Report Hangman's Chair à Salle Pleyel (Paris) le 23/03/2023
Ophélie Griffin
Journaliste

«C'est dans des moments comme ça qu'on aimerait être Bill Murray le jour de la marmotte»

Créé 23/03/2023
467 vues

LIVE REPORT IGORRR, AMENRA, DER WEG EINER FREHEIT, HANGMAN’S CHAIR @Salle Pleyel, Paris – 23 mars 2023

Live Report : Hell Haine
Photos : Ophélie Griffin

Nous avions rendez en ce jeudi 23 mars dans la belle salle Pleyel dans laquelle nous allons assister à une très belle soirée.

L’honneur revient à Hangman’s Chair d’ouvrir le bal. Et ils sont pressés de commencer puisque le groupe arrive 4 min en avance devant une salle pas complètement remplie. Le batteur s'installe pendant l'intro de ‘An Ode to Breakdown’ et le reste du groupe arrive "sous vos applaudissements ". Et c’est parti pour un set malheureusement trop court, qui fera la part belle au nouvel album « A Loner ».
Les français débutent dans la pénombre la plus parfaite laissant les lumières arriver au fur et à mesure des morceaux avec cette dominante bleue rappelant le bleu électrique de l’artwork de l’album. Le son est parfait, et le sera toute la soirée, avec la batterie de Mehdi qui résonne donnant un sentiment à la fois d’immensité et d’enfermement (oui ce n’est pas incompatible).
C'est lourd, puissant, mélancolique avec la voix claire de Cédric qui apporte cette touche de lumière. 
Clément et Julien ont toujours cette fougue sur scène notamment sur ‘Who Wants to Die Old’ juste parfait et poignant !
On passe à une ambiance rouge sang pour les deux derniers morceaux ‘Sleep Juice’ et ‘Naive’ tous deux issus de « Banlieue Triste » et fait écho au rouge de l’artwork.
Bref, tout est cohérent dans ce set. On ne peut que s’incliner devant la prestation de Hangman’s Chair ce soir et on ne peut que regretter les 30 petites minutes qu’ils avaient pour s’exprimer.

Setlist :
An Ode to Breakdown
Cold & Distant
Who Wants to Die Old
Loner
Sleep Juice
Naive

Après le changement de plateau réglementaire, permettant au public de satisfaire des besoins primaires comme, aller se désaltérer, place aux bavarois de Der Weg Einer Freiheit.
Le groupe arrive alors que les lumières sont encore allumées. A peine s'éteignent elles, que la déflagration commence sous lumières stroboscopiques. Le chanteur se fend d'un petit "merci Paris" à la fin du 1er morceau, ‘Morgen’. D’ailleurs, appeler un morceau ‘Morgen’ alors que l’album « Norktvrn » a été enregistré exclusivement de nuit fait sourire. Mais la musique moins, tant celle-ci est écrasante. Les basses sont un peu plus fortes et saturées que pour Hangman’s Chair et la batterie est martiale au possible. Le batteur est tel un Charlie Watts impassible alors qu'il pédale comme un fou. Ça dodeline de la tête sévère dans la fosse.
Le chanteur explique que cela fait 10 ans qu'ils ont fait leur premier concert à Paris, que c'était au Klub, et qu'à chaque fois qu'ils viennent, c'est une expérience incroyable. Pour nous aussi et dans ces conditions, l’expérience l’est tout autant. La sobriété du jeu de scène des musiciens contraste avec la complexité et la richesse des morceaux du groupe.
En revanche les épileptiques photosensible, passez votre chemin. L’abus de strobos est mauvais pour la santé ^^. Ils dédient leur dernière chanson, l’emblématique ‘Aufbruch’ à Hangman’s Chair avec qui ils partagent cette tournée marathon.
Der Weg Einer Freiheit fait partie des groupes que je n'écoute quasiment jamais chez moi, mais devant lequel je me régale à chaque fois sur scène. Et cette fois ci n'a pas fait exception

