Interview avec Mr Loïc Stephan pour la sortie de son ouvrage "Raconte moi 33 Concerts" !
Peetoff
Journaliste

Créé le 29/06/2020
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Le magnifique projet de Mr Loïc "Lost" Stephan voit le jour.
Véritable hommage aux concerts. L'auteur retranscrit à la perfection les émotions et l'énergie qui se dégage des salles obscures entre l'artiste et son public.
Pas de barrières musicales ici, découvrez les ambiances d'un concert de MORBID ANGEL, en passant par DEEP PURPLE et MATMATAH.
United Rock Nations ne peut que vous recommander ce très beau livre aux textes et illustrations d'une extrême qualité.
En gage de qualité l'auteur s'est entouré de l'Agence Fabian Fisher, de l'illustratrice Charlotte Rodon et du maquettiste Lamy Tcha.

Le credo de l'auteur :
''Véritable hommage à la musique « live », aux concerts, Raconte-Moi
33 Concerts vous transporte dans un voyage musical inédit.

Vous trouverez ci-dessous les liens correspondant à l'ouvrage:

Site : www.racontemoi33concerts.com/raconte-moi.......s
Commande : www.racontemoi33concerts.com/acheter-liv.......e
Facebook : www.facebook.com/racontemoi33concerts

1 - Bonjour Loïc. Comment vas-tu pendant cette période délicate ?

Ça va. Je n'ai pas trop à me plaindre. Je suis quand même bien loti. Je suis salarié dans une entreprise qui m'a mis en télétravail dès le début du confinement et qui a maintenu mon salaire.

2 - Pour commencer peux-tu nous faire une présentation de ton parcours et nous dire comment tu en es venu à faire de la photo et des reports de concerts ?

Déjà, j'ai commencé par quelques études scientifiques. J'ai commencé à travailler il y a quelques années maintenant. J'ai tout de suite voulu développer des projets artistiques à côté de mon boulot. En fait, j'étais assez poussé, motivé par cette angoisse du lundi au vendredi jusqu'à la tombe, donc je voulais m'en extirper, m'en évader. J'ai commencé par la photo, expo photo sur le Père Lachaise, j'ai travaillé sur la boxe française. L'écrit m'a aussi intéressé, j'ai testé quelques manuscrits. Ensuite ma route a croisé RadioMetal autour de 2009. J'ai eu l'internet haut-débit à ce moment-là, un gros progrès dans ma vie [humour, Note du Transcripteur], du coup je surfais sur Internet, je suis tombé sur RadioMetal, je suis tombé sur leur forum, j'y ai raconté des conneries. Je me suis aperçu que les mecs étaient sur Lyon, et Paris, quand même, reste majoritairement intéressante sur les concerts. Par « militantisme » pour la cause metal, j'ai proposé mon aide pour distribuer des flyers aux concerts. Les mecs ont répondu ok à cette proposition, en me disant, « quand tu distribueras des flyers pour un concert, tu auras une place pour le concert ». La question d'après était « est-ce que tu sais faire de la photo ? ». Comme je savais faire, voilà, j'ai commencé, il y a maintenant 11 ans, le 16 juin 2009 avec Hatebreed à l'Elysée Montmartre.

3 - Tu fréquentes les salles de concerts et festivals depuis de nombreuses années, peux tu nous dire comment tu vis la situation actuelle ? Le manque se fait il sentir ?

Oui, surtout que, là, en direct, je regarde HellFestFrom Home qui rappelle quelques souvenirs [NdA : J'ai couvert pour RadioMetal les éditions 2010, 2011, 2012 et 2015]. Ca manque, c'est indéniable, je suis assez passionné de concerts, je le montre à travers mon livre, c'est quelque chose qui me manque, ce spectacle vivant. La folie qui entoure le metal est bien agréable, donc oui, il est temps qu'on y retourne et que le secteur économique reprenne sa route.

4 - Comment vois-tu la reprise de ton activité une fois ce satané virus disparu ? Seras-tu boulimique de concerts ou au contraire prendras-tu un peu de distance ?

