''Beneath The Weight Of Worlds'', premier essai du collectif Stay Dead, mêle habilement sonorités doom et sludge pour un résultat des plus convaincants.
Stay Dead est le nouveau projet de Ryan Garney, tête pensante du collectif High Desert Queen. Désireux de se lancer dans une approche plus heavy de la musique, le bonhomme s’est mis en tête de fusionner lourdeur sludge et sonorités doom. Pour ce faire, il s’est entouré d’une équipe de fins bretteurs et forgerons du riff plus qu’expérimentés.
'Empty Pages' pose l’ambiance d’entrée de jeu via un low-tempo aux oraisons funèbres, rappelant le Paradise Lost des origines. Impression renforcée par ce chant plaintif et ces lignes de guitare très Greg Mc Intosh dans l’esprit. Un joli break mélancolique vient apporter un brin de déprime supplémentaire à ce sympathique opener.
'Stay Dead' monte le niveau d’un cran et entraine l’auditeur dans une spirale dépressive où rythmiques hypnotiques et soli désespérés prouvent que le plaisir se trouve parfois dans la douleur. C’est beau, c’est fort, c’est poignant et l’on se désole que cette pièce ne dure pas plus longtemps.
La suite est au diapason, les rythmes lents instillant une insidieuse torpeur dont il sera difficile de s’extirper. Les guitares tissent des riffs épais et gluants, supportés par une assise rythmique solide, véritable toile d’araignée d’où tout échappatoire est exclus.
L’ombre de Type O Negative plane sur 'White Noise', titre sur lequel Troy Sanders déverse du plomb fondu. 'Electric Mistress' nous régale de guitares harmonisées renvoyant aux origines du heavy metal. Mat Pike vient colorer cette piste de sa voix rocailleuse avant une orgie ‘’solistique’’ finale des plus jouissives.
Et que dire de 'Chrysalis' ! Une ligne de basse, un chant délicat sur fond d’arpège éthéré et ce sont huit minutes de pur plaisir auditif pour qui saura jouir du calme introspectif avant la déferlante sludge aux ondées de riffs plus lourds les uns que les autres. Eryka Fir, hurleuse en chef de Coma Hole, apporte une note aérienne via un chant haut perché mais superbement maitrisé, en témoigne le passage en duo avec Sieur Garney. Les samples d’orage apportent une dimension supplémentaire à l’ambiance de cette pièce épique à souhait.
Un court interlude parlé vient rappeler aux anciens (et décrire aux jeunes générations) l’époque bénie des seventies, lorsque la créativité musicale n’avait pas limite et se mettait au service de l’art avant tout.
L’album se referme sur 'Fever Dog', une reprise de Stillwater dans une version plus fangeuse. Si la trame originale est respectée, l’accordage est un ton en-dessous et le titre se pare de chœurs et soli du plus bel effet.
Pari réussi pour l’ami Ryan qui, avec Stay Dead, nous montre une nouvelle facette de son talent créatif. Il nous tarde de voir ces pièces prendre vie sur scène, histoire de déprimer collectivement à l’approche de l’hiver.