Quatre ans après leur coffret compilation Timekeeper – 20th Anniversary Box (florilège du meilleur de leur sept premiers albums studios parus agrémenté de relectures de leur répertoire avec une pléthore d'invités de scène métal d'outre-Rhin), et 2 piges après Tales from Beyond, Mob Rules est de retour. Le sextuor de Wilhelmshaven (Basse-Saxe) nous revient donc avec leur neuvième opus intitulé Beast Reborn.
Après la courte intro éponyme, épique comme il faut, le power metal symphonique des allemands déboule. Le groupe délivre des chansons qui vont droit au but (l'efficace ''Ghost Of A Chance''). Les gros riffs rapides et autres choeurs puissants (''Shores Ahead'', ''Sinister Light'') sont au rendez-vous. Boostés par une production de qualité, les orchestrations et les arrangements sont variés et travaillés. Les guitares thrash (''The Explorer''), les claviers bien prononcés (l'accrocheur ''Way Back Home''), sans oublier les soli de « la-mort-qui-tue » (le bien heavy ''Traveller In Time'') sont également présents.
D'aucuns noteront qu'à l'écoute de la rondelle, plusieurs riffs sonnent carrément Maidenien (''Children's Crusade'', …). On ressent bien l'héritage de la vierge de fer sur ''War Of Currents'' avec notamment le passage de basse à la Steve Harris et la partie parlée façon ''Seventh Son Of The Seventh Son''. Il y a même de ci de là des intonations du compatriote Kai Hansen (Gamma Ray) dans quelques phrasés. Mais QUEL MORCEAU…. Redoutable.
La ballade quasi obligatoire est là aussi. Toute en émotion, ''My Sobriety Mind (For Those Who Left)'', centrée autour d'une mélodie au piano, déploie une atmosphère intime et mélancolique, où le chanteur partage le micro avec une femme (non créditée). Plutôt pas mal du tout ce duo. Fini ? Oui… pour la version CD simple. Et bien non, pour les heureux détenteurs du Digipack qui bénéficient de deux pistes bonus exclusives : ''Lord Of Madness'' et une reprise de ''Sacred Heart'' de Dio (issu de l'album du même nom).
A l'instar des précédentes galettes, les thèmes abordés sont plutôt larges et bien éloignés des archétypes du genre. Alors pêle-mêle, on nous parle de croisades en Terre Sainte... d'un olibrius se faisant appelé John Titor qui affirmait être un voyageur temporel en provenance de l'année 2036 …. de la « guerre des courants » entre Nikola Tesla (l'alternatif) et Thomas Edison (le continu). On nous narre aussi le retour de « revenants » non loin des îles de Sylt et Amrum, l'histoire du « Chien des Baskerville » de Sir Arthur Conan Doyle ou bien encore les voyages des grands explorateurs Magellan et Colomb en quête de nouvelles routes/cultures. Et puis, le combo nous interpelle sur les changements personnels qu'on l'on peut opérer durant une vie. Pour le moins éclectique tout ça. Grands écarts garantis.
Alors que la formation fêtera son quart de siècle d'existence l'année prochaine, nos teutons demeurent fidèles à leur power metal fédérateur. Abreuvez-vous de cette maousse chope Beast Reborn et rappelez-vous, comme l'avait très bien dit le regretté Ronnie James, « If you listen to fools… (The) Mob Rules ».