Bonne question. C'est marrant, j'y réfléchissais récemment. Plutôt envie de boulimie. En 2019, l'année dernière donc, j'ai un peu levé le pied, j'en avais fait beaucoup avant et les affiches me parlaient moins. 2020 par contre, il y avait vraiment du lourd, avec du Aerosmith, du KISS, du Pearl Jam, du Queen et je m'étais réservé pour espacer les concerts. C'est vrai que c'est un peu fatiguant d'enchaîner concert sur concert [NdA : pfff...blasé le mec !!!] avec les comptes-rendus, mine de rien c'est assez physique, donc j'avais plutôt une tendance à l'économie. Peut-être que cela va changer, quand cela va reprendre, j'aurai faim, donc je prendrai n'importe quelle merde [NdA : ah ahah].

5 - Venons-en à ton livre, comment en as-tu eu l'idée ?

C'est une question un peu embêtante parce que je ne sais pas y répondre ! [Rires] La pièce est tombée sur ce projet. Comme je te le disais, j'avais beaucoup de projets artistiques en tête, toujours mû par le lundi au vendredi jusqu'à la tombe, anxiogène. Sur un plan philosophique évidemment, parce que j'ai de la chance, j'ai un boulot. Voilà. J'ai toujours cherché entre l'écrit, la photo, l'image. J'avais eu des retours positifs sur mes comptes-rendus, les gens disaient qu'ils étaient bien écrits, qu'ils étaient intéressants.

L'idée s'est faite comme ça, je ne saurai pas expliquer la genèse exacte. Pas plus comment m'est venue l'idée de le faire en format 33 tours, raconte-moi 33 concerts.

6 - Le livre est sorti en format vinyle. Peut-on avoir ton sentiment sur le «revival » de ce format ?

[Hésitations] Je reste coi.Le revival...écoute, moi qui suis fan de vinyle et fan d'objets [NdA : musicaux] de manière générale, je suis assez collectionneur, je crois que je suis bien dans la catégorie metal pour ça, j'ai grandi avec les vinyles, donc, oui, je suis plutôt content que le vinyle revienne, après, effectivement, on pourrait dire que cela sert mon projet puisque mon livre est au format vinyle même si l'idée du projet est arrivée avant que le retour du vinyle soit aussi marqué, il y a eu un peu de boulot.

Je trouve ça bien mais c'est très personnel. Après tant que la musique est là sur un support xyz, qu?elle est payée, qu?elle n?est pas volée, c?est bien.

Ceci dit, une pochette d'Iron Maiden claquera beaucoup plus sur un vinyle que sur un CD, c'est plus agréable.

7 - Comment s'est porté le choix de ton illustratrice et maquettiste pour la réalisation de ton projet ?

Pour mener à bien le projet, j'ai croisé l'Agence Fabian Fischer qui fédère un certain nombre d'artistes dont un certain nombre d'illustrateurs. Cela fait beaucoup de « certains nombres » [rires]. Il m'en a proposé deux ou trois je crois, que j'ai « testés » avec quelques illustrations à faire et avec Charlotte cela s'est plutôt bien passé et c'est un choix que je ne regrette pas parce qu'on s'est bien amusé à monter ce projet et Charlotte Rodon, donc, l'illustratrice, a bien capté mes idées. J'avais défini un cahier des charges, j'avais fait des brouillons des illustrations, de ce que je voulais, Charlotte avait un cadre à respecter. Elle utilise le feutre, l'aquarelle, les crayons de couleur, cela donne une variété de propos intéressante. C'est une artiste qui dessine directement sur papier, on a scanné ses œuvres. Il y a ce côté argentique / analogique si on peut dire, organique qui est intéressant.

7b - Et le maquettiste ?

Toujours au travers de l'Agence Fabian Fischer. Là, je n'ai pas eu le choix, mais ce n'est pas grave car il a tellement fait des trucs magnifiques. C'est donc Lamy Tcha, qui est sculpteur par ailleurs et qui se met au tatouage. Lui n'avait pas du tout de directives. Ce qui est marrant c'est que Lamy n'écoute pas du tout de musique et qu'il a quand même carrément capté le projet. Ce qu'il a sorti, c'est exactement ce que je voulais sans pouvoir l'exprimer. C'est trop génial ce qu'il a fait au niveau maquette [NdA : et 1ere et 4eme de couverture aussi], c'est vraiment un pur boulot.

Je les remercie parce qu'on s'est bien amusé, c'était agréable d'avoir des gens motivés, qui ont choisi le projet, et qui étaient compétents en plus. Ce n'est pas tous les jours comme ça !

8 - Dans le livre tu nous fais revivre 33 concerts. Pourquoi ce choix ?

