1ère journée @ Alcatraz 2017
Neyelia
Journaliste

«Une mise en bouche croustillante à souhait clôturée comme il se doit par la présence de Ghost»

Créé 11/08/2017
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En ce weekend de plein mois d'août, il faut être fou pour choisir Courtrai plutôt que Barcelone comme destination… ou bien être fan de metal ! C'est en effet le weekend de pèlerinage en prison des metalleux de tous poils et de tous cheveux : Alcatraz Festival est de retour !

Sous le soleil, mais au frais et bien aérés, les festivaliers arrivent tranquillement au cours de l'après-midi pour cette « Metal Night », qui tient plus de la mise en jambes que de la véritable journée de festival.

Début des hostilités à 17h30 pétantes avec Dyscordia sur la « Prison Stage », scène principale du site. On ne peut faire plus local que ce groupe originaire de … Courtrai ! Le festival aura d'ailleurs à coeur durant ces trois jours (enfin presque) de mettre à l'honneur les groupes belges, en leur réservant le privilège d'ouvrir chaque journée festivalière.
Les flamands ont donc la lourde tâche de mettre tout le monde dans le bain, avec leur metal progressif et juste ce qu'il faut d'agressif. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas foule ! Tout le monde découvre le site, prend ses dispositions pour le weekend, et finalement peu de monde se presse devant la scène, mais cela n'entame en rien la motivation et l'entrain des six musiciens. La prestation est efficace, propre, et aurait mérité une plus grande audience !

DYSCORDIA

Changement de scène, nous découvrons « la tente » comme l'appellent les habitués du Hellfest, alias « Swamp Stage » ici en Belgique. Dans ce marécage, qui n'en sera d'ailleurs jamais un car l'organisation a eu la bonne idée de recouvrir la pelouse de dalles plastique pour éviter tout embourbent intempestif, nous attend un autre groupe local : Evil Invaders. L'ambiance est en revanche bien plus énervée que précédemment ! Les quatre chevelus envoient les watts, pour le moins ! Lançant un thrash/speed metal très inspiré, et qui ne laisse personne indifférent, le quatuor mouille le maillot, secoue la tête, saute partout, et harangue la foule. Réponse immédiate du public qui se laisse embarquer pour quarante minutes d'un set aussi speed que le metal ui se déverse dans nos oreilles !

EVIL INVADERS

Retour sur la grande scène pour Pretty Maids. Les légendes du heavy mélodique aux plus de 35 ans de carrière et 15 albums studios sont venus montrer leur talent en Belgique. Le show est là, la technique aussi, et la maîtrise est impressionnante ! Un peu trop, peut-être, tant le show finit par sembler lisse et impénétrable, exception faite du bassiste René Shades qui communique sans cesse avec le public et fait son show.
Principal avantage de cette prestation : on se met dans l'ambiance du weekend, qui est essentiellement heavy et thrash, et on ouvre l'horizon à l'international, avec le premier groupe étranger du weekend.

PRETTY MAIDS

Après s'être désaltérés, nous migrons à nouveau vers la seconde scène, pour assister à l'étrange prestation du groupe Hell. Étrange car avec un nom pareil, un décor de scène en vitrail parodique, des musiciens maquillés de blanc, et un chanteur coiffé d'une couronne d'épines, on s'attend à un groupe de black nordique… avant d'entendre les premières notes de « The Age of Nefarious » qui sont plutôt très heavy ! En effet, si le groupe adopte l'esthétique et les thèmes anti-religieux du black metal, les anglais n'en ont pas le son, qui est lui typiquement heavy. La setlist se répartit équitablement entre les deux efforts du groupe, datés de 2011 et 2013, et durant les 50 minutes de set, le chanteur, qui a opté pour le micro serre-tête afin de se libérer les mains et de pouvoir librement interpréter ses textes, n'aura de cesse d'occuper chaque recoin de la scène, livrant une interprétation théâtrale des paroles, qui prête autant à rire que la musique ne prête au headbanging !

HELL

Retour devant la main stage pour Krokus ! Au bout de 40 ans, je doute qu'il soit utile de présenter ce monstre du heavy ! Les suisses pourraient bien constituer une tête d'affiche s'il n'y avait pas plus médiatique qu'eux ce soir-là dans la prison belge. En seulement une heure de set, les suisses auront néanmoins le temps de balancer trois reprises, chose un peu dommage quand on est un groupe qui a presque une vingtaine d'albums à son actif, mais que l'on pardonne aisément au vu de la propreté de la prestation !
Dans la « fosse » si l'on peut parler ainsi pour un festival, l'heure est plutôt aux frites, ce qui est absolument inévitable dans ce pays, et l'intérêt est moindre pour le groupe sur scène, qui envoie pourtant une prestation carrée et sans accroc ! Sans accroc, c'est peut-être ce qui cause la perte des suisses, qui n'arrivent pas à accrocher grande attention de la part du public, malgré leur bon concert.

KROKUS

Le jour descend, et nous retournons nous cacher dans le marécage devant le concert de Denner-Shermann, du nom des deux guitaristes de la formation. Les plus aguerris auront reconnu les noms, puisque ces musiciens ne sont autres que les guitaristes originels de Mercyful Fate. Le style est d'ailleurs assez proche de celui de la bande à King Diamond, le charisme du chanteur en moins. Celui-ci tente de grappiller une place sous les projecteurs (bleus) mais ce n'est pas chose aisée quand on est encadré par deux gaillards tels que Michael Denner et Hank Shermann. L'heure de set se déroule sans encombre, et l'on ne sort ni déçu ni convaincu de la prestation. Facteur explicatif majeur : suivez-moi, y a du beau monde là-bas !

DENNER-SHERMANN

Au dehors, la nuit est tombée, et on se presse pour se faire une place dans la foule grandissante face à la scène. Un nuage de fumée se dissipe… et voici Ghost qui apparaît sur scène. Malgré les récentes controverses, l'attrait pour le groupe suédois est toujours aussi fort. Attaquant d'entrée de jeu avec un « Square Hammer » hyper-entraînant, le groupe s'est mis d'un seul coup les presque 10.000 personnes présentes dans la poche ! Comme d'habitude avec le groupe à Papa (Emeritus) le show est au rendez-vous, largement soutenu par les effets pyrotechniques mis en place sur site par l'organisation. À grands renforts de costumes et de masques, de lumières avec juste ce qu'il faut de fumée, de show à l'américaine, et de riffs tous plus entêtants les uns que les autres, les cinq goules et leur Pape évangélisent la foule. Quand vient l'heure du rituel « Monstrance Clock » clôturant le spectacle, on se rend compte qu'une heure et demie vient de nous filer sous le nez sans même qu'on s'en aperçoive ! Et pour nous émerveiller encore un peu plus, la prison s'illumine d'un feu d'artifices avant de nous libérer jusqu'à demain matin… sauf pour les plus assidus, qui se ruent sous la tente… de la Swamp Stage !

GHOST

Là-bas nous attend Dirkschneider, Udo pour les intimes. Le colosse allemand, ex-leader d'Accept, nous délivre ici son interprétation des titres de son ancien groupe, et malgré la fatigue, la foule adhère. Il faut dire que le chanteur ne lésine pas sur les invectives et les dialogues avec le public pour les garder éveillé, et acquis à sa cause ! Tout au long du set, Udo parle au public, n'hésite pas à re-situer les titres et à demander la participation des auditeurs. Ceux-ci acceptent volontiers, et l'heure et demie ne semblera pas si longue dans cette tente, avant d'aller retrouver l'autre tente, celle où l'on dort, jusqu'à la deuxième journée de festival !

DIRKSCHNEIDER