Report INSOMNIUM, IN MOURNING et KVAEN à La Machine du Moulin Rouge le 07/11/2023
Enora
Journaliste

« L’énorme énergie déployée par les musiciens de Kvaen, In Mourning et Insomnium ne pouvait que ravir le public qui a voyagé entre Black Metal, Progressive Metal et Melodic Death Metal ! »

Créé 07/11/2023
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Pour défendre son album « Anno 1969 » paru le 24 février 2023 via Century Media Records, Insomnium (Melodic Death Metal, Finlande) a pris la route accompagné d’In Mourning (Progressive Death Metal, Suède) et de Kvaen (Black/Pagan Metal, Suède). Le mardi 7 novembre, cette tournée s’est arrêtée à la Machine du Moulin Rouge de Paris pour un concert organisé par Veryshow.

KVAEN

Cela semble aberrant de devoir le répéter mais si une salle ouvre à 19h, il faut laisser une marge d’au moins vingt minutes avant le set du premier groupe pour que le public ait le temps d’entrer. C’est donc devant moins de quatre-vingts personnes que Kvaen commence son set à 19h10… Bien que la salle devant eux soit presque vide, les musiciens se donnent à fond pour ‘Sulphur Fire’ qui permet de mieux cerner leur univers teinté de Black Metal et qui détonne sur l’affiche de ce soir ; peut-être que Wolfheart, qui joue le même soir au Backstage BTM (c’est-à-dire littéralement la porte d’à côté), a pris avec lui tous les groupes de Melodeath disponibles ! Comme souvent avec les groupes d’ouverture dans cette salle, la rythmique de Fredrik Andersson (batterie live) écrase tout le reste mais le son s’améliore au fil des morceaux et on entend de mieux en mieux les soli de Jacob Björnfot (chanteur et guitariste) qui sont réellement intéressants.

‘The Great Below’, ‘In Silence’, ‘Damnations Jaw’ et ‘The Funeral Pyre’ se suivent avec de brefs remerciements du groupe qui remplit à la perfection sa mission de chauffeur de salle. Rasmus Rova (guitare live) agite la tête alors que Per Lindström (basse live) assure les chœurs. Nous glissons tantôt vers des influences plus Thrash, tantôt vers des touches de Pagan alors que les musiciens se démènent devant des side drops ornés d’anneaux de feu beaucoup plus esthétiques que l’écran qui avait accompagnés Ensiferum et Pain sur cette même scène quelques semaines plus tôt. Bien que peu remplie, la fosse réagit aux invectives du frontman ! Juste avant le dernier titre, le chanteur prend la parole : « Let me f*****g hear you! We’ve got one more for you: this is ‘Revenge by Fire’! ». Il profite d'ailleurs d’un passage plus calme pour nous présenter chaque musicien qui est applaudi avant un « You rule, Paris ! ».

Setlist de Kvaen :
1. Sulphur Fire
2. The Great Below
3. In Silence
4. Damnations Jaw
5. The Funeral Pyre
6. Revenge by Fire

IN MOURNING

Avec In Mourning, les side et back drops sont remplacés par des motifs floraux très élégants encadrant des crânes humains. Dès les premières mesures de ‘Thornwalker’, la fosse semble réaliser que le style vestimentaire du groupe ne correspond pas du tout à leur musique, beaucoup plus Prog que leur apparence le suggère. L’énergie que les musiciens déploient sur scène est assez phénoménale et ils ne se font pas prier pour s’approcher au plus près de la fosse et motiver le public, de plus en plus nombreux, rassemblé à la Machine. Le groupe compte un chanteur/screameur, Tobias Netzell, et un screameur, Björn Petterson, qui sont aussi guitaristes. A leur côté, nous retrouvons Tim Nedergård (guitare) et Pierre Stam (basse) qui assurent aussi les chœurs et proposent de très belles harmonies vocales. D’ailleurs, même lorsqu’il n’est pas derrière son micro, le bassiste ne peut pas s’empêcher d’articuler toutes les paroles.

Le set continue avec ‘The Broken Orbit’ qui confirme la grande complicité qui règne dans le groupe puisque nous assistons à beaucoup d’interactions entre les musiciens qui se déplacent à travers toute la scène, se rapprochent les uns des autres et se taquinent sans oublier Daniel Liljekvist derrière sa batterie. Après un rapide : « Good evening, Paris! We’re In Mourning from Sweden and we’ll continue with a song called ‘Amnesia’! ». Musicalement, le groupe nous offre des compositions particulièrement complexes rythmiquement et mélodiquement et, comme chaque musicien est parfaitement en place, nous en profitons pleinement ! La difficulté de leurs morceaux ne les empêche d’ailleurs pas de nous gratifier de petites mimiques et de saluts de la main. Il est ensuite temps de passer à ‘Sovereign’ et ‘Colossus’ qui offrent d’autres occasions au public d’acclamer In Mourning. Tout dans l’attitude scénique des musiciens nous dit à quel point ils se régalent, et c’est un vrai plaisir à regarder ! C’est donc après de très longues acclamations que les musiciens quittent la scène.

