Voici un groupe très intéressant puisqu'à vrai dire, on ne connaît pas grand chose de leur actualité, ni de leur activité, ce qui le rend encore plus fascinant! A l'instar de Mayhem (même si je ne me permettrais pas de les comparer), The Black Sorcery délivre une musique hors du temps et l'assume très bien!
Alors que la troisième vague de black metal s'installe avec force, le quintet canadien reste à contre-courant en distillant un black metal bestial teinté grindcore me faisant penser à un autre groupe canadien, lui aussi à contre-courant, Revenge, et sa musique assassine et destructrice.
Orpheus à la basse, Manås Reaver à la batterie, Parageist et Ghast aux guitares et Lörd Matzigkeitus au chant, enfin si je puis dire vu les vociférations animales qu'il profère, déroule leur premier essai avec main de maître en tabassant son auditorat d'un black crade et destructeur à coup de riffs dégueulasses dignes des premiers groupes du genre et le tout sans faire de concessions!
La touche trve se remarque jusque par l'artwork qui nous offre un dessin monochrome d'une sorte de loup-garou à la tête de bouc démoniaque brisant une croix chrétienne par pleine lune, une église dans la perspective qui n'attend que d'être brûlée!
Dès ''Ancient Dialects of Wind'', on sent que l'univers des canadiens est bestial et malsain, ne serait-ce que par les vocalises du frontman qui ressemblent plus à des borborygmes monstrueux tout droit sortis de l'enfer! Globalement oscillant sur un mid tempo plus ou moins énergique, la musique des canadiens est très dissonante et surtout très underground! L'enregistrement aurait été fait dans une cave similaire à l'Helvete d'Oslo ne me surprendrait pas!
Assez radical, les titres de l'album enchainent en exprimant tous une rage primaire à la mélodie plus que binaire, si on peut parler de mélodie.... On ressent dès les premières notes une influence certes trve black metal et aussi grindcore qui s'affirme dès ''Traitor Bomb Threat'' montant d'un cran le rythme du tempo, et dont les cris du leader se font encore plus primitifs.
Plus on s'enfonce dans l'univers tourmenté du quintet, plus l'ambiance se fait sale et malsaine (''Frost Veined'') avec un chant de plus en plus dégueulasse et répugnant.
La seconde partie du sceud tire vers le death old school avec un son plus gras et ténébreux (''Circling the Drain'') me rappelant les tous premiers Cannibal Corpse avec une rythmique qui tronçonne tout sur son passage et un semblant de solo dissonant. Le rythme de la galette s'intensifie (''Splintered Glass Arsenal'') tout en conservant cette atmosphère générale abjecte et perverse.
Après plusieurs écoutes, je reste conquis par cet album qui ne fait pas dans la demi-mesure en proposant une musique radicale aux racines grind, death old school et trve black metal. Un album qui ravira les fans de metal extrême de la première heure en laissant dubitatifs les ''capucheux''.