We Came As Romans - Brand Of Sacrifice - Heavensgate- Le Trabendo
«C'est la rentrée !»
PAULINE Journaliste
Metalcore
01/10/2025
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C’est la rentrée pour moi… mais aussi pour la scène métalcore, qui reprend en trombe ! Loin des grandes salles parisiennes, je renfile mon badge photo pour un Trabendo qui accueille, en ce 1er octobre 2025, une affiche explosive.
HEAVENSGATE :
On ouvre les hostilités dans une salle déjà bien remplie avec le groupe australien Heavensgate. Une totale découverte pour moi, et visiblement pour une bonne partie du public, qui ne cache pourtant pas son plaisir. Un premier pit s’ouvre rapidement, laissant place aux mosheurs qui bougent au rythme de riffs lourds, précis et tranchants. Un métalcore efficace et énergique, des musiciens présents et généreux, une petite fanbase en front row : la recette parfaite d’une excellente première partie.
BRAND OF SACRIFICE :
Une fois tout le monde bien échauffé, c’est Brand of Sacrifice qui prend le relais.
Sur le son du générique de Pokémon, le groupe canadien fait une entrée remarquée, mené par le très charismatique Kyle Anderson, qui remplit immédiatement la scène de sa présence. Le public, visiblement nombreux à les attendre, leur réserve un accueil tonitruant. Ambiance épique , voix gutturales puissantes, riffs massifs, lumière agressive et parfaitement synchronisée sur chaque frappe. La chaleur monte vite, les premiers crowd surfers apparaissent dès les premières minutes, et la salle se transforme en véritable fournaise.
À noter que le son est bien mieux maîtrisé que lors de leur dernier passage en France, aux côtés de Motionless in White. C’est sur “Eclipse”, tiré de leur tout premier album, que le set de huit titres s’achève, non sans qu’ils annoncent eux-mêmes la tête d’affiche de la soirée !
WE CAME AS ROMANS :
Place aux vétérans de la soirée : We Came As Romans, de retour avec un tout nouvel album et… à quatre ! (Le guitariste Lou Cotton étant resté auprès de sa famille pour célébrer la naissance d’un heureux événement.)
Ils ouvrent avec le très impactant “Bad Luck”, premier titre de All Is Beautiful... Because We’re Doomed, et la salle explose. L’ambiance est électrique : le bassiste virevolte, la scène tremble, et il devient presque impossible de circuler dans ce Trabendo survolté. Tentant de me frayer un chemin pour capturer quelques images, ma sangle d’appareil s’emmêle dans les pieds d’un slameur — me voilà propulsée en front row ! Quoi de mieux pour m’imprégner de l’ambiance ?
S’enchaînent “Plagued” et le très lourd “Red Smoke”. Petite pause : le chanteur remercie le public en français avant d’enchaîner sur “Cold Like War”, repris en chœur dans un “oh-oh-oh” fédérateur.
Le groupe rayonne. Les musiciens interagissent sans relâche avec la fosse accueillant déjà les premiers slameurs (un peu surprise de l’absence de sécurité devant la scène !), et une vraie complicité se crée. Une jeune fille monte plusieurs fois sur scène pour partager un moment avec Andrew Glass : tout le monde vibre à l’unisson.
Leur métalcore est d’une efficacité redoutable : alternance de puissance brute et de refrains mélodiques accrocheurs. Sur “Culture Wound”, le rythme ralentit, devient plus lourd, sans jamais perdre en intensité. Le chanteur tend le micro : la salle reprend le refrain d’une seule voix.
“Learning to Survive” marque un temps mort dans cette frénésie Rendant hommage à Kyle Pavone (ancien chanteur et claviériste du groupe disparu en 2018 ).
L’émotion de Dave Stephens est palpable, sa voix se brise presque par instants, et la salle tout entière semble respirer au même rythme.
En fin de morceau, il quitte la scène, laissant les musiciens briller. La batterie de David Puckett se distingue par ses variations de rythme et ses envolées, pendant que guitare et basse maintiennent un socle solide.
L’obscurité tombe sur “Where Did You Go”, déclenchée sur quelques notes suspendues. Petit moment de flottement — problème technique ? — mais vite balayé par un public toujours plus déchaîné. Le son est clair, parfaitement réglé, et l’énergie revient au galop.
Vient ensuite “Darkbloom”, morceau sur lequel j’attendais l’apparition du chanteur de Brand of Sacrifice, qui ne se montrera qu’au rappel, pour une version réarrangée du titre.
Enfin, “Daggers” clôt la soirée de façon magistrale : implacable, brutale, euphorique. Je quitte la salle lessivée, couverte de sueur, le cœur battant et quelques courbatures en prime — preuve que cette rentrée sur la scène métalcore est bel et bien réussie !
Entre la découverte d’Heavensgate, la puissance viscérale de Brand of Sacrifice et la maturité émotive de We Came As Romans, cette soirée au Trabendo avait tout d’un retour triomphal. Un concert intense, sincère et fédérateur : bref, une rentrée comme on les aime, où le métalcore reprend ses droits et rappelle pourquoi on aime tant se perdre dans la fosse.