Setlist d’In Mourning :
1. Thornwalker
2. The Broken Orbit
3. Amnesia
4. Sovereign
5. Colossus

INSOMNIUM

Même si le public a fait honneur à Kvaen et à In Mourning, il ne faut pas se faire d’illusion et c’est bien Insomnium qui est attendu ce soir. En témoignent les cris et les applaudissements qui résonnent dès que les lumières s’éteignent et que les premières notes du sample de ‘1969’ démarrent. Le volume est beaucoup trop fort de manière générale mais chaque instrument est audible. Les musiciens ont beaucoup plus de place sur scène que les autres groupes qui étaient limités par la batterie de Markus Hirvonen derrière leur propre batterie et ils se déplacent devant un public très réactif. Après ‘Ephemeral’ qui nous renvoie à « Shadows of the Dying Sun » (2014, Century Media Records), Niilo Sevänen (chant, basse) annonce : « Paris, good evening ! We are Insomnium from Finland. Thank you very much for being here tonight ! » puis il annonce ‘White Christ’. C’est un début de tournée et tout le groupe est en grande forme à l’image de Markus Vanhala (guitare) qui tend sa guitare au-dessus du public, taquine le batteur, se rapproche de Nick Cordle (guitare) pour les soli…

C’est finalement ‘Pale Morning Star’ qui déclenche le premier pogo de la soirée après une nouvelle prise de parole du frontman, décidément beaucoup plus bavard en début qu’en fin de tournée : « Magnifique ! Now, my friends, I have a question for you: yesterday, we played in London, England (la salle siffle ce qui fait rire le groupe). Will you be better than they were? (acclamations) I thought so! ». Sur ‘Only One Who Waits’, les samples écrasent malheureusement la chanson mais cela n’empêche pas les fans de lancer spontanément un wall of death. Suivant les titres, Markus Vanhala et Nick Cordle, que le groupe nous présente comme leur « Mr America », se renvoient la balle pour des soli efficaces et mélodieux. Quel plaisir d’avoir un extrait de « Above the Weeping World » (2006, Candlelight Records) avec la superbe ‘Change of Heart’. Et malheureusement pour la première slammeuse de la soirée, elle monte sur scène lorsque la chanson est finie et que le groupe est sorti de scène.

Insomnium nous propose une promenade dans sa discographie avec des titres comme ‘And Bells They Toll’, ‘Lilian’, ‘The Rapids’, ‘Nocturne’, ‘The Day It All Came Down’ ou encore ‘Song of the Dusk’ sur lesquels les deux guitaristes assurent le chant clair avec beaucoup d’application du côté de Nick Cordle en ce qui concerne l’articulation. Niilo Sevänen est visiblement très satisfait de l’engagement des fans puisqu’il répète : « You’re amazing again Paris, France! Can you take some more? Let’s get insane! » alors que les pogos et le headbang agitent la fosse en tous sens. Même s’ils sont la tête d’affiche et que la salle leur est acquise, les membres d’Insomnium ne s’épargnent aucune peine et affichent de grands sourires. Mais la fin du set approche et, après un rappel, le groupe achève sa performance avec ‘The Primeval Dark’, ‘While We Sleep’ et ‘Weighed Down With Sorrow’. Longtemps après les dernières notes, le public continue de scander le nom du groupe et d’applaudir.

Setlist d’Insomnium :
1. 1696
2. Ephemeral
3. White Christ
4. Pale Morning Star
5. Only One Who Waits
6. Change of Heart
7. And Bells They Toll
8. Lilian
9. The Rapids
10. Nocturne
11. The Day It All Came Down
12. Song of the Dusk
RAPPEL
13. The Primeval Dark
14. While We Sleep
15. Weighed Down With Sorrow

Ce soir, le public de la Machine du Moulin Rouge a voyagé entre Black Metal, Progressive Metal et Melodic Death Metal mais le constat est sans appel : chaque groupe a absolument réussi à emporter le public avec lui ! L’énorme énergie déployée par les musiciens de Kvaen, In Mourning et Insomnium ne pouvait que ravir le public qui a été récompensé de son (difficile) choix entre les deux affiches Melodeath de la soirée.