Angelus Apatrida est le groupe de Thrash contemporain que j'apprécie le plus. Je les ai découverts par l'intermédiaire du délicieux ''Cabaret de la Guillotine'' paru en 2018, dont certains refrains catchy à souhait, resteront ancrés à tout jamais dans mon âme de metalhead. Le reste de la discographie est également plaisante même si cela lorgne plus sur du pur revival Thrash Bay Area (avec un son moderne). On note tout de même une certaine évolution depuis les débuts du groupe en 2006 jusqu'au fameux couperet (si je peux m'exprimer ainsi). L'album suivant ''Angelus Apatrida'' (2021) se voulait plus direct, comme si le groupe regrettait la prise de risque de 2018. Alors, avec l'arrivée du huitième opus des espagnols, la question était de savoir si le groupe allait à nouveau proposer une formule qui marche ou s'il allait réussir à évoluer de manière efficiente.
On a eu un début de réponse avec le premier single 'Cold', à la fois puissant, à l'image des titres de l'album éponyme, mais possédant un refrain ultra efficace, comme ceux présents sur l'album de 2018. Un savant mélange de deux approches diamétralement opposées qui fonctionne à merveille.
Le deuxième single 'To Whom It May Concern' enfonce le clou, car il est vraiment annonciateur d'un opus riche et varié. Sa magnifique intro planante pouvait faire penser à une ballade, mais cela débouche finalement sur une explosion bien sentie. A noter une nouvelle fois l'apparition d'un refrain entêtant et un magnifique solo, après un deuxième passage plus calme. La chanson se conclut par la suite à cent à l'heure, ce qui en fait une composition complète pour ne pas dire épique. Selon moi, c'est certainement le meilleur morceau de l'album.
A l'écoute du troisième extrait, 'Snob', l'approche hardcore insufflée par l'emblématique frontman de Hatebreed, Jamey Jasta, me conforte une fois de plus dans l'idée que l'album sera diversifié. Niveau efficacité ce titre n'aurait pas dépareillé sur un album de Municipal Waste.
Concernant le reste des compositions, je peux vous dire que les fans de l'opus précédent ne seront pas déçus avec des titres ultra direct, comme 'Scavenger', qui ouvre les hostilités ou bien 'I Am Hated' qui ne fait pas dans la dentelle.
Pour les afficionados, comme moi, de ''Cabaret de la Guillotuine'' (2018), vous trouverez votre bonheur à travers 'Rats' et 'Gernika' qui, tout comme 'Cold' d'ailleurs, possèdent une certaine hargne atténuée par des refrains catchy.
Deux autres moments forts du disque sont incontestablement 'Fire Eyes' et 'Vultures and Butterflies'. Sur le premier, après une superbe introduction, on retrouve cette fameuse formule gagnante, à savoir des riffs acérés, une rythmique implacable et un solo maîtrisé, tout en incorporant ça et là des passages mid-tempo fort réussis. Quand au deuxième, il se rapproche dans l'esprtit de 'To Whom It May Concern' avec son intro calme, notamment. Décidément les espagnols excellent dans ce registre de chansons nuancées. La présence du chanteur de Queensrÿche, Todd La Torre, donne également une tout autre dimension au morceau.
Angelus Apatrida se permet même d'être audacieux avec 'What Kills Us All'', qui présente la particularité d'avoir un guest un peu spécial, en la personne de la star du rap espagnol Sho-Hai, mais il faut reconnaître que cela fonctionne également.
On ne change pas une équipe qui gagne, alors le groupe a fait appel une nouvelle fois à Gyula Havancsak pour la pochette et à Juanan López pour l'enregistrement chez Baboon Records à Albacete. L'album a ensuite été mixé et masterisé par Zeuss au Planet-Z à Wilbraham, (Massachusetts – USA).
Au final, Angelus Apatrida propose un savant mélange de tout ce qu'il a entrepris dans le passé, tout en réussissant à innover. C'est probablement leur meilleur album à ce jour, du moins le plus abouti à mon humble avis. En tout cas, une chose est sûre, comme à chaque fois, le plaisir est au rendez-vous !