SetList :
Morgen
Repulsion
Am Rande der Dunkelheit
Einkehr
Aufbruch

Re-petite pause avant la prestation d’Amenra. Là aussi, on peut plus parler d’expérience que de concert.
Comme à l’accoutumée, cela commence dans un brouillard épais le temps que les musiciens prennent leur place sur scène avant l'explosion directe. Le chanteur Colin H. Van Eeckhout est dos au public et il le restera une bonne partie du set. Cependant, cela n’entame en rien l’émotion qui jaillit de cet homme quand on le voit ressentir la musique du fond de ses tripes.
Les belges évoluent toujours dans un univers sombre et hyper chiadé. L'écran géant en fond de scène diffusant des images tout au long du concert appuient ce sentiment d'oppression et d'intensité. Leur doom sludge est tout bonnement transcendantal !
L'acoustique magnifique de Pleyel nous donne l'impression que les cris déchirants du chanteur montent au ciel et amplifie la fureur déversée par les musiciens.
Le groupe sort de scène nous laissant sur cette phrase projetée sur l’écran : « Peu à peu ces fleurs tomberont, il ne restera que les épines ». A deux doigts de la messe chamanique, nous avons eu droit à un moment de recueillement, d'intensité et de noirceur absolue. Pas facile de reprendre ses esprits après cela.

Setlist
Razoreater
De Evenmens
Plus près de toi (Closer to You)
A Solitary Reign
Diaken

Après un set d’une telle intensité, il nous faut bien quelques dizaines de minutes pour nous en remettre pour pouvoir se replonger dans une autre ambiance.
Place à la tête d’affiche, Igorrr, qui dénote un peu par rapport aux 3 groupes précédents mais qui va nous permettre de revenir vers la lumière (dans tous les sens du terme).
Gautier Serre, le géniteur de ce projet fou arrive sur scène seul pour faire monter la sauce derrière ses platines avant l’arrivée des autres membres du groupe.
Igorrr c’est un voyage musical à travers les styles, les pays, un moment inclassable tout comme leur musique.
Ce soir, je découvre Marthe Alexandre, la nouvelle voix féminine du groupe. Le côté lyrique ne dénote pas avec la salle qu'est Pleyel et elle assure parfaitement dans le registre décalé d’Igorrr, cependant, il manque peut-être ce petit grain de folie supplémentaire qu’avaient les deux chanteuse précédentes. Elle forme cependant un duo solide avec JB Le Bail, le côté sombre de la force.
Pour ceux qui connaissent le groupe, la setlist reste fidèle à ce qu’on leur connaît depuis un moment, mais découvrir ou redécouvrir les morceaux reste toujours un ravissement. Et la fosse commencera à gigoter sérieusement là où sur les autres concerts de la soirée on restait plutôt dans le recueillement et l’admiration. Les sonorités empruntant au baroque, aux musiques des balkans, des pays arabes ou encore tibétains, à l’electro, tout cela sous une nappe de metal bien lourde forment un mélange surprenant et envoûtant. Les pogos et wall of death se forment pendant que sur scène, la formation ne se ménage pas jouant aux montagnes russes avec des passages furieux et des moments de délicatesse.
Alors certes avec les changements récents, il y a peut-être des ajustements encore à faire, une unité à consolider, mais Igorrr reste un ovni musical d’une extrême efficacité et qui fait vivre une expérience unique sur scène.

En conclusion : on en aura pris plein les oreilles et plein les yeux dans tous les sens du terme.
En ce 23 mars, les 4 groupes auront mis la barre haute, très haute. Nul doute que ce concert fera partie des meilleures prestations de l'année...oui je sais, nous ne sommes qu'en mars. Merci à Link Production et à Elodie pour l'accueil et ce beau plateau

Setlist :
Intro
Paranoid Bulldozer Italiano
Spaghetti Forever
Hollow Tree
Nervous Waltz
Donwgrade Desert
Camel Dancefloor
Tout Petit Moineau
ieuD
Parpaing
Polyphonic Rust
Overweight Poesy
Viande
Opus Brain
Himalaya Massive Ritual
Rappel :
Cheval
Apopathodiaphulatophobie
Robert
Very Noise
Outro