Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Airbourne

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Airbourne

"Lemmy n'est pas mort, il vit pour toujours", résume Joel O'Keeffe, et c'est finalement le programme d'Airbourne. and they play rock'n'roll !
5 titres
Hard Rock
Durée : 14 minutes
Sorti le 27/11/2024
9 vues
Une vieille console Neve rescapée des studios Albert, celle-là même qui a capté les premiers brûlots d'AC/DC et de Rose Tattoo, dort aujourd'hui dans un studio de la côte australienne, près de Byron Bay. C'est devant elle qu'Airbourne a passé une partie des sept années qui séparent ''Boneshaker'' (2019) de ce sixième album. Sept années pendant lesquelles le quatuor de Warrnambool a encore changé de guitariste rythmique, Brett Tyrrell ayant repris le poste tenu avant lui par Matt Harrison, successeur du fondateur David Roads.

Ce nouvel album a été annoncé par une lettre ouverte adressée à Lemmy, produit par Brian Howes, enregistré par Mike Fraser, mixé par Zakk Cervini, et il a fini par recevoir le nom du groupe lui-même. Ce n'est pas une panne d'inspiration dans le choix du titre, c'est une revendication : voilà ce qu'est Airbourne, prenez-le ou laissez-le.

Douze titres, quarante-sept minutes, aucune ballade, aucun interlude, aucune tentative de faire autre chose que ce que les frères O'Keeffe font depuis leurs débuts et clairement c'est jouissif. Airbourne envoie ses cartouches sans ménagement. 'Gutsy' s'ouvre sur une guitare seule, presque discrète, avant de basculer en quelques secondes dans un déferlement d'accords barrés : voilà le manifeste, et il est efficace. 'Rock 'N' Roll Ya' file droit, porté par une section rythmique qui avance comme un convoi lancé à pleine vitesse, tout comme 'Hells Got No Vacancy' et 'Bogotá' qui finissent par nous assomer. Ce dernier, dédié au public colombien, s'appuie sur un riff plus sec, plus métallique, presque britannique dans sa raideur, et constitue l'une des vraies bonnes surprises du lot : Airbourne y grogne plus qu'il n'y sourit.

Le versant mélodique est moins attendu et souvent plus réussi. 'Here She Comes', né d'une tempête tropicale abattue sur le studio pendant les sessions puis retourné en sous-entendu bien gras, avance à tempo médian, la basse en avant, le refrain calibré pour les festivals, le solo mixé très haut. C'est aussi le titre où l'on entend le mieux la main des invités d'honneur, Robert 'Mutt' Lange et Bryan Adams ayant prêté main-forte à l'écriture de deux morceaux.

'Sky High' vise ouvertement les grandes salles avec un refrain massif, 'Who Put The Rhythm In You?' déroule un groove chaloupé d'une efficacité presque irritante, et 'Alive After Death (Last Plane Out)' lorgne franchement vers le hard glam des années quatre-vingt, avec un dialogue de guitares soigné et une ligne de basse qui accroche. 'Last Man Standing' (et son intro à la 'For Those About To Rock') complète l'arsenal des hymnes à poings levés, solo enlevé compris.

Le son de ce nouvel opus est irréprochable. Passer par cette console et par les mains de Mike Fraser donne aux guitares une morsure qui manquait parfois aux disques précédents, la batterie de Ryan O'Keeffe frappe avec une densité rare, et le mixage réussit ce numéro d'équilibriste consistant à tout rendre lisible sans lisser la crasse. Le chant de Joel O'Keeffe, toujours aussi râpeux, tient la distance mieux qu'on ne pouvait le craindre après sept ans et des centaines de scènes. C'est un album qui sonne cher sans sonner propre, ce qui est exactement le cahier des charges.

Le dernier mot revient à 'Send Me To Rock 'N' Roll Heaven', appel nominal des disparus, déclamé autant que chanté, sincère jusqu'à l'embarras et assumé comme tel. "Lemmy n'est pas mort, il vit pour toujours", résume Joel O'Keeffe, et c'est finalement le programme du disque entier : une profession de foi jouée fort par des gens qui n'ont jamais envisagé de jouer autre chose. Et c'est une excellente nouvelles pour nos envies de headbanging !