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All Washed Up

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Cheap Trick

Au final, ''All Washed Up'' n’est ni un retour nostalgique vers les années 70 ni une tentative de modernité maladroite. C’est un disque de rock honnête, sincère, fidèle à ce qu’est Cheap Trick depuis le début
11 titres
Rock
Durée : 40
Sorti le 14/11/2025
24 vues
BMG (R)
Quand on écoute ''All Washed Up'', difficile de croire que le combo vient de fêter — ou s'apprête à fêter — ses cinq décennies de carrière. Pourtant, c’est bien le 21ème album studio de Cheap Trick, et il le porte avec la même insouciance revêche, la même énergie rock, la même capacité à injecter dans ses morceaux ce mélange unique de mélodie, de puissance et de désinvolture.

Dès le morceau-titre, on sent que le groupe est revenu pour secouer les meubles. L’intro gueule, les guitares rugissent, la voix de Robin Zander claque comme au bon vieux temps — avec ce grain, cette urgence rock qui ont toujours fait leur force. 'All Washed Up' donne le ton : sans nostalgie pesante, mais avec la conviction que le rock, ce n’est pas une question d’âge, c’est une question d’attitude.

Le disque ne se contente pas de répéter les schémas du passé. Il oscille avec intelligence entre rock brut, power-pop sautillante, mélodie pleine de panache et moments plus posés. 'The Riff That Won’t Quit' ou 'Rocking with the band, Dancing with the band' tirent vers le rock sec et nerveux, riffs clairs, basse présente, et la sensation qu’on est sur le siège arrière d’une vieille américaine filant sur une highway.

Mais Cheap Trick n’oublie jamais la mélodie, le refrain qui claque, l’accroche qui reste en tête. Dans 'Twelve Gates', premier single de l’album, on retrouve cette alchimie particulière : un mid-tempo accrocheur, des harmonies bien senties, un groove à l’ancienne teinté d’un petit je-ne-sais-quoi de moderne. À l’écoute, on comprend pourquoi certains critiques le qualifient déjà de l’un de leurs « meilleurs singles depuis des années ».

Mais l’album sait aussi se faire plus nuancé, plus sensible. Quand il ralentit le tempo, comme sur 'The Best Thing' ou sur certains passages plus mélodiques, Cheap Trick prouve qu’il peut encore toucher — sans artifice, sans excès, juste avec ce talent d’équilibriste entre rock et chansons. Cette faculté à alterner énergie brute et moments d’émotion donne à ''All Washed Up'' une belle

Tout n’est pas parfait — et le groupe le sait sans doute. Certaines pistes, vers la fin de l’album, manquent un peu de mordant, d’aspérité, comme si l’inspiration avait soufflé par intermittence. Mais ce n’est pas nouveau chez Cheap Trick : leurs meilleurs moments ont toujours compensé les moins percutants. Et quand les chansons fortes tombent, elles frappent fort.

Au final, ''All Washed Up'' n’est ni un retour nostalgique vers les années 70 ni une tentative de modernité maladroite. C’est un disque de rock honnête, sincère, fidèle à ce qu’est Cheap Trick depuis le début : un groupe capable de marier riffs, mélodies, énergie, humour et justesse — même après cinquante ans.