconnaître à Marina un certain talent dans sa palette vocale. Ce qui a un peu plombé mon intérêt pour ce disque sont également les passages parfois clichés, voir clichesques : la majorité des morceaux commencent de la même manière, à savoir un mur de son pêchu puis break avec voix féminine avant de repartir ("Skin of my teeth", "Apex", "Fragments", "This sick world", "Black sunrise")... C'est dommage car ces morceaux sont loin d'être dénués d'intérêt par la suite.

Des morceaux mid-tempo juste ce qu'il faut, des arrangements parfois un peu clichés, une production assez massive, des musiciens techniquement capables... Ce disque, si il est indéniablement bien composé me semble parfois manquer de sincérité tellement il s'inscrit "dans son temps". En parlera t'on encore dans 40 ans comme on parle encore de tant de disques sortis en 1982 ? Number of the beast, Black metal, Blackout, Screaming for vengeance rien que pour citer ceux là. Ça fait du bien d'être un vieux con parfois.