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WHITECHAPEL à Lyon !

«Les golgoths du deathcore, de retour pour nous montrer leur maîtrise»
ALAIA
Journaliste
Deathcore
04/02/2026
311 vues
Je me rends à la Halle Tony Garnier, assez tôt pour éviter les grosses files d’attente, et j’ai tellement hâte que je cours limite jusqu’à la salle.
Les tables de merch sont déjà prises d’assaut, et je comprends : le merch des groupes est incroyable pour cette tournée. Des visuels sombres, détaillés, des hoodies que je n’ai clairement pas besoin d’acheter… mais que j’ai envie d’acheter quand même.

On se place vers la régie pour Humanity’s Last Breath, et on observe la scène : une douzaine de LED verticales plantées comme des colonnes futuristes pulsent doucement au rythme d’un grondement sourd.
Une longue intro instrumentale semi-symphonique monte progressivement en intensité. Derrière, leur immense banderole avec le logo impose immédiatement une présence écrasante.

HUMANITY’S LAST BREATH



Dès “Väldet”, c’est massif.
On est sur un deathcore teinté de black progressif, ultra atmosphérique. C’est lourd — mais pas juste lourd. Lourd avec une vibe presque stoner dans la lenteur, dans la façon dont les riffs écrasent le temps. Les sons discordants, les samples de drones, les nappes oppressantes… tout rajoute à cette atmosphère grasse, suffocante.

Le son est superbe. Vraiment. Chaque vibration descend dans le thorax. Et le light show est INCROYABLE. Les LED verticales découpent la scène en faisceaux froids, presque chirurgicaux.

Le chanteur reste droit dans ses pompes, capuche sur la tête, force tranquille. Il ne court pas partout. Il incarne. Il pèse.
Il y a un côté très planant malgré la violence des riffs. Une lenteur hypnotique qui contraste parfaitement avec la suite de la soirée.

Sur “Abyssal Mouth”, “Godhood”, “Tide”, les morceaux s’enchaînent avec cette même maîtrise pesante.
“Labyrinthian” et “Bellua Pt.1” renforcent encore ce côté abyssal, presque cosmique.
Quand ils terminent sur “Instill”, je sais déjà qu’en rentrant je vais me replonger dans toute leur discographie.

Une entrée en matière écrasante. Parfaite pour installer le décor.

SETLIST HUMANITY’S LAST BREATH
Väldet
Abyssal Mouth
Godhood
Tide
Labyrinthian
Bellua Pt. 1
Instill

SHADOW OF INTENT



Gros backdrop derrière eux. Et détail que j’adore : les LED du groupe précédent restent sur scène. Elles sont réutilisées, adaptées. Franchement, je vois rarement ça entre groupes — est-ce qu’ils se prêtent les lights ? En tout cas, ça fonctionne.

Le groupe d’inspiration Halo s’impose immédiatement avec une entrée en scène brutale.
Le son est bien meilleur que lorsque je les avais vus à La Rayonne. Et pourtant, la Halle Tony Garnier n’est pas réputée pour être la salle la plus facile à sonoriser. Comme quoi.

“They Murdered Sleep” lance les hostilités.
Les rythmes s’enchaînent à toute berzingue. Les blasts fusent. Les samples rendent super bien.
Le vocaliste est bluffant : une variété de screams hallucinante, du guttural abyssal au cri perçant quasi black metal.

Sur “Flying the Black Flag”, “Mechanical Chaos” et “Vehement Draconian Vengeance”, l’énergie est déferlante. Les LED changent de couleur et de rythme en permanence, épousant les variations d’ambiance.

Ils nous disent qu’ils n’ont pas beaucoup de temps, donc ils vont tout enchaîner sans pause. Et ils le font. “Infinity of Horrors”, “Feeding the Meatgrinder”, puis “The Heretic Prevails”.
Aucune respiration. Juste de la puissance pure. Et beaucoup de promo pour le nouvel album, qu’ils défendent à fond.

Set court, intense et terriblement efficace.

SETLIST SHADOW OF INTENT
They Murdered Sleep
Flying the Black Flag
Mechanical Chaos
Vehement Draconian Vengeance
Infinity of Horrors
Feeding the Meatgrinder
The Heretic Prevails

WHITECHAPEL



Cette fois, la salle est pleine. Vraiment pleine.

Petite intro… puis entrée en matière immédiate avec “Prisoner 666”.
Il nous fait hurler le “666” et la Halle répond comme une seule personne.

Le backdrop reprend l’imagerie ecclésiastique/démoniaque du dernier album. Les lights sont toujours aussi fabuleuses. Franchement, la production de cette tournée est d’un niveau monstrueux.

C’est une claque dès la première minute.
On comprend immédiatement pourquoi ils restent les rois incontestés du deathcore.
Phil Bozeman ne se contente pas de varier ses screams. Il incarne chaque mot physiquement. Il joue avec son corps, avec son regard, avec ses silences. C’est une masterclass.

“Hymns in Dissonance”, “A Visceral Retch”, “Bedlam” s’enchaînent presque sans qu’on s’en rende compte. Les transitions sont quasi imperceptibles.

Tout s’éteint.
Ambiance lourde.
Puis démarre “Hate Cult Ritual” avec une instru épique qui fait monter la sauce. Le wall of death se prépare… et part parfaitement. 🤌

Juste après, extinction totale des lumières. Bruits de film d’horreur. Ambiance TRÈS glauque.
Phil prend un moment pour remercier les groupes et le public, puis annonce qu’ils vont jouer des “vieilles chansons”.

