Deux groupes ayant traversé l'Océan Atlantique (les américains Dying Fetus et les canadiens, québécois, Beyond Creation) et deux ayant survolé l'Océan Indien (Disentomb et Psycroptic venus d'Australie) pour venir s'échouer (si je puis dire) en Europe et ce soir (10/11/2017) au RockSchool Barbey à Bordeaux.
Arrivé sur les lieux en milieu d'après-midi, je suis accueilli chaleureusement par Kévin Chartré (guitariste de Beyond Creation) et Hugo Doyon-Karout (le bassiste du même groupe), en trotinette à proximité de la salle de concert.
Rencontrés l'année passée au Jas' Rod, proche de Marseille, c'est sur la tournée d'Obscura que nous avions sympathisé; quel plaisir de se revoir!
Flanant dans les rues bordelaises en attendant mon interview avec Trey Williams (le batteur de Dying Fetus) pour 19h30, j'en profite pour faire un tour rue Sainte Catherine et d'arriver un peu avance pour honorer mon rendez-vous avec le batteur de mon groupe fétiche!
Sur une autre planète pendant la demi-heure passée dans les loges de Dying Fetus, encore une petite heure de patience avant l'ouverture des portes du RockSchool Barbey. Moment au cours duquel, nous nous retrouvons entre bons amis du "milieu" pour la soirée à venir et autres concerts en prévision.
Une fois entré dans les lieux, juste le temps de boire une bière, que rapidement, je monte à l'étage où se trouve la salle où Bordeaux va trembler ce soir.
Il est 20h pétantes lorsque le quartet foule la scène girondaine, scène sans crash barrière, compliqué pour les photos mais au combien plus proche des artistes!
Occupant le devant de la scène à cause de la batterie imposante de Trey Williams de Dying Fetus en position arrière dominante, c'est avec le très brutal "Abominations Created Through Divinity" de l'album actuel "Misery" que le frontman de Disemtomb, Jordan James, hurle sa rage avec violence et détermination! Accompagnés de Jake Wilkes à la guitare, de Jim Parker à la basse et du musculeux Henri Sison à la batterie, le set de 25 minutes s'annonce comme une grosse boucherie et ce sera le cas!
Attention, âmes sensibles s'absternir! Le quartet n'est pas là pour faire dans la dentelle! Avec une gestuelle combattante, Jake emmène le groupe à tout dévaster sur son passage; les titres s'enchaînent sans pause dans une violence inouïe ne laissant aucune place à la mélodie.
Le brutal death de Disentomb a la particularité d'être agressif et rapide le rendant malheureusement répétitif et ennuyeux donnant l'impression d'écouter toujours le même titre coupé toutes les trois minutes.
De plus le son n'était pas au top si bien que cela devient vite brouillon même s'il n'y a rien à reprocher aux artistes qui font le job et le font bien tant cette musique est difficile à rendre en live.
Ce n'est donc pas dommage lorsque ça s'arrête pour laisser place à Beyond Creation que j'attends avec impatience!

Se positionnant au même emplacement et utilisant la même batterie que Disentomb à quelques cymbales près, Simon Girard au chant et à la guitare, Kévin Chartré à la guitare, Hugo Doyon-Karout à la basse et Philippe Boucher à la batterie sont accueillis énergiquement par le public bordelais plus dense que pour le set précédent.
Les réglages habituels entre les deux sets et hop le quartet canadien entame leur set avec "Omnipresent Perception" du premier album "The Aura". Connaissant bien l'univers des Québécois, quelque chose cloche, on ne distingue pas le son de la guitare de Simon et suivant le positionnement dans la salle, la double caisse de Philippe est trop forte étouffant quelque peu la mélodie.
La setlist avance ainsi et il faudra attendre le troisième titre "Earthborn Evolution" pour sentir une évolution permettant de mieux apprécier l'univers progressif et technique du quartet aux mélodies et à la technique imparables!
Les titres sont longs, plein de variétés, envoûtants par moment, Simon alternant le growl et les plans plus hurlés.
La complicité entre les musiciens est indéniable et le partage avec le pubic se fait naturellement. La communication en français passe bien et l'annonce des titres apporte un plaisir supplémentaire, le public se réjouissant à l'avance de ce qu'il va entendre.
Un set d'une quarantaine de minutes qui va explorer l'univers des deux albums actuels ("The Aura" et "Earthborn Evolution"), le troisième album étant en cours de composition.
Clôturant le show avec "Fundamental Process", la place est chaude pour les australiens Psycroptic.
Setlist: Omnipresent Perception / L'exorde / Earthborn Evolution / Neurotical Transmissions / The Aura / Fundamental Process

