En s’accoquinant avec des musiciens de générations et de styles différents, Udo Dirkschneider ré-imagine de belles façons (moderne et collégiale) un skeud déjà présent dans toute discothèque de fan de Heavy metal
Sorti en 1983, « Balls to the Wall », le cinquième opus studio d’Accept, est considéré comme un incontournable du Heavy metal. Pour en avoir été le cofondateur (au début des 70’s) et le chanteur durant trois périodes (1971-1987, 1993-1997, 2005), qu’il le veuille ou non, Udo Dirkschneider reste encore relié à ladite formation. Il a beau œuvré en solo depuis plusieurs décades, le natif de Wuppertal intègre toujours certains classiques de son ancien combo dans ses setlists live.
Quoi qu’il en soit, à l'occasion du 40eme anniversaire du disque emblématique précité (et une tournée qui va avec), l’increvable frontman allemand nous en propose une refonte actuelle, sous le blase de Dirkschneider. Dixit le « German Metal Tank » (qui fêtera ses 73 printemps le 6 avril dernier prochain), ce projet a été « un grand défi » pour lui. Il a mis un point d'honneur à « faire briller les chansons originales sous un nouveau jour sans perdre leur essence initiale ».
Globalement, les musiques de ce « Balls To The Wall : Reloaded » sont quasi les mêmes que les compos références ('Losers And Winners' feat. Dee Snider de Twisted Sister). On peut tout de même repérer ici et là quelques menues différences et variations, notamment sur les soli de guitare ('Winter Dreams', seconde collaboration entre l’icône teutonne et sa compatriote « Metal Queen » Doro Pesch après 'Dancing With An Angel' en 2002). En plus d’une production actuelle et puissante, c’est surtout la présence de plusieurs invités vocalistes qui donne le principal intérêt de cette réédition « rechargée ».
A part peut être Nils Molin (Dynazty, Amaranthe) et Ylva Eriksson (Brothers Of Metal), tous les autres protagonistes conviés par l’homme aux tenues de camouflage et aux mitaines en cuir cloutées sont bien connus. Il est d’ailleurs intéressant d’entendre certains de ces guests, à la signature vocale pourtant « marquée », changer leur technique pour s'adapter au morceau auquel ils sont associés. Ainsi, avec des interprétations plus « douces » qu’à leurs accoutumées, les sieurs Molin, Eriksson et Michael Kiske (Helloween) livrent d’excellents contrepoints aux vocaux plus « bruts » de l’infatigable briscard d'outre Rhin (les respectifs 'Head Over Heels', 'Love Child', 'Losing More Than You've Ever Had').
Pour le reste, qu’ils soient un rien plus calmes ('London Leatherboys' avec « Biff » Byford de Saxon, 'Turn Me On' feat. Danko Jones) ou plus agressifs (l’Hymne éponyme en compagnie de Joakim Brodén de Sabaton, 'Fight It Back' avec Mille Petrozza de Kreator, 'Guardian Of The Night' en partage de micro avec Tim « Ripper » Owens) que le matériel source, ces différents duos sont dans l’ensemble bien faits.
« Balls to the Wall Reloaded » n’a/n’aura pas le même impact que l’œuvre originale en son temps. Cela étant dit, en s’accoquinant avec des musiciens de générations et de styles différents, Herr Udo Dirkschneider ré-imagine de belles façons (moderne et collégiale) un skeud déjà présent dans toute discothèque de fan de Heavy metal. Bon boulot en tous cas.