Ces quelques années de discrétion ont permis à The Modern Age Slavery d'étoffer son style et de perfectionner ses compositions jusqu'à nous offrir un album puissant et équilibré qui annonce de futurs développements !
Formé en 2007, The Modern Age Slavery est un groupe italien de Deathcore/Death Metal qui compte déjà trois albums à son actif : "Damned to Blindness" (2008), "Requiem for Us All" (2013) et "Stygian" (2017). C'est donc après une assez longue pause, qui s'explique sans doute partiellement par les changements de line-up et la recherche d'une nouvelle stabilité aussi musicale qu'humaine que nous retrouvons le groupe avec son tout nouvel opus intitulé "1901 I The First Mother".
L'entrée en matière, 'Pro Patria Mori', annonce un album très intéressant musicalement mais on espère de tout coeur que le mixage va évoluer car la batterie a un son plutôt désagréable et qui écrase tout le reste à l'exception de la voix. Ce problème mis de côté, tout est en place et The Modern Age Slavery démontre son envie de convaincre ! Avec 'KLLD' (sur laquelle le problème de mixage de la batterie semble réglé), le groupe revient à un Death assez brut, en particulier dans le timbre sec du scream de Giovanni Berselli, mais agrémenté d'un break sympathique. Moins primitif, 'Irradiate All The Earth' est une composition violente qui doit être particulièrement efficace en live !
En comparaison, les premières mesures de 'The Hip' pourraient ne laisser présager qu'une chanson brute, mais les touches de clavier qu'on devine apporte un raffinement qui emprunte au Sympho et qu'on doit au guitariste Ludovico Cioffi, en charge des orchestrations pour le groupe depuis 2017, et qu'on retrouve dans beaucoup de ses projets comme Delain (Symphonic Metal), Nightland (Symphonic Death Metal) ou encore Fleshgod Apocalypse (Symphonic/Technical Death Metal) pour qui il est musicien live. Avec la ronflante 'Lilibeth', c'est le duo rythmique formé de Federico Leone à la batterie et de Mirco Bennati à la basse qui est mis en avant pour notre plus grand plaisir, au point d'éclipser la plus pâle 'Overture To Silence' qui arrive ensuite.
'OXYgen' est un parfait exemple de ce que The Modern Age Slavery peut offrir de mieux ! Le morceau est équilibré et laisse une grande marge de manoeuvre à tous les instruments : les guitares de Luca Cocconi et Ludovico Cioffi brodent des riffs puissants accompagnés d'orchestrations mélodieuses, le tout est soutenu par une assise rythmique qui propose de nombreuses variations et survolé d'une riche palette de screams. On continue sur cette bonne lancée avec 'Nytric', effrénée et majestueuse, qui bénéficie une nouvelle fois d'un ajout judicieux d'orchestrations qui élèvent la musique du groupe. Après l'interlude instrumental 'Victoria's Death', le corrosif 'The Age Of Great Man' annonce la fin de cet opus avec audace (alors que la cover du morceau 'Blind' de Korn qui en signe la conclusion est plutôt proche d'un copié-collé...).
En ce qui concerne le titre, le frontman du groupe, Giovanni Berselli, a donné quelques éclaircissements appréciables : "Le titre de l'album cache une double signification. D'une part, '1901' rappelle l'année où la reine Victoria est décédée [...] ou, en d'autres termes, l'établissement de l'ère moderne. Le sous-titre - "The First Mother" - souligne que, dans mon esprit, cet album est le premier chapitre d'une trilogie dans laquelle j'essaierai de peindre, avec des mots et de la musique, plusieurs formes d'esclavage auto-imposé." C'est donc avec sur la promesse de la découverte de la suite de cette trilogie que je termine cette chronique d'un très bon album qui promet un bel avenir à The Modern Age Slavery. Pour la suite, le groupe nous promet "le scénario de l'après-guerre" pour le second chapitre.