SUMMER LIVE / PSYCHOPUNCH (Freiburg 2019) 

SUMMER LIVE / PSYCHOPUNCH (Freiburg 2019)

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SUMMER LIVE / PSYCHOPUNCH (Freiburg 2019)
07.11.2019

Plus de quarante ans d’existence, pas une ride, et cette salle qui a vu passer les plus grandes affiches punk et metal, te fait encore vibrer.

Pour les frontaliers, les concerts en terres germaniques sont une véritable bouffée d’air rock’n’roll. Tu peux boire tes pintes à deux pas de la scène, allumer ta clope, et distinguer ton groupe préféré à travers les volutes de fumées qui enlacent l’atmosphère…Bon, quelques fois, tu as les yeux qui brulent et tu tousses……Mais tu t’en fiches, tu ne vas pas voir Psychopunch pour enfiler des perles!

Ce jeudi 7 novembre 2019, la tête d’affiche était le groupe de hard rock’n’roll allemand Nitrogods, qui compte dans ses rangs le guitariste Henri Wolter (Thunderhead, Primal Fear, Sinner), le Drummer Klaus Sperling (Primal Fear, Freedom Call) et le chanteur et bassiste Claus Oimel Larcher….

Tu te dis que ça va bouger dans tous les sens, que tu vas rentrer puant la bière et la sueur…Oui ça l’a fait, mais Nitogods n’y est absolument pour rien…. Leur set était poussif, trainant, laborieux, et le peu de personnes présentes encore dans la fosse, l’ont déserté pour aller étancher, ou oublier cet ersatz de concert, au bar!

C’est du second groupe, dont il faut que je te parle, celui qui a vraiment enflammé les murs de béton, celui qui t’a vraiment fait transpirer, celui qui t’a bousillé la voix à force de rependre en chœur les titres, les Suédois de Västerås, Psychopunch….

Un punk rock à la Ramones, une voix éraillée à la Lemmy, dont le line up se compose de JM, chant et guitare, Joey, chant et guitare, Jocke, batterie et Lindell basse et chant. La fosse comporte une cinquantaine de personnes, c’est dommage, mais à la décharge du groupe, nous sommes un jeudi, et au mois de novembre, les frileux et les couche tôt sont restés feutrés chez eux….




Pour cette tournée européenne, Psychopunch est venu défendre son dernier album, ‘’Greetings from Suckerville’’, une belle réussite autant en live qu’à l’écoute…Ils vont d’ailleurs le jouer au complet sur scène…

Le ton est donné avec ‘Shut Your Fucking Mouth’, le drummer bien calé derrière sa batterie, le chanteur guitariste tout de noir vêtu nous vrille les entrailles avec cette voix élimée, le guitariste, tel le chapelier fou, clope au bec et casquette vissée sur la tête, traverse la scène comme un diable tout juste sorti de sa boite, plus réservé, le bassiste arborant un tee shirt Anvil, reste concentré sur son jeu…

Premier titre et déjà tu ne restes pas en place. C’est impossible. Ton corps ne veut pas. Les prémices d’un pogo se font sentir. Tu sais que tu ne vas pas résister longtemps à ce rythme-là. Tes yeux essayent de suivre le chapelier fou. Tu apprécies également quand les trois musiciens chantent en chœur et toi aussi tu t’y mets en hurlant plus fort que ton voisin, avec le second titre ‘I’ll Be Home Tonight’.

Tu penses que le set va ralentir. Que nenni !! Tu fonces encore et encore, et comme je l’avais prédit ça s’agite furieusement dans la salle. Le rythme s’y prête allègrement…Cette fois avec les gouttelettes de bière qui virevoltent dans l’air, tu sais que tu vas rentrer chez toi, tout poisseux et humant le houblon….



Sur ‘Crash Landing’ le guitariste vient prendre son bain de foule, tandis que le chanteur s’amuse avec son public. Il nous enjoint à chanter avec lui, ‘’Comment? Je n’entends rien!!’’ C’est reparti de plus belle, à eux deux, guitariste et frontman, réussissent la performance à te faire croire que la salle est pleine à craquer, à nous faire hurler comme des dingues…même les récalcitrants, ceux qui sont restés au bar, accrochés comme si leur vie en dépendait, sont venus voir le joyeux bordel dans la fosse….

Faudrait que ça se calme un tout petit peu, pour que nous puissions reprendre nos esprits, étancher notre soif, remplir les verres qui ont fini sur le sol, souffler et réajuster nos vêtements qui sont un peu en vrac à cause des pogos….

Et non, comment veux-tu qu’avec un titre comme ‘City’s On Fire’ tu puisses respirer ? On est toujours dans ce rythme endiablé, avec ces riffs rageurs. Les baguettes du batteur s’affolent, le guitariste va finir cette piste torse nu, envolé le marcel noir, et sur le dos les jambes battant la mesure dans l’air…Mais la clope toujours à la bouche, même pour reprendre les refrains, une vraie prouesse….

Encore un petit bain de foule, cette fois les trois musiciens sont descendus, le public est ravi. C’est toujours tellement flatteur quand tu sais que le groupe reste proche de leurs fans, qu’il te donne l’impression que tu comptes, ça fait chaud au cœur, et on sent cette réciprocité, ce respect mutuel, même pour les novices. On arrive à voir cette harmonie. Les inconditionnels ont entonné tous les titres avec ferveur. Il n’y a pas eu de place au doute. Les applaudissements ont été sincères et chaleureux. C’était presque comme un live privé, et c’est grâce à Psychopunch qui a su créer cette ambiance festive.



On finit avec ‘Raise Your Glass’ exactement comme le set avait commencé. Une heure de folie pure, pas une seule fois le rythme s’est alourdit, pas une mesure lancinante. Psychopunch a fait le job, a pris plaisir à le faire, cela s’est vu et senti tout le long du concert…Et surtout cela t’a carrément donné envie d’acheter le vinyle, pour revivre le concert à la maison…De plus les musiciens se sont prêtés aux séances d’autographes sans prétention….

Il était clair, qu’avec un set de ce niveau, cette prestance sur scène, le fait de jouer avec les fans, de les emmener avec eux, Psychpunch avait mis la barre haute niveau ambiance….

Est-ce pour cette raison que le set de Nitrogods nous ait paru si fade?

Rose De Lacfeld
Journaliste