Doug Aldrich des Dead Daisies et Burning Rain

27/07/2019
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Bonjour, nous sommes avec Doug Aldrich des Dead Daisies et Burning Rain.

Dites-moi, quel est le premier album que vous ayez acheté ?

Je crois que le premier album que j'ai acheté est Led Zeppelin II. Ma soeur avait un lecteur CD (0'23''), c'est le premier album que j'ai vraiment écouté. Elle avait du Stevie Wonder, Peter Frapton. Ma plus jeune soeur avait Queen et Kiss, alors quand j'ai commencé à avoir ma propre musique, j'ai beaucoup aimé Led Zeppelin et je crois que je l'ai acheté pour Whole Lotta Love parce que j'aimais beaucoup cette chanson et ensuite je me suis rendu compte que tout l'album était bon.


Alors ce sont vos soeurs qui vous ont initié à la musique ?

Oui, j'étais plus tourné vers les sports lorsque j'étais enfant. Football américain, baseball, football la course à pied. Puis, un été, tous mes amis étaient partis et je n'avais rien à faire, c'était bien avant l'internet, le câble pour la télévision n'avait pas été inventé non plus. Tout le monde était parti et ma plus jeune soeur possédait une guitare. J'ai donc décidé d'essayer. Elle m'a montré comment faire quelques accords. C'était merveilleux. Je vraiment trouvé ça génial. Chaque fois que nous la prenions, nous pouvions accomplir quelque chose.


Alors la première fois que vous avez joué de la guitare c'était pour le plaisir et non pas pour impressionner les filles ?

Oui, complètement. C'est quelque chose qui m'a touché tout de suite et j'ai tellement aimé cela. Comme je le disais, à chaque fois que l'on prend la guitare, on apprend quelque chose de nouveau, nous avons un nouveau sentiment, c'est merveilleux.


Quel album vous a donné envie de faire de la musique ?

Je dirais Blow by Blow de Jeff Beck. Les guitares sont simplement belles. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours été attiré par ce disque. C'est intéressant, parce que j'aime les groupes de chanteurs, mais la manière dont Jeff Beck joue de la guitare est si..... on dirait que nous pouvons presque la toucher. De plus, il n'a pas besoin de chants, je crois que c'est aussi cela qui m'a donné envie de m'essayer à la guitare, qui sait !  Il y a la musique en général, vous savez. Il y avait Smoke on the water à cette époque-là à la radio. On pouvait aussi y entendre Jimmy Hendrix, Overdrive de Bachman Turner, un groupe américain, et pour finir Led Zepplin, j'ai trouvé ça tellement bon ! Je n'ai jamais oublié The Lemon Song sur l'album Led Zeppelin II, elle est si méchante et sale, si géniale !


Quel est album que vous avez le plus écouté dans votre vie ?

C'est une bonne question. J'ai des phases en fait. Certains moments je vais écouter Jeff Beck, à d'autres c'est Led Zeppelin, un autre album que j'écoute beaucoup c'est Physical Graphity et un autre serait Presence. Lorsque je pars en voyage en voiture, j'aime écouter ces albums, car ils vont très bien avec le paysage. À d'autres moments quand je voyage, j'écoute les plus grands succès des Eagles de 1971 à 1974. J'aime beaucoup certains d'entre eux comme One of these Nigths et Best of my Love, Witchy Women, et tout cela.... Mais si je devais en donner un seul, je dirais que Physical Grafiti de Led Zeppelin serait le premier.


Est-ce que vous découvrez toujours quelque chose de nouveau dans la musique ?

Toujours. Quand on écoute de la musique surtout quand nous sommes dans des environnements différents, nous entendons des choses différentes, même quand on écrit une chanson, on la voit d'une certaine manière, mais dès qu'on la joue pour quelqu'un d'autre, nous l'entendons d'une manière différente. C'est à ce moment-là qu'on se pose des questions, est-ce que cette chanson est au meilleur qu'elle puisse être ! On commence à penser à d'autres options. Alors oui, quand j'écoute un disque je fais attention, car il y a tellement de choses à l'intérieur, il y a toujours quelque chose à apprendre, à découvrir.


