Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Bloody Dreams

Blood Potatoe
Journaliste

Devil Master

De rêve, ce ''Bloody Dreams'' prend peu à peu les atours d’un cauchemar sonore qui vous happera pour ne plus vous lâcher. Bel exploit !
6 titres
Black Metal
Durée : 29
Sorti le 04/09/2026
17 vues

Le cauchemar est au rêve ce que l’ombre est à la lumière. Si l’on n’y prend garde, un simple pas de côté peut nous mener dans les ténèbres et nous y faire errer pour l’éternité.
C’est d’une ruelle sombre et crasseuse d’un quartier peu recommandable de Philadelphie que nous vient Devil Master, entité maléfique portée par quatre cavaliers de l’apocalypse aux patronymes peu engageants. Auteur de deux premiers méfaits restés dans les mémoires, le quatuor nous revient aujourd’hui avec sa troisième offrande.
Entièrement composé par le guitariste Darkest Prince, ''Bloody Dreams'' s’inscrit dans la veine de ses prédécesseurs en poussant les curseurs au maximum. L’opus démarre sur les chapeaux de roues avec le ramassé 'You Worms’ Vain Delusions', mêlant urgence punk et sonorités black metal dans un déluge de riffs endiablés.
'Trembling At Dusk' calme le jeu avec son intro aux sonorités distordues et malaisantes. Si le duo basse/batterie envoie du bois, les guitares se font moins abrasives et plus flottantes, rappelant Killing Joke. Un break typé doom vient casser la dynamique de la piste alors que des hennissements de guitares emplissent l’espace sonore.
'Sex With Succubus', lui aussi très court, mêle habilement sonorités heavy traditionnel et furie black/thrash, la fougue de certains riffs renvoyant au Voïvod des débuts.
'Death Anthem' rend hommage au groupe culte japonais G.I.S.M avec ce chant primitif et ces soli débridés rappelant les pionniers Possessed/Hellhammer.
Le titre éponyme laisse filtrer un brin de luminosité avec sa mélodicité et ses guitares riches d’harmonies. Sur son dernier tiers, une délicate voix féminine, accompagnée d’une musique légère, s’en vient narrer un abominable conte qu’on déconseillerait bien évidemment aux enfants.
L’album se referme sur 'Farewell Waltz To Unfortune’s Palace', plat de résistance qui condense en près de onze minutes toute la richesse musicale dont font preuve les Américains. Ici les blasts côtoient les mid-tempi, les saturations fricotent avec des guitares sèches, chant clair et saturé se font écho, flûte et claviers apportent une touche occulte à cet ensemble au final très harmonieux, qu’un arpège au son cristallin vient clôturer de manière répétitive, presque hypnotique.
La production ultra soignée et le mastering signé Arthur Rizk donnent à ce troisième long une force de frappe inédite à même de transporter l’auditeur dans un voyage sensoriel qu’il n’oubliera pas de sitôt.