La nuit tombe aux abords d’un parking désert, l’air sent le bitume chaud et le vieux carburant. Une bande de types en blouson de cuir, guitare aux épaules, monte le son dans une vieille américaine. Alors que les premières notes saturées grondent, on sait qu’on s’apprête à vivre un moment qui ne ressemble à rien d’autre. ''Bite The Bullet'', le nouvel album de Midnite City, sonne comme cette nuit-là : brut, électrique, exalté — et définitivement vivant.
Depuis leurs débuts, Midnite City n’a jamais caché son obsession pour les années 80 : ce mélange de mélodies sucrées et de riffs rugueux, de claviers flamboyants et de guitares hurlantes, de refrains qui s’accrochent malgré les bières bus trop vite. Avec ''Bite The Bullet'', ce retour aux racines n’est pas un effet nostalgique. C’est une vraie déclaration : le rock mélodique, le glam-hard, ce n’est pas un genre, c’est une attitude. Un pari tenu avec panache.
Dès 'Live Like Ya Mean It', le ton est donné : un riff qui frappe, des guitares qui mordent, des chœurs à hurler dans le vide. On sent le groupe sûr de son coup, conscient de ses forces, prêt à en découdre. Ce titre d’ouverture — taillé pour la scène, pour les poings levés, pour les néons rouges — pose la promesse : Midnite City ne vient pas jouer, il vient emporter.
La suite de l’album déroule cette essence : énergie, mélodie, et un goût pour l’équilibre entre la puissance et la douceur. 'Worth Fighting For'mêle guitares incisives et claviers lumineux, offrant un rock mélodique hautement contagieux. 'It’s Going To Be Alright' ralentit le tempo, déploie ses arpèges, et montre que le groupe maîtrise aussi le registre de l’émotion — ce sens des refrains qui font vibrer l’âme autant que le torse.
Le single 'Heaven In This Hell' joue sur un contraste séduisant : ambiance plus sombre, gravité dans la voix, riffs plus lourds, claviers dramatiques. Le morceau prouve que Midnite City sait varier les ambiances sans trahir son identité : le glam-hard se fait moins fun, un peu plus sérieux, un peu plus rugueux. Mais il garde l’âme du groupe.
Puis viennent des titres comme 'Running Back to Your Heart' ou 'Lethal Dose of Love', qui rappellent que la fête n’est jamais loin. Guitares scintillantes, refrains irrésistibles, production soignée : c’est à la fois un pied de nez aux années 80 et un salut vibrant à tout ce que le rock mélodique a de plus joyeux.
Et quand le disque se conclut sur 'When The Summer End' (avec un air à la 'Jump' de Van Halen), on reprend sa respiration — mais le sourire reste. Ce morceau final, hymne lumineux, chœurs puissants, guitares flamboyantes, symbolise ce que Midnite City a voulu faire depuis le début : offrir un morceau d’évasion, un rayon de lumière dans l’obscurité, un moment de plaisir pur.
Ce qui frappe dans Bite The Bullet, c’est cette capacité à fusionner l’héritage d’un glam / hard rock nostalgique avec une fraîcheur contemporaine. Le son est moderne, net, clair — mais il conserve la chaleur, le grain, l’urgence d’un bon vieux vinyle passé trop vite. On entend les claviers, les guitares, la basse, la batterie, mais surtout : l’envie, la passion, le désir de faire vibrer. Mais plus que tout, ''Bite The Bullet'' donne l’impression d’être un disque pensé pour le public — pour ceux qui aiment lever le poing, chanter à tue-tête, danser sur des riffs taillés pour les stades ou un vieux bar enfumé. Ce n’est pas un album pour les charts. C’est un album pour les émotions, pour la sueur, pour le partage. Un disque qui se vit plus qu’il ne s’analyse.
Pour tous ceux qui croient encore que le rock mélodique, le glam hard, c’est plus qu’un genre : un état d’esprit — ''Bite The Bullet'' est une claque. Une claque lumineuse, chaleureux, joyeuse. Une claque qu’on accueille avec le poing levé et le sourire aux lèvres.