Quand vous écrivez une chanson pour Burning Rain, pour Whitesnake ou pour Revolution Saint, est-ce que vous procédez de la même façon ? Est-ce que vous utilisez la même méthode pour écrire ou vous avez une méthode différente pour chacun des groupes ?

En fait, je joue comme ça vient et ce qui les fait apparaître différentes c'est ce qui l'entoure. Avec les Dead Daisies, c'est très organique, nous écrivons tout tous ensemble, c'est vraiment incroyable. Pouvoir avoir 5-6 gars dans une pièce, chacun avec sa guitare, et sortir d'une session avec 4 ou 5 idées très fortes. Ça bouge très vite, c'est très organique. Entre Keith et moi, c'est un peu la même chose, ou avec David Coverdale, nous nous asseyons ensemble et on se fait des jams, je fais un rift et Ketih va commencer à chanter. Ensuite, nous allons trouver des idées ensemble. Nous les passons ensuite en revue et nous voyons ce qui nous plaît le plus, nous commençons à les développer. Tant que je continue de jouer de la guitare, j'approche tout le temps les choses de la même manière, je veux toujours que les choses soient bien, que je puisse apprendre. Les jours où je peux apprendre des choses, c'est vraiment une bonne chose. Les choses que nous faisions avant avec Burning Rain, il y avait peut-être un peu trop de guitares, c'est vraiment bien, beaucoup de guitaristes aiment bien, mais je pense que beaucoup de fans de rock and roll préfèrent quand c'est plus simple. J'ai donc voulu, avec cet album, avoir une approche plus simple.


Pourriez-vous me dire quel est l'album que vous avez écrit qui peut vous définit le mieux ?

Je vais essayer de trouver, mais j'ai fait quelques disques avec Whitesnake, qui m'ont permis en quelques sortes de pouvoir faire sortir certaines choses, et c'est assez amusant que les gens sentent une influence de Whitesnakes sur ces nouveaux albums, pas tant avec Dead Daisies et avec Burning Rain, mais vous savez, j'ai grandi avec Deep Purple, plus tard avec les premiers albums de Whitesnake, bien sûr j'ai aussi d'autres influences, mais si je devais en choisir un je dirais que c'est Good to be Bad avec Whitesnake. Il couvre pas mal de choses.


Vous n'avez pas parlé de Hurricane, y avez-vous pensé ? 

Oui, et beaucoup de personnes aiment cet album. C'est vrai que je n'en parle pas beaucoup, parce que c'était vraiment quelque chose de différent. J'aurais vraiment aimé que mon premier groupe, Lion, puisse le faire, mais nous avions signé un contrat qui nous empêchait d'avancer. Nous nous sommes bien débrouillés sur certains aspects quand nous étions sous d'autres labels, mais aux États-Unis, nous ne pouvions plus avancer. Nous jouions souvent à la télévision, nous étions vraiment heureux de la manière dont se déroulaient les choses et pour les concerts, mais nous n'avions pas les moyens de faire des tournées. Le groupe a fini par se dissoudre. Pendant le temps où j'essayais de maintenir le groupe, j'ai reçu d'autres offres pour des groupes : Dio, Slatter et d'autres groupes...


Est-ce que c'est à ce moment-là que vous vouliez jouer avec Kiss ?

