Le Hellfest répond au message de la festivalière victime d'une agression sexuelle
Enora
Journaliste

Créé le 03/07/2019
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Ces derniers jours, la communauté Metal française a été ébranlée par le message d'une festivalière du Hellfest, posté sur les réseaux sociaux, où elle disait avoir été victime d'un viol après avoir été droguée sur le site du festival. Toutes les réactions se sont manifestées, en particulier une vague de soutien à la jeune femme, ce qui lui a d'ailleurs permis d'obtenir assez d'éléments pour dresser un portrait de l'homme qui l'a agressée, mais une question demeurait : pourquoi le Hellfest ne réagissait pas ? C'est désormais chose faîte avec le message suivant, posté par le festival :

''Nos équipes ont été informées depuis Vendredi 28 juin dernier des faits d'agression sexuelle subis par une festivalière qui s'est exprimée sur les réseaux sociaux en cette même date.

Nous avons alors déployé tous nos moyens afin d'éclaircir ce triste récit, qui nous a également bouleversé.

Nous avons tenté de joindre cette festivalière à l'aide du compte Facebook à partir duquel elle a publié son récit. Cette dernière n'ayant toujours pas pris contact avec nous, bien que notre adresse lui ait été communiquée, nous n'avons malheureusement pas pu échanger avec elle. A noter que son compte Facebook est désormais bloqué, suspendu à sa demande donc inaccessible.

Les pass donnant accès au festival étant nominatifs, nous avons tenté de rechercher son nom dans notre base de données, là aussi, sans succès.

Depuis 2016, le festival dispose d'un système de vidéo surveillance très performant de jour comme de nuit. Équipé d'une vingtaine de caméras, ce dispositif nous permet de filmer avec grande précision l'ensemble du site, ainsi que le Metal Corner et l'entrée du camping. L'ensemble des images en notre possession a été visionné avec attention et ce dans une large tranche horaire correspondant au récit de cette festivalière. Nous n'avons pas trouvé d'image susceptible de pouvoir correspondre à la description des faits. Nous tiendrons bien évidemment ces images à disposition des enquêteurs qui seront plus à même de les analyser, si une plainte leur est transmise.

En effet, la festivalière affirme avoir reçu suffisamment de témoignages pour constituer un dossier et affirme avoir remis à la Gendarmerie un certain nombre d'éléments. Pourtant, le Parquet de Nantes a fait savoir qu'il n'était encore saisi d'aucune plainte pour viol émanant d'une participante au Hellfest 2019.

Bien qu'une fois encore, ce travail d'enquête revient à la charge de la gendarmerie et du Procureur de la République, nous avons souhaité contacter de manière informelle l'ensemble des services de sapeurs pompiers, des médecins et autres centres susceptibles d'avoir effectué une visite pour des examens médicaux de ce type entre samedi et lundi . Là encore, il semblerait que les services en question n'aient rien enregistré.

Bien sûr, nous ne nous permettrions pas de remettre en cause un tel témoignage. Nous demandons donc à cette festivalière de prendre contact avec les services de gendarmerie ou le Procureur de la République dans les plus brefs délais. Afin que toute la lumière soit faite sur cette histoire, il est indispensable qu'une plainte soit déposée. Les faits évoqués sont trop graves pour restés impunis.

Nous aimerions également rappeler aux différents médias qui se sont fait l'écho de cette histoire qu'ils ont pour devoir de ne publier seulement les informations dont l'origine est connue et si nécessaire, de les accompagner des réserves qui s'imposent. De véritables professionnels du journalisme se doivent d'attendre que des faits tangibles soient réellement constatés et qu'ils soit corroborés par une enquête de Gendarmerie ou de Police, avant de titrer sur des faits aussi graves et préjudiciables pour l'image d'un évènement. Et plus largement, pour l'image de toute une communauté reconnue pour son attitude exemplaire et respectueuse.''

Les réactions se sont multipliées après la publication de cette réponse, un certain nombre d'entre elles mettant en doute la crédibilité de l'histoire de la jeune femme, mais d'autres continuent de la soutenir, affirmant par ailleurs que même si ce qu'elle raconte est monté de toutes pièces, cela encourage à la libération de la parole des victimes d'agressions sexuelles. La seule constante qui apparaît est qu'il sera extrêmement difficile de faire le jour sur cette affaire si la festivalière concernée ne porte pas plainte auprès de la police pour permettre une enquête sur les faits dénoncés.

Pour davantage d'informations sur le sujet et un état des lieux du harcèlement sexuel dans les festivals européens, vous pouvez consulter notre article sur le sujet :
www.unitedrocknations.com/news-agression.......3