33 déjà en rapport avec le 33 tours. Ensuite le choix a été dicté par divers critères. Déjà, je vois mon idée comme un projet à long terme, j'ai déposé la marque, j'aimerai bien développer le projet, un Raconte-Moi 33 Concerts Metal par exemple. On verra ce que l'avenir nous raconte là-dessus en tous les cas, je sais que j'en ai lancé un, et je voulais qu'il me représente, donc qu'il soit éclectique parce qu'en concerts, je suis plutôt ouvert et j'aime beaucoup de choses. C'est aussi un message un peu politique pourrait-on dire, que la musique doit rester ouverte, brûlons les chapelles.

J'ai adoré le concert de Toots And The Maytals, je crois que c'est un des concerts où j'ai vu le plus de pogo de ma vie. Oum, c'était magnifique. Et puis KISS, DeepPurple, FlyingColors, c'était vraiment génial. Un éclectisme que je revendique et que je crois indispensable. Dans tout d'ailleurs.

9 - Avec tout ce que tu as pu vivre en concert, tu as bien une petite anecdote croustillante pour nos lecteurs ?

Croustillante, je ne sais pas. J'en ai deux qui me viennent en tête, une marrante. Quand j'ai couvert The Damned récemment à Petit Bain. Déjà, j'étais super content de les couvrir, avec Dave Vanian et Captain Sensible, surtout qu'ils jouaient deux soirs et que ce soir-là, ils ont joué "Wot" de Captain Sensible, ce qu'ils n'ont pas fait l'autre soir je crois. Donc, j'étais au premier rang, en train de contrôler mes photos, j'étais la tête baissée sur mon écran d'appareil photo. Il y a quelqu'un qui me tapote sur la tête et qui, en anglais, me dit « reste concentré ». C'était Dave Vanian qui me disait « regarde le concert plutôt que regarder tes photos ». Donc depuis, je me lave plus la tête !

Il y a eu un autre truc, plutôt sympa, toujours quand je contrôlais mes photos. Il faut toujours contrôler ses photos en concert, il se passe toujours des choses [rires]. C'était pour un groupe qui s'appelle The Sounds, des suédois, avec une chanteuse plutôt sexy et sensuelle en concert. C'était à la Maroquinerie, toujours au premier rang, toujours en train de contrôler mes images, le cou baissé et je sens un truc très très doux qui m'entoure. En fait, c'était la chanteuse qui avait enroulé ses jambes autour de mon cou et comme elle était en short très court, il y avait directement le contact de la peau. Evidemment, j'étais très surpris, je n'ai pas vraiment réagi. Voilà, c'est un doux souvenir. Et là pareil, je ne me lave toujours pas le cou !

10 - Peux-tu nous expliquer comment se porte ton choix de couvrir tel ou tel concert ?

Déjà, les artistes que j'aime vont venir en premier. La curiosité aussi. J'ai fait beaucoup de concerts à une époque au New Morning, pour Fonkadelica, de l'acid-jazz [NdA : Incognito], des trucs comme ça. J'avais l'occasion de pouvoir y aller et comme je suis assez ouvert. En concert, il peut toujours se passer quelque chose.

Indéniablement aussi, photographiquement, l?aspect visuel et l?inspiration du moment.


11 - Lorsque tu couvres un événement, tu fais les photos, le compte rendu et j'imagine que tu profites aussi du spectacle. Comment arrives-tu à tout gérer ?

Je suis un surhomme, j'ai des talents cachés [rires]. La vérité est que je suis assez fatigué en fait, parce que clairement, c'est compliqué mais cela se fait. Faire les deux demande une certaine discipline. Les photographes de concert se connaissent, et moi, du coup, quand je fais les deux, je traîne peu avec les potes photographes ensuite. Du coup, j'ai peu l'occasion de boire des bières avec eux si je suis de compte-rendu.

Globalement, vu que je ne suis viré d'aucun des médias avec lesquels je collabore, je dois arriver à tout gérer.


11b - A chaque fois, tu fais photos et compte-rendu ?

Non, non. Je disais que j'étais un surhomme mais je suis aussi fainéant [rires], parfois l'envie n'est pas forcément là de gérer les deux. Les photos, je dirais, sont le premier moteur, ce qui peut être curieux par rapport à mon bouquin mais c'est le premier moteur.