Non, j'ai fait des auditions, mais c'était bien avant. J'avais 18 ans et je pensais que tout ce que l'on avait à faire, c'est partir en Californie et on pouvait devenir célèbre. Comme avec Kiss, et comme je le disais, c'était le groupe préféré de ma plus jeune s'ur. Je ne connaissais pas trop leur musique. J'avais un peu écouté les albums live. Je pense que j'étais surtout beaucoup trop jeune. Ils voulaient un joueur de guitare énergique et à cette époque tout le monde jouait comme ça. C'est ce qu'ils recherchaient et je sais que je peux le faire, mais je pense que j'étais trop jeune et' C'est une chose d'être un jeune musicien, vous savez, ce n'est pas tant de la manière dont on joue, mais plus en fonction de votre personnalité. Si on se sent bien avec une personne, et que l'on sent que l'on peut faire des choses ensemble c'est important, ensuite on regarde comment la personne joue. Lorsque l'on travaille avec une personne avec qui on ne se sent pas bien, peu importe s'ils sont fantastiques dans ce qu'ils font, vous ne resterez pas ensemble très longtemps, vous ne pourrez pas partir en tournée et passer toutes ces heures en studio. Donc il est important d'être bien avec soi-même, respectueux et professionnel, et il faut aussi être naturel et pas faire la star. J'étais un peu comme ça à cette époque. J'étais passé du Lycée à jouer avec Kiss dans une salle de répétition. Alors je ne me rappelle plus quelle était votre question de départ...
En fait, je ne me rappelle plus non plus... Je pense que c'était à propos de mon style à la guitare. Je joue principalement comme ça vient.


Vous ne faites pas de différences entre les différents groupes ?

Je pense qu'il y a des différences, Revolution Saints, c'est plus du rock mélodique, les chansons que le groupe choisit sont plus dans ce style-là, très simple, avec Burning Rain, c'est plus un mélange de simplicité et de recherche de nous-mêmes et d'une nouvelle sonorité.


Pour vous quel est le plus bel artwork ?

Que j'ai pu voir sur un album ? C'est une question difficile. J'aime beaucoup certaines pochettes des albums de Yes. Ils ont des pochettes, folles et intéressantes. C'est la même chose avec le groupe Kansas. Ils utilisent des images intéressantes. C'est un peu avec ces influences que Keith et moi avons choisi nos pochettes d'albums. Elles donnent une profondeur à la musique. Ceci dit, des couvertures simples comme celle de Blind Face font des choses fantastiques aussi, leur premier album. J'aime aussi le guitariste Pat Travers qui un album qui s'intitule Putting it Straight quand il est dans les bureaux de sa maison de disque en jouant de la guitare et dans le fond tout est cassé parce que les guitares sont trop fortes. Ce sont des choses comme ça que je trouve plutôt cool. C'est difficile de choisir. Je ne suis pas très art, donc c'est assez difficile de dire visuellement pour moi. Par contre, j'aime ces jaquettes.


Maintenant, dites-moi sur quel album vous auriez rêvé jouer ?

Alors, peut-être... il y en a tellement... c'est assez difficile à dire, mais je dirais Van Halen I, c'était un album fantastique ! Vous savez, Van Halen a changé le monde de la guitare après que Jimmy Hendrix l'avait fait 10 ans plus tôt. Il l'a emmené dans un autre endroit. Mais si je prends tout, ça serait peut-être Dark Side of the Moon de Pink Floyd, parce que c'est un album que l'on peut écouter encore et encore et le travail des guitaristes est tout simplement merveilleux. Il ne vieillit pas.


Vous jouez maintenant avec les Dead Daisies et avec Burning Rain, est-ce que c'est si difficile de rester à la maison ?

Oui, j'aime être à la maison, mais les Dead Daisies ont fait beaucoup de tournées l'an dernier et nous avons été beaucoup sur les routes. J'ai une famille et une femme que j'essaie de garder entière donc je dois être plus à la maison, mais c'est difficile, car avec Burning Rain nous avons besoin de venir ici pour rencontrer des gens et dire bonjour. C'est important, vous savez.


Et de votre côté, est-ce que vous allez revenir avec un spectacle électrique ?

Oui, nous pensons revenir en septembre et octobre. Nous sommes justement en train de mettre tout cela en place. Mais je pense que ça sera la prochaine pause que je vais avoir avec les Daisies. J'ai vraiment hâte et je veux cette chance de le faire décoller. C'est une jeune groupe et nous devons mettre les efforts pour que ça marche.