Satyricon , Suicidal Angels , Fight the Fight // Toulouse
Anibal BERITH
Journaliste

«Une affiche de grande qualité pour cette rentrée musicale, trois groupes qui ont su se démarquer avec Satyricon en haut de l'affiche!»

Créé 02/10/2017
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Une dizaine de jours après la rentrée concerts de SPM avec la release party de Fleshdoll, nous présentant leur cinquième album "Hearts of Darkness", paru en mars dernier, SPM et le Metronum nous accueillent ce soir dans la grande salle pour une affiche improbable de par son mélange de styles musicaux l tout en restant dans le berceau du Heavy Metal au sens large.

Trois groupes nous attendent sur la scène de cette salle de concert destinées aux musiques actuelles, avec pour ouvrir les hostilités le tout jeune groupe de metalcore norvégien originaire d'Oslo, Fight The Fight, puis les incontournables thrasheux grecs, Suicidal Angels, pour terminer avec le mythique groupe de black metal norvégien Satyricon toujours emmené par les intarissables Satyr et Frost.

Il est 19h lorsque les portes du Metronum ouvrent avec, il faut bien l'avouer, peu de monde malgré une heure plutôt propice à ce type d'événement et ce malgré la qualité des groupes .

Point de répit, il est 19h15 lorsque le quintet norvégien foule la scène toulousaine avec déjà un premier album dans son escarcelle malgré la jeunesse du groupe (formé en 2016). C'est sur la dynamique de leur album éponyme paru en janvier de cette année que Fight The Fight va tacher de faire bouger le public encore peu nombreux sur le parterre du Metronum.

Délivrant un metalcore énergique, les norvégiens déballent leur setlist avec dynamisme, parlant peu entre les titres avec en guise d'introduction "Perfect Combination". On ressent très clairement leur influence dès les premiers riffs avec une musique rythmée sur la base d'un mid tempo et d'une alternance de chant crié et clair. Les compositions sont efficaces mais pas innovantes rendant leur univers accessible et plutôt destiné à des ados. L'ensemble des musiciens se donnent bien et occupent bien la scène malgré un public plutôt calme. Le son est très bon, ce qui permet de profiter le spectacle avec plaisir et de patienter agréablement pour la suite qui a tout de même plus d'attrait. La prestation des norvégiens se clôture par "Patient Zero" et laisse place au thrash old school de Suicidal Angels.

fight to fight

Juste le temps de rejoindre le bar pour une mousse et de saluer quelques amis, que le quartet grec s'installe devant le backdrop géant de leur album en date "Division of Blood" paru en mai dernier.

C'est d'ailleurs par le premier titre de la galette "Capital of War" que les grecs attaquent leur setlist pour une prestation d'une quarantaine de minutes. Les quatre musiciens occupent parfaitement le devant de la scène et restent proches du public. On sent l'enthousiasme et une énergie débordante à chaque riff; ça headbangue copieusement sur la scène mais pas beaucoup dans le public.
Le pit s'est bien rempli mais le public toulousain est très calme ce soir; très certainement par le fait que la majorité des gens est venue voir Satyricon et le blackeux ne pogote pas, ni ne slame, chose à laquelle les thrasheux ne sont pas habitués.

Le jeu des musiciens est délivré à la perfection, sans fausse note avec les titres les plus énergiques dès le départ. Le son est aux petits oignons, bassite et guitariste se donnant le change tout au long du show, créant du mouvement sur la scène; le frontman, Nick Melissourgos, tachant de motiver le public pour un circle pit, en vain, le public toulousain n'est pas décidé à s'énerver ce soir. Un timide wall of death sera gagné sur la fin du set pour un final un peu plus musclé malgré une seconde moitié de setlist trop calme à mon goût.
Le show des grecs fut parfaitement mené du début jusqu'à la fin et nous avons pu assister à une excellente prestation qui au delà de ravir les amoureux du thrash, aura fait patienter avec énergie les blackeux impatients de decouvrir le sextet norvégien venu défendre leur neuvième album fraichement sorti dans les bacs.

satyricon

Le décor de Satyricon s'est posé durant les 20 minutes entre le changement de groupe laissant apparaître un backdrop géant à l'effigie de la pochette de "Deep Calleth upon Deep", surplombant la batterie de Frost. Le micro en forme de fourche du frontman Satyr est positionné au milieu de la scène. Il est 21h15 lorsque l'intro se fait entendre créant une certaine excitation durant ces quelques minutes d'attente avant de voir débarquer le sextet sur la scène du Metronum en attaquant le set avec le premier titre du dernier album "Midnight Serpent".

La salle est maintenant bien remplie avec pas moins de 350 personnes venues écouter un des groupes phares de la première vague de black metal.
S'appropriant le look de Dave Gahan, le frontman de Depech Mode, cheveux courts, blouson de cuir près du corps, bottines sur pantalon noir, Satyr au visage maquillé de blanc s'empare de son impressionnant micro avec aplomb pour délivrer ses premières vocalises reconnaissables entre mille tellement son timbre est spécifique.

Accompagné de ses fidèles musiciens et de l'indétrônable Frost à la batterie, une très large partie de la discographie est interprétée avec les incontournables "Now, Diabolical", "K.I.N.G." ou encore "Mother North"; la part belle étant donnée à "Deep Calleth upon Deep" avec quatre titres joués permettant au public de se familiariser avec ce nouvel album n'ayant pas encore tout à fait convaincu les fans ("Midnight Serpent", "Deep Calleth Upon Deep", "To Your Brethren in the Dark" et "Blood Cracks Open the Ground").

1h15 de show au cours desquelles les norvégiens vont nous emporter dans leur univers sombre aux guitares cristallines porté par un Satyr charismatque et emblématique délivrant son oeuvre avec justesse et perfection.
Le son est parfait, tout est parfaitement équilibré ne laissant paraître aucune fausse note et laissant transparaître un enthousiasme débordant de la part des musiciens.

Le public est enchanté est scande à l'unisson la plupart des refrains de chacune des chansons du sextet. La setlist de quinze titres est parfaitement équilibrée et ponctuée de deux interludes offrant une courte pause aux musiciens qui clôtureront leur set par un bis de tois titres avant de se réunir sur le devant de scène pour un remerciement théâtral et sincère. Un seul regret...demi-heure de plus!

satyricon

setlist : Midnight Serpent // Our World, It Rumbles Tonight // Black Crow on a Tombstone // Deep Calleth Upon Deep // Walker Upon the Wind // Repined Bastard Nation // Commando // Now, Diabolical // To Your Brethren in the Dark //
Blood Cracks Open the Ground //Transcendental Requiem Of Slaves // Mother North // The Pentagram Burns // Fuel For Hatred // K.I.N.G.

Encore une très belle affiche proposée par SPM pour cette rentrée musicale. Merci à eux, au Metronum, aux artistes d'avoir permis cette date magnifique permettant de réunir tous les amoureux du Metal.

A très vite sur la scène toulousaine!

Anibal Berith