Ensuite, en toute modestie, il y a des groupes, faire un compte-rendu dessus, cela peut être compliqué si je ne connais pas bien l'histoire du groupe. Je pense particulièrement au black metal, c'est un style que je ne connais pas très très bien, mais que j'adore voir en concert, il y a une énergie de malade et visuellement, en général, cela déchire, s'ils ont des lumières et qu'on arrive à les voir. Mais les chroniquer, c'est un univers que je connais mal, je n'irai pas trop chercher même si le but est de retranscrire un concert et pas de faire une biographie d'un groupe.


12 - As-tu eu la chance de rencontrer un de tes artistes préférés suite à un concert ?

Pas vraiment, je ne suis pas dans le cercle où je pourrais rencontrer les artistes. Par contre, j'ai eu des moments très agréables ; avec RadioMetal, on fait ce que l'on appelle des « Journées avec ». Le principe est de passer du temps avec un groupe le jour de leur concert, assister aux balances, photographier les balances, pouvoir échanger avec les membres du groupe, éventuellement caler une courte interview. C'est plutôt sympa. Ce qui m'a permis de me faire un délire avec Avatarium que je suis allé voir en Suède, deux soirs de suite, un soir à Stockholm, un soir à Göteborg, on était dans le même train, on les a croisés à la gare le matin. C'était super sympa, ce sont des crèmes en plus.

J'ai fait ça pas mal avec des groupes français aussi, Headcharger, Lofofora.

Ces journées-là sont assez sympas. C'est un peu un rêve de gosse de côtoyer cet univers-là et surtout le côté coulisses.

13 - Avec le temps et après avoir couvert 4 ou 5 fois le même artiste, as-tu toujours la même motivation ?

Cela va dépendre de l'artiste. Si je couvrais 4 ou 5 fois KISS, je serai toujours aussi motivé, parce qu'ils sont très visuels [NdA : Lapalisse sort de ce corps], que je les ai découvert assez jeune et je trouvais que c'était des super-héros et que leurs productions récentes me plaisent. Ensuite, je pense à Slash par exemple, que j'ai beaucoup apprécié mais dont les productions me plaisent de moins en moins, donc je vais peut-être un peu moins motivé à y aller. Après, cela reste Slash.

Après, j'ai tendance à me dire, à tort, que quand j'ai fait un artiste, je ne cherche pas forcément à le refaire, ce qui est complètement con en fait.

14 - Avec ton expérience, vois-tu une différence sur ta relation avec les fans et les artistes entre tes débuts et maintenant ?

Honnêtement, je n'ai pas trop de relations avec les artistes, ni avec les fans. Donc je ne pourrai pas trop me prononcer là-dessus.


15 - Te manque t'il encore un rêve à réaliser dans ton domaine ? (événement ou artistes)

En fait j'ai beaucoup de chance, RadioMetal mine de rien m'a ouvert beaucoup de portes sur le metal. Des rêves, oui, continuer à faire ce que je fais. Evidemment, arriver à développer le projet Raconte-Moi 33 Concerts. Cela reste un but prononcé. J'ai envie d'avoir un Raconte-Moi 33 Concerts Metal même si je voulais que le premier soit éclectique, j'aimerai bien en avoir un spécialisé metal. Il est en chantier, on va voir où il arrive, comment il arrive.
Photographier les Stones éventuellement. Refaire Metallica.

J'ai eu de la chance, sur les 11 ans parcourus, avec RadioMetal et les autres. Among The Living m'a ouvert aussi sur pas mal de concerts très sympas. J'ai aussi pas mal collaboré à une époque avec Fonkadelica, media qui n'est plus actif. J'ai passé pas mal de temps au New Morning avec eux.
J'ai été assez verni, en fait, je suis content.

16 - Que peut-on te souhaiter pour la reprise des concerts ?

Que tous les concerts qui étaient magnifiques en 2020 soient reportés en 2021, que j'ai les pass pour KISS, pour Queen, pour Pearl Jam, pour Hollywood Vampyres, pour RATM, pour Rose Tattoo, pour tous ces groupes qui étaient prévus en 2020 et qui à cause du coronavirus ont été annulés.

17 - Merci à toi pour le temps que tu nous as accordé et je te laisse le mot de la fin.

Merci !
Fuck Off ? Non, portez-vous bien et à très bientôt dans les salles de concert !