Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Ars Goetia

ANIBAL BERITH
Journaliste

Infernal Angels

Avec ''Ars Goetia'', Infernal Angels nous offre un black metal engagé, brutal sachant délivrer une mélodie certaine et des moments épiques
10 titres
Melodic Black Metal
Durée : 47
Sorti le 20/01/2017
10237 vues
Découverte du mois pour votre chroniqueur de l'Extrême avec ce groupe italien pourtant officiant dans un black mélo assez brutal depuis 15 ans cette année. En effet le quintet nous dévoile son quatrième album en 11 ans et je suis passé au travers des trois précédentes productions que je vais m'empresser d'écouter! ! Le combo formé de Xes au chant, Psychos et Nekroshadow aux guitares, Hagen à la basse et Venders à la batterie ont opté de revisiter la panoplie des démons à leur façon en leur dédiant chacun de leur titre.

C'est donc sur un peu plus de 3/4 d'heure en 10 chapitres que l'auditeur écoutera ce livre, les italiens le lisant pour vous.

C'est avec l'intro 'Amdusias: The Sound of Hell' plutôt triste sur fond d'orage et de pluie battante où l'on perçoit le son d'une cloche créant ainsi une ambiance d'enterrement plutôt que de mariage que débute ''Ars Goetia''. Le côté lugubre s'intensifie sur le dernier tiers dans une ambiance étrange laissant penser à un moment de violence latente. Violence qui se manifestera dès le second titre 'Vine: Destroyer of the World' qui dès son intro rapide et directe montre efficacement dans quel univers les italiens officient. Un black metal mélodique certes, mais brutal avant tout avec un chant étonnamment orienté death et optant pour des passages plus hurlés créant ainsi une ambiance plus torturée accentuant la terreur de leur musique. Le rythme, ici, est très soutenu et ne laisse que peu de répit à son auditeur malgré des plans moins rythmés et tout aussi denses tant par la mélodie prenante que par l'atmosphère sombre. Quelques samples viennent sublimer cet univers lui conférant ainsi un côté épique omniprésent tout au long de l'album.

Hormis la piste 4, 'Purson: Matter and Spirit', qui sur moins de 4 minutes offre une variété déconcertante en mariant lourdeur, obscurité et alternance de tempo plus ou moins soutenu, les titres sont d'une durée idéale oscillant entre 5 et 6 minutes donnant un timing idéal pour entrer dans chacune des chansons et ainsi basculer de piste en piste sans s'ennuyer une seule seconde.

Beaucoup de dissonance dans les compositions des italiens et ce dès le troisième titre 'Asmoday: The Impure Archangel' qui démarre sur les chapeaux de roue tout en conservant l'alternance du tempo et de la rythmique si chère au combo; le chant est hurlé et plus terrifiant. Le quintet se permettra même d'intégrer un court plan pagan plutôt bienvenu et surprenant à 3'40'' avec un chant clair démontrant l'importance de la mélodie dans leurs compositions .

On sent que l'inspiration du groupe est vaste; par exemple sur le cinquième titre 'Bael: The Fire Devour Their Flesh', les riffs sont plus heavy metal. Cependant, pour contrebalancer le chant de Xes est plus black et le morceau plus mélancolique. Ambiance que l'on retrouve plus tard sur 'Belial: The Deceiver' et son inspiration old school où la batterie de Venders est mise en avant et la présence du seul solo de l'album qui est à noter puisque le black metal ne nous habitue à ça que très rarement.

Nous parlions de plans old school, ils sont clairement plus affirmés sur 'Paimon: The Secret of Mind' et 'Balam: Under Light and Torment' qui à la suite de son intro aux percussions rituelles d'une cérémonie africaine, nous fait basculer vers un black plus binaire (sans être péjoratif) et plus rapide avec des riffs moins complexes et plus répétitifs. les plans mélodiques sont moins affirmés, le chant typiquement plus hurlé et terrifiant. Bien sûr les blasts sont réglés en mode ''ça tartine'' et vous avez deux morceaux bien brutaux qui s'enchainent et continuent d'éviter la routine .

Nous approchons de la fin de cet album en poursuivant notre lecture avec le chapitre 8 'Zagan: The Alchemist' qui offre un univers plus épique avec son final martial et majestueux et c'est la conclusion avec 'Beleth: Lord of Chaos and Spirals'. Une intro me faisant penser à celle de 'South Of Heaven' de Slayer et c'est un un black plus moderne qui se manifeste avec une montée en puissance se faisant ressentir sur les 6 minutes de la piste dans une ambiance malsaine et un final post black metal sur fond de blast beat.

Avec ''Ars Goetia'', Infernal Angels nous offre un black metal engagé, brutal sachant délivrer une mélodie certaine et des moments épiques démontrant un savoir faire évident et produisant une musique à la fois violente, mélodique et variée. Tous les ingrédients sont là pour ravir les fans et convertir les novices sachant unir black old school et black plus moderne.

Anibal Berith