Tout au long d’« Anthesis », on retrouve du Zola Jesus, du Helga, du Chelsea Wolfe, du Myrkur mais sans jamais y perdre la sensibilité ni la capacité évocatrice de Suldusk !
Après le marquant « Lunar Falls » dévoilé en 2019, le groupe de Dark Folk Suldusk, mené par Emily Highfield (chant et guitare) est de retour pour un second opus intitulé « Anthesis » sorti chez Napalm Records. On y retrouve Shane Mulholland au chant et à la guitare, Daniel Green à la basse, Josh Taylor à la guitare, Hayley Anderson au violon et Frankie Demuru à la batterie.
Dès les premières mesure d’‘Astraeus’, on sait que cet album va nous tenir en haleine d’un bout à l’autre ! Cette plongée dans l’univers de Suldusk se fait au son de la voix d’Emily Highfield qu’on croirait n’être accompagnée que par le son du vent balayant la lande. La nature reste d’ailleurs omniprésente à travers « Anthesis » de manière claire comme avec les chants d’oiseaux qui ouvrent ‘Crowns of Esper’ ou en filigrane dans les ambiances et thématiques des chansons.
Plusieurs titres se démarquent par des passages franchement Black Metal comme ‘Verdalet’, ‘Crystalline’ ou encore le morceau éponyme. La voix claire laisse place au scream, la basse de Daniel Green gronde et les guitares de Shane Mulholland et de Josh Taylor se font oppressantes. A d’autres moments, c’est plutôt une forme de mélancolie qui habite la musique de Suldusk comme le prouve l’atmosphère Doom/Folk de ‘Sphaera’ et sa très jolie ligne de violon en vibrato assurée par Hayley Anderson qui donne à l’ensemble des airs de valse fantomatique.
Bien que la poésie soit omniprésente dans cet album, n’allez pas croire que Suldusk n’excelle que dans la douceur. Il faut souligner l’intensité des morceaux qui évolue comme des vagues et maintiennent une dramaturgie fantastique ! Et je tiens à mettre en avant le travail du batteur Frankie Demuru dont le jeu est toujours parfaitement adapté aux changements d’ambiance parfois presque imperceptibles. D’autres contrastes sont très marqués ce qui confère beaucoup de relief à cette création qui s’achève par un très beau duo vocal sur ‘Leaven’ et la participation du violoncelliste Raphael Weinroth-Browne (Leprous) pour la très justement nommée ‘A Luminous End’.
Tout au long d’« Anthesis », des éléments Dark Folk, Black Metal, Prog, Blackgaze, Post-Rock se succèdent et s’entremêlent. On y retrouve ainsi du Zola Jesus, du Helga, du Chelsea Wolfe, du Myrkur mais sans jamais y perdre l’identité, ni la maturité, ni la sensibilité de Suldusk qui démontre ici l’incroyable pouvoir d’évocation de sa musique !