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Achilles

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Audrey Horne

‘’Achilles’’ est un album magistral. Onze titres, zéro déchet, une production qui respire, et un groupe qui sait exactement où il en est.
11 titres
Hard Rock
Durée : 44
Sorti le 04/09/2026
13 vues
Quatre ans. C'est le temps qui sépare ‘’Devil's Bell’’ (2022) de ce huitième album studio. Quatre ans pendant lesquels Audrey Horne a tourné, s'est préservé, et a digéré ce que le monde avait à offrir de plus instable. Le groupe de Bergen — Toschie au chant, Ice Dale (Enslaved) et Thomas Tofthagen aux guitares, Espen Lien à la basse et Kjetil Greve à la batterie — n'a pas changé de formation. Cette stabilité est leur force. Elle explique aussi pourquoi, d'un album à l'autre, le son reste immédiatement reconnaissable tout en progressant. ‘’Blackout’’ (2018) avait élargi leur palette, ‘’Devil's Bell’’ avait resserré les boulons. ‘’Achilles’’, lui, veut les deux en même temps : ambitieux dans ses thématiques, direct dans son exécution.

La tracklist s'ouvre sur le titre éponyme, ‘Achilles’, et la couleur est immédiatement posée : guitares en embuscade, section rythmique qui frappe sans prévenir, et la voix de Toschie au sommet de sa forme — puissante, habitée, capable de passer de la douceur à l'intensité en quelques mesures. Le morceau est construit sur une tension permanente entre ses différentes sections, reflétant les paroles qui parlent du monde contemporain polarisé. C'est du hard rock de stature, pensé pour les grandes scènes.

‘In The Eye Of The Hurricane’ – clairement, mon coup de cœur - confirme que le groupe n'a pas l'intention de lever le pied : riff massif à la Kiss période ‘’Creatures Of The Night’’, refrain immédiat à la Scorpions, cette efficacité redoutable des groupes qui n'ont plus rien à prouver mais qui aiment encore prouver. ‘Vampires’ et la superbe ballade ‘Pretty Little Lies’ s'inscrivent dans un registre légèrement plus sombre, avec cette teinte atmosphérique qui rappelle les meilleurs moments de ‘’Blackout’’.

La surprise vient de ‘God Damn Beautiful’, où c'est le bassiste Espen Lien qui prend le micro sur un titre à la Thin Lizzy — groove élégant, double guitare qui joue sur les harmonies, quelque chose d'organique et de chaleureux qui tranche avec la densité des pièces voisines. ‘Insanity’, premier single dévoilé, est une déclaration rock'n'roll haute tension dont la trame narrative s'inspire du classique d'Iron Maiden ‘Hallowed Be Thy Name’ — la parenté revendiquée dit beaucoup sur les références du groupe et leur façon de les absorber sans les copier. Et c’est également le cas avec ‘Running Through The Night’ aux inspirations Maidennienne.

‘Prodrome’, minuscule interlude d'une minute, sert de sas de décompression avant la seconde moitié. ‘Hell Is Eternity’ et ‘Six Feet In The Ground’ constituent le cœur lourd de l'album, là où les textes sur l'instabilité du monde se font les plus directs. Quant à ‘New Star Falling’, la fermeture choisie, elle conclut avec une mélodie qui lentement se déploie — la facette la plus douce du groupe, et peut-être la plus sincère.

‘’Achilles’’ est un album magistral. Onze titres, zéro déchet, une production qui respire, et un groupe qui sait exactement où il en est. Audrey Horne a passé vingt ans à construire un son qui lui appartient totalement — et sur ‘’Achilles’’, ce son est plus solide que jamais.