Après un "From The New World" qui avait mis tout le monde d'accord, le plus difficile restait à faire : confirmer. Avec "Ataraxia", le groupe ne cherche pas à refaire le même disque en plus gros. Il préfère aller plus loin.
Dès les premières minutes, on retrouve cette identité qui fait la force d'Allt : des riffs qui cognent comme une presse hydraulique, une batterie d'une précision clinique et une production énorme, sans jamais sombrer dans la démonstration gratuite. Ici, la technique est au service des morceaux, pas de l'ego.
Là où "Ataraxia" surprend, c'est dans sa manière de ralentir le tempo au bon moment. Les respirations sont plus nombreuses, les mélodies prennent davantage de place et donnent encore plus d'impact aux passages les plus lourds. Quand les breakdowns arrivent, ils ne sont jamais là juste pour faire hocher la tête : ils servent les chansons.
Robin Malmgren impressionne une nouvelle fois. Son chant navigue entre rage et fragilité avec une aisance déconcertante. Il ne cherche pas à en faire trop ; il raconte quelque chose. C'est cette sincérité qui donne autant de relief à l'album.
Aucun morceau ne semble avoir été ajouté pour remplir la tracklist. Les neuf titres s'enchaînent avec une cohérence remarquable et donnent envie de relancer l'album dès qu'il se termine. C'est peut-être son seul défaut : on en voudrait davantage.
Avec "Ataraxia", Allt confirme qu'il n'est plus simplement un espoir du metal moderne, mais l'un des groupes qui en dessinent déjà l'avenir. Sans révolutionner sa formule, le quintette l'affine avec intelligence et livre un album aussi massif qu'émouvant.
Membres :
Robin Malmgren — chant
Viktor Florman — guitare
Olle Nordström — guitare
Samuel Mills — basse
Adam Björk — batterie
Tracklist:
1. New Day
2. Omertà
3. Nevermind
4. Enemy
5. Ataraxia
6. Ultraviolence
7. Snowblind
8. High Hopes
9. Avalon