Formé en 2016 à Göteborg, Firebreather est un power-trio pratiquant une musique lourde et grasse, déjà auteur de trois méfaits discographiques. Ils nous reviennent en cette fin d’été particulièrement douce avec leur quatrième long, un ''Blood That I Spill Turns To Fire'' des plus ombrageux.
'Only The Eye Of Others' ouvre le bal via un mid-tempo enjoué sur lequel se greffe un chant haut perché. Un doux relent de Mastodon vient imprégner ce premier titre aux guitares baveuses à souhait. Ça sent la Boss HM2, si chère à la scène death suédoise. Derrière les riffs épais de Mattias Nööd, la section rythmique assurée par Jacob Madetoja et Joakim Olsson offre une assise des plus solides. Un long solo soutenu par de discrets claviers allège quelque peu le propos avant que la pachydermie ne reprenne ses droits sur 'El Cuervo'. Des rythmiques typées heavy viennent casser la lourdeur de la structure, rappelant en cela les compatriotes de Grand Magus.
La suite du disque est à l’avenant, piochant allègrement dans le sludge made in Louisiana ses rythmiques plombées et dans un heavy de tradition ses soli. Le morceau-titre illustre à merveille cette mixité musicale pour un plaisir d’écoute optimal.
L’ombre de Black Sabbath plane sur 'The Sorrow Hides', sentiment renforcé par un solo final qu’on croirait tiré de la Gibson de Tony Iommi.
Quelques plages plus posées viennent désaturer la noirceur du propos à l’instar du break basse/batterie de 'Protector Of Realm' ou des premières notes de 'Shrines'.
Le trio ose même la jam session dans la grande tradition des seventies sur 'Against The Light', pour le plus grand bonheur de l’auditeur.
Le chant de Mattias se fait ici moins rugueux que sur les opus précédents. Il gagne en clarté et en lyrisme, apportant de ce fait un contraste intéressant avec la gravité de l’instrumentation.
Doté d’une production à même de faire ressortir toutes les subtilités du disque, ce quatrième long a gagné en maturité ce qu’il a perdu en énergie brute. Un (petit) mal pour un (très) grand bien, assurément.