Cet album, édité en fait pour la première fois par 20th Century Media, est un témoignage pour les personnes ne connaissant pas ce qu'était le hard US des années 80. Et l'histoire du groupe montre qu'il faut aussi un brin de chance pour pouvoir percer.
BLACK BAMBI faisait partie, en 87, des groupes les plus prometteurs de la scène de Los Angeles, et il ne leur fallut pas bien longtemps (1989) pour signer un contrat chez Atlantic Records. Ils se retrouvèrent en studio avec Beau HILL ( déjà réputé à l'époque : RATT, KIX, GARY MOORE, TWISTED SISTER…. c'est un peu lui) et eurent l'impression de vivre un conte de fées. Seulement voilà, le grunge prend son essor, les ventes d'albums de hard rock « classique » s'effondrent, leur mentor, qui avait signé le groupe sur le label, quitte Atlantic et le groupe se retrouve avec un album non distribué. Malgré des showcases pour tenter d'être signés à nouveau, le groupe doit se rendre à l'évidence : il faut splitter.
Le grunge est mort (et c'est tant mieux : avis tout à fait personnel), on assiste à un renouveau du hard rock flamboyant que l'on avait connu dans les eighties et ce n'est que justice que de rendre hommage à BLACK BAMBI en éditant leur seul et unique album. On y retrouve des compositions travaillées, un guitariste qui n'étale pas sa technique mais qui l'utilise pour des solos gorgés de feeling (non, le shred n'était pas encore un passage obligé), des choeurs et une énergie positive. C'est sûrement çà que les personnes comme moi, qui ont grandi avec toute cette génération de groupes, apprécient dans ce style musical : le côté fun et entraînant des morceaux. La voix du chanteur rappelle par moment celle de Mark SLAUGHTER, sans le côté, parfois agaçant, j'avoue, de ces voix un peu nasillardes, mais qui faisaient partie, si je puis dire du « folklore » de l'époque.
Même si c'est Beau HILL qui a travaillé sur l'album, je trouve que les guitares manquent un petit peu de mordant. C'est peut être le seul reproche que je pourrais faire à l'écoute des chansons.
Vous retrouverez sur cet album une seule ballade « Seven miles », quelques hits en puissance « 99 and a half », « Blackbird » ( GREAT WHITE style), « Lay me down » (RATT style) ….. Difficile de sortir réellement un morceau du lot, les compositions étant plutôt homogènes en qualité.
Pour les amateurs de hard rock 80's, cet album sera à placer sur votre étagère au milieu de tous vos groupes préférés, il n'aura pas à rougir en comparaison et pour les autres, qui découvrent ce style, c'est une excellente approche et permet aussi de rendre hommage à ce groupe qui aurait dû faire partie du circuit, si toutes les conditions avaient été réunies.