En termes de metal extrême, la Grèce n’est plus à présenter. Dès les balbutiements des scènes extrêmes, la Grèce s’est positionnée comme endroit incontournable pour tout amateur du genre. On ne présente plus les piliers que sont Rotting Christ, Varathron, Septic Flesh ou encore Necromantia. Mais la grande caractéristique de la scène grecque est que malgré les années, elle réussit toujours à sortir des groupes qui portent cet héritage avec tant de ferveur, lui donnant une vitalité et longévité que peu peuvent se targuer. Dans les grosses tueries sorties ces dernières années, on ne peut passer à côté des mastodontes Dead Congregation et son incroyable album “Promulgation of the Fall” ou encore le récent et prometteur Cadaver Coils mais aussi Macabre Omen,… bref la Grèce à une foisonnante scène tout simplement passionnante.
Longue introduction pour enfin vous présenter le groupe à l’honneur aujourd’hui, le tout jeune quatuor d’Athènes: Serement. Sortant un EP deux titres “Deviation from God”, l’année de sa formation. La bande grecque est repérée par Dolorem Records, label français au roster solide qui ne fait que s’étoffer au fil des sorties. Je ne peux que vous recommander d’aller jeter une oreille sur Nephren-Ka, Creeping Fear, Dawohl ou encore Huronian.
Serement ne prend pas le temps d’introduire son propos, c’est directement l’artillerie lourde qui est lancée avec l’explosif “Stench of Torment”. Après plusieurs salves puissantes, le morceau vient ralentir la cadence pour installer un début d’atmosphère malsaine et putride. La côté larvé et étouffant du mix vient vraiment appuyer ce côté malsain. Avec une lancée pareille, la route est presque toute tracée. “Sworn” vient nous ratatiner la tronche avec sa double grosse caisse et ses chants doublés à la Deicide. Et puis ses passages mid-tempo fonctionnent vraiment bien, cela vient aérer le morceau sans perdre en intensité. Mais Serement n’est pas qu’un simple rouleau compresseur monolithique, il sait, quand il le faut, distiller son black / death en forçant un peu plus son côté mélodique comme sur “Frozen Dawn of Death” et son refrain accrocheur qui peut rappeler Behemoth dans sa grande période “Demigod” ou “Evangelion”.
Avec tous ces ingrédients, Serement déroule du câble pendant quasiment quarante minutes et chaque nouveau morceau est une nouvelle occasion pour le groupe de nous sanctionner. Et quelle meilleure sanction pour nos pauvres nuques que des breaks bien groovy comme sur “Forging the Darkness” ou “No Reflection for His Shadow”. Autre point fort est le travail d’ambiance, “Abhorrent Invocations” est un album suintant, malsain et sombre. Le mixage y est étouffant et plus nous avançons dans l’écoute, plus la macabre pochette signée Misanthropic Art prend vie, d’ailleurs mention spéciale pour l’ultime morceau de l’album, complètement instrumental, qui réussit à rendre cette fin des temps et l’arrivée du Malin véritablement palpable et touchante.
Pour ce premier album, Serement nous propose un album inspiré et maîtrisé de bout en bout. Un gros potentiel se dégage de cette formation et j’ai hâte de voir ce que le groupe aura à nous proposer dans un avenir plus ou moins proche.