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Asylum

Enora
Journaliste

Hampered

« Asylum », une promenade parmi les tableaux musicaux d'une vie décousue et inquiétante
10 titres
Metalcore/Hardcore
Durée : 45
Sorti le 16/03/2018
7165 vues

Après cette chronique, vous saurez tout sur Hampered et vous aurez sans doute très envie d'en entendre davantage. Le groupe se compose de Stef à la batterie et Fares à la basse, un duo rythmique qui occupe une place de choix dans les compositions. S'y ajoutent Romain et Guillaume aux guitares et enfin Germi au chant. Je vous propose de vous glisser dans les couloirs froids de l'hôpital psychiatrique de leur premier album que nous allons découvrir sans plus tarder !

L'introduction est assez originale puisqu'elle se compose d'un texte en français, lu d'une voix assez forte dans le sens où elle est agréable à écouter mais qu'elle transmet suffisamment d'émotions. On a presque l'impression de contempler le film d'une courte vie qui défile sous nos yeux et l'attachement au narrateur se fait naturellement. « I'm Alive » prend très logiquement la suite et me permet de découvrir un scream bien plus original et intéressant que ce qu'on peut entendre dans le Metalcore. Mais ce timbre intéressant n'empêche pas Hampered de proposer des passages lancinants en voix claire qui ponctue le titre. La rythmique est très sautillante et entraînante, un vrai avantage dont le groupe joue. La découverte est totale, le plaisir est immense ! Il n'est pas difficile de se rendre compte que le groupe se situe dans cette vague française qui ose proposer de nouvelles choses et qui, en l'occurrence le fait plutôt très bien. On continue dans la même veine avec « The Project ». Le scream presque étouffé se révèle plutôt bien complémentaire des riffs de guitares bien que la rythmique tienne encore un rôle essentiel en tirant ce morceau avec un tel groove qu'on ne peut s'empêcher d'avoir envie de bouger. Le break apporte juste la touche de noirceur et d'angoisse dont on avait besoin ; le pari est jusqu'ici tenu !

Avec « In My Jail », on retrouve vraiment cette idée d'une histoire qu'on retrouve tout au long de l'album. Le concept est intéressant parce qu'il est bien mené et l'équilibre entre récit et musique est organisé, d'autant plus que chaque chanson parvient à transmettre un sentiment qui correspond à une étape de l'histoire. Ici, c'est plutôt minimaliste, avec des superpositions de voix, une basse plus présente et une touche de folie qui semble parfois exploser et s'emparer de nous avec violence. La fin du morceau, en particulier la voix claire, aurait pu, selon moi, être un peu plus soignée mais rien de grave, passons à la suite ! « Stop That » nous ramène finalement en terres connues vers du Metalcore agressif plus traditionnel mais qui conserve la signature de Hampered grâce à la rythmique, toujours aussi entraînante. On retrouve également des influences Metal US et Groove Metal qui ne sont pas pour me déplaire. Il faut attendre le break pour retrouver quelque chose de plus audacieux. Malgré un début très séduisant, « Conspiracy Theory » est un peu fade par rapport aux titres précédents et n'apporte rien de plus à l'album. Le titre est sympathique mais je ne m'attarde pas dessus. La fin de la chanson laisse présager la véritable entrée dans la folie, ce que semble confirmer le début assez sombre d'« Each Other ». Le morceau se transforme assez vite en une sorte de déchaînement cathartique intelligemment construit que je vous propose d'aller découvrir par vous-mêmes.

La guitare acoustique qui ouvre « Avenge Your Memory » détonne incroyablement avec les précédentes chansons, tout comme le ton du dialogue en fond sonore. La composition crée ainsi un univers bien différent de ce à quoi nous a habitué Hampered jusque là et douceur et mélancolie semblent être les maîtres-mots. Néanmoins, en cinq minutes, le groupe a largement le temps de changer radicalement l'atmosphère en nous offrant un break très lourd. Ce qui me marque le plus sur « Blast (Bridge Refrain) » est probablement les riffs de guitares presque dissonants qui répondent à la voix sur une rythmique à la précision militaire et à l'avancée implacable. La conclusion de cet album s'annonce aussi soignée et puissante que les premiers titres. La fin de l'album arrive trop vite à mon goût avec « The End », un featuring avec Maxime Keller (Smash Hit Combo), un titre plein d'énergie et peut être plus mélodieux que les autres.

« Asylum » est un très bon album que je recommande à tout amateur de Metalcore ouvert d'esprit. Plus qu'une succession de chansons, Hampered nous emporte dans un récit qui prend finalement la forme d'une promenade musicale au sein de différents tableaux, tous construits avec soin et enregistrés avec talent !