Et là…
“The Somatic Defilement”
“Devirgination Studies”
“Prostatic Fluid Asphyxiation”
“This Is Exile”

La salle explose.

Ils ne sont que cinq sur scène, mais ils ont une présence de géants. Et on sait pour sûr que le groupe s’est éclaté, puisque les dernières chansons sont ponctuées par les rires de Mister Bozeman, qui fait un peu le fou sur la scène.

SETLIST WHITECHAPEL
Prisoner 666
Hymns in Dissonance
A Visceral Retch
Bedlam
Hate Cult Ritual
The Somatic Defilement
Devirgination Studies
Prostatic Fluid Asphyxiation
This Is Exile


LORNA SHORE



Un immense drap blanc recouvre le centre de la scène avec leur logo. Intro épique, évidemment. La sauce monte. Lentement. Intensément. Le drap tombe.
Première chose que je remarque? Des écrans PARTOUT. Derrière eux. Sous Austin Archey sur son estrade. Deux verticaux de chaque côté. C’est monumental.

Ils attaquent avec “Oblivion” (Into Oblivion).
Visuels de pluie, de mer en noir et blanc. C’est magnifique.
Il y a des FLAMMES, le budget à clairement été mis dans une scénographie monstrueuse.
Le son est nickel. On entend chaque détail, les nappes orchestrales, les arrangements. La batterie est clean, précise.
(Ça y est. Je pleure. Ah oui j’adore ce groupe hein.)

Ils enchaînent sur “Unbreakable”, dédiée aux fans qui hurlent le “We are unbreakable” en choeur.
Des visuels rouges et orange, les flammes deferlent de partout. Adam De Micco fait des cœurs avec les mains. Oui. On meurt.

“War Machine” est apparemment filmée ce soir-là, l’ambiance de guerre se ressent à fond, surtout quand on jette un oeil au pit qui se déchaîne totalement, voulant offrir un beau spectacle aux caméras (comme s’ils avaient besoin de ça).
Visuels rouges, balles, fumée, pyro du plafond ET du sol. Austin frappe comme une machine de guerre.

Will Ramos prend un moment pour nous remercier en français et en anglais.
Puis pour “Sun//Eater”, leur photographe les rejoint sur scène pour chanter avec lui. Une energie folle, on voit là beaucoup de camaraderie entre tous.

Sur “In Darkness”, qu’il présente comme ayant eu un clip récemment, les visuels sont sublimes : roses, nature symétrique, compositions presque baroques.
C’est bluffant de précision. Bon, c’est Lorna Shore. Mais quand même.

Mais bien sur lorsque les premières notes de “Glenwood” arrivent, William parle de la relation avec son père. La salle est muette par respect, écoute attentivement ce récit même si la plupart le connaissent déjà. Je suis à nouveau très émue, pouvoir voir cette chanson en live c’est… inoubliable.

Puis “Prison of Flesh”.
Tout devient rouge.
Will prépare le mosh et demande un Wall of death massif. Etant moi-même dans les gradins j’ai une vue planante sur le public qui se sépare comme la mer rouge, c’est… Ma première pensée est “aïe” lorsque ça part. C’est d’une violence!
Ils mettent les PYRO à fond, l’ambiance est incroyable, les lumières rajoutent à ce côté glauque et oppressant de la chanson.

Ils annoncent la “dernière chanson”.
On entend retentir des “oh non” et des bruits de déception. Mais William reprend sa phrase:
Cette dernière sera…Une trilogie.
La salle hurle, on sait tous ce que ça veut dire!

Du coup qu’est-ce que ça donne en live? Un voyage, ça s’enchaîne parfaitement, c’est beau, et on sent toute l'émotion du public, l’émotion du groupe aussi car ils savent ce que ces chansons représentent pour beaucoup.
“Pain Remains I: Dancing Like Flames” — visuels pourpres, nuages violets.
“Pain Remains II: After All I’ve Done, I’ll Disappear” — bleus et gris, ambiance mélancolique.
Will demande un wall of death ÉNORME.
“Pain Remains III: In a Sea of Fire” — flammes, feu, catharsis totale.

Ils quittent la scène sous un tonnerre d’applaudissements. Mais sous les chants du public, reviennent assez vite pour le bis.

Bien sûr, c’est Lorna Shore, il fallait qu’ils la fassent; leur retour est fracassant avec “To the Hellfire”.
Flammes partout. L’esthétique rouge de la pochette envahit les écrans. La salle explose une dernière fois.

Je reste là quelques secondes après la fin. Quatre groupes absolument époustouflants.
Mais Lorna Shore… dans une salle de cette taille, avec une production entièrement à eux… c’est une autre dimension.

Je repars lessivée. Éblouie. Les larmes aux yeux et… déjà nostalgique.

SETLIST LORNA SHORE
Oblivion
Unbreakable
War Machine
Sun//Eater
Cursed to Die
In Darkness
Glenwood
Prison of Flesh
Pain Remains I: Dancing Like Flames
Pain Remains II: After All I’ve Done, I’ll Disappear
Pain Remains III: In a Sea of Fire
BIS: To the Hellfire

Un grand merci à la Halle Tony Garnier d’avoir accueilli cet événement incroyable, et merci à Live Nation sans qui ce concert n’aurait pas eu lieu.