CONNOR SELBY, un nom à retenir. Nouvelle signature du label Provogue!
Rose De Lacfeld
Journaliste

Créé le 09/12/2022
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Le deuxième album du jeune troubadour britannique sera bientôt disponible en Édition Deluxe sur Provogue / Mascot Label Group Sortie le 3 mars 2023.

Connor Selby est sans aucun doute l'un des plus brillants talents de la scène blues britannique. Élu "Jeune artiste de l'année" aux UK Blues Awards en 2020, 2021 et 2022, il s'est déjà produit dans les plus grandes salles de Grande-Bretagne, notamment au Wembley Stadium, où il assurait la première partie de The Who en juillet 2019. Plus récemment, pendant l'été 2022, il a joué à Hyde Park, à Londres, aux côtés de Pearl Jam, Stereophonics et Johnny Marr.

Né dans un village de l'Essex, il a pourtant grandi dans le Connecticut, aux États-Unis, avant de se retrouver, à l'âge de 10 ans, à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. Quatre ans plus tard, il retourne en Angleterre les yeux imprégnés de ses voyages et des changements et autres découvertes qu'ils ont entraînés.

Une des choses ne l'a jamais quittée est son amour pour les racines de la musique américaine. "Je me suis intéressé non seulement à la musique en elle-même, mais aussi à son histoire et à tout ce qui l'entoure", confie t-il avec passion. "Je voulais apprendre et écouter autant que je le pouvais. Je pense qu'il est important pour quelqu'un qui, à la base, n'est pas issu de ce milieu culturel de le traiter avec le respect qu'il mérite. On ne peut pas séparer la musique de son contexte historique."

"J'aime son côté direct, sa simplicité et ses côtés terre à terre, tant sur les paroles que les notes", ajoute-t-il. "Le blues est fondamentalement chargé d'émotions humaines très basiques. La tristesse, la fierté et l'exploration de la façon dont nous faisons face à certaines situations ou problèmes de notre vie quotidienne. J'ai aussi toujours été attiré par la qualité intrinsèque de cette musique. Enfant, puis adolescent, j'étais assez timide et peu sûr de moi, mais la musique m'a permis de trouver un endroit où je pouvais exprimer un sentiment de puissance en quelque sorte."

Parmi les 4 titres bonus présentés sur cette Deluxe Edition on retrouve la chanson "I Shouldn't Care" qui évoque justement les problèmes relationnels sous forme de regrets et de colère, alors que "Love Letter to the Blues" est un poignant hommage à ce qu'il aime le plus : "En grandissant, et encore aujourd'hui, je n'ai jamais eu l'impression d'être le même que mes pairs. Mais malgré les hauts et les bas que j'ai traversés dans ma vie, le blues a toujours été là. C'est une source constante de réconfort et un moyen pour moi de m'exprimer", dit-il.

Et que dire de la délicate touche qu'il pose sur la reprise de "My Baby Don't Dig Me" de Ray Charles, tandis que "The Deep End" cloture l'album de manière très profonde sur le plan émotionnel. Ado, Connor a dévoré la musique d'Eric Clapton et de Ray Charles : "Ray m'a complètement remodelé en tant que personne et dans ma façon de penser la musique. Mais je passais aussi mon temps à écouter de vieux disques Delta Blues ou d'artistes soul comme Sam Cooke, Bill Withers et tout ce qui avait "le son Stax". Idem avec des artistes de jazz comme Billie Holiday et Frank Sinatra, ainsi que les auteurs-compositeurs-interprètes comme Van Morrison, Townes van Zandt, Bob Dylan, Nick Drake et des musiciens plus contemporains comme Ray LaMontagne, Norah Jones et Foy Vance". C'est clair, Connor Selby peut parler de Musique pendant des heures.

La sienne, sa Musique, est empreinte d'une qualité mélancolique intemporelle. D'une honnêteté et d'une franchise dignes de confiance, il puise dans l'anxiété et la vulnérabilité, mais les délivre avec une élégance à toute épreuve. Il chante la responsabilité sur "The Man I Out To Be", l'amour sans partage sur "Hear My Prayer" ou le Staxy/gospel de "Show Me A Sign". Il est encore question d'amour, mais durable cette fois, sur "Waitin' On The Day", alors qu'il découvre la renaissance à travers "Starting Again".

L'ascension de Selby semble toute tracée lorsque l'on regarde le nombre de fois où son talent a été récompensé et les nombreux passages radio dont il a bénéficié au Royaume-Uni, sur la BBC notamment. Lorsque l'on entend chanter son blues à travers ses chansons introspectives, et que sa voix côtoie son impressionnant jeu de guitare, on comprend que ses chansons sont de petites vignettes des différents styles et musiques qui l'inspirent.

Sur scène, Connor respire de sérénité. Calme et posé, il se déplace sans hâte mais avec une attitude définitivement passionnée : "Les concerts sont pour moi, les seuls moments de ma vie où je peux me mettre dans un autre état d'esprit", dit-il. "Pendant deux heures, je peux vraiment lâcher prise et me retrouver dans un état proche de la méditation." et d'ajouter : "Tout le monde pense à un tas de choses tout au long de ses journées sans pour autant les vivre. Mais, dans des moments d'inaction où l'on va se mettre à rêvasser, il s'agit de comprendre ce qui se passe et de le transformer, voir le transcender en quelque chose."

Il y a une intimité dans le lyrisme de Selby ainsi que dans son discours. En plus de sa voix et de sa guitare, l'émotion est l'autre "instrument" habilement joué tout au long de cet album où il met en lumière des blessures que nous ressentons tous, parfois, au cours de notre vie.

Liste des titres :
1. I Can't Let You Go
2. Falling In Love Again
3. If You're Gonna Leave Me
4. Emily
5. The Man I Ought To Be
6. Hear My Prayer
7. Show Me A Sign
8. Anyhow
9. Waitin' On The Day
10. Starting Again
Bonus Tracks :
11. I Shouldn't Care
12. Love Letter To The Blues
13. My Baby Don't Dig Me
14. The Deep End