Vu en début d'année sur la scène toulousaine, ce n'est pas avec un grand enchantement que j'attends le groupe; plutôt déçu par ce que j'avais vu, j'attends patiemment le déroulement du set.
D'entrée de jeu, un bon point, le chanteur de session (oui le chanteur officiel du groupe Jason Peppiatt fait très peu de tournées) n'est pas Jason Keyser d'Origin mais Lochlan Watt (aux cheveux longs peroxydés et ongles vernis de couleur verte).
Ne connaissant pas très bien l'univers musical des australiens, je me laisse guider par les morceaux interprétés et me prend à headbanguer et apprécier le set montant en puissance. Le son est bon, l'énergie est là, le frontman fait brillamment le job, les gars jouent, un régal.
Les chansons sont dynamiques et variées créant ainsi la surprise à chaque riffs. On sent qu'il y a de la bouteille, le groupe a bientôt 20 ans d'existence avec six albums dans son escarcelle! Le combo est assez statique sur la scène sur RockSchool, et c'est Lochlan qui se démène en maîtrisant parfaitement son rôle tout en scandant sans erreur le répertoire de ses acolytes.
Huit titres envoyés dans la face du public pour son plus grand plaisir et qui font bien monter la pression pour la tête d'affiche Dying Fetus!
Setlist: Echoes To Come / Carriers of the Plague / Forward to Submission / Euphorinasia / Ob(Servant) / The Colour of Sleep / The World Discarded / Cold

Nous arrivons au terme de cette soirée par le très attendu trio américain Dying Fetus. On sent qu'on entre dans un autre monde; la préparation de la scène est plus minutieuse, l'espace utilisé plus important. Les roadies mettent en place les deux énormes back drop estampillés du titre de l'album paru en juin via Relapse Records "Wrong One to Fuck With" devant lesquels vont se positionner dans une vingtaine de minutes le guitariste/vocaliste John Gallagher et le bassiste/vocaliste Sean Beasley. Encadrant parfaitement Trey Willimans et sa batterie imposante à l'effigie du groupe, c'est avec "From Womb to Waste" de l'incontournable précédent album " Reign Supreme" que le set puissant du trio démarre.
Ayant déjà vu le groupe de nombreuse fois, on ne change pas une recette qui marche et gagne! Pas de fioritures, pas de mouvements, les trois types vont rester campés sur leur position durant une heure (le batteur n'a pas trop le choix à vrai dire à part Lars Ulrich....mais quand joue-t-il?).
Alternant le growl de Gallagher et le growl plus hurle de Beasley sur chacune des compositions, c'est avec technique, précision et brutalité que Dying Fetus va revisiter son répertoire en interprétant treize titres majoritairement issus de "Reign Supreme" et "Wrong One to Fuck With" (huit au total).
Sans sourciller, le trio agresse, tabasse, dévaste le RockSchool comble! Une heure de pure death technique teinté de grind et de hardcore, styles musicaux ayant influencé le groupe et dont les touches se ressentent dans leur death dénonciateur d'une société qui va mal.
Régulièrement, le charismatique Gallagher va inciter le public à faire des circle pit et ce sera chose faite accompagné de slams depuis la scène sur le dernier tiers du set.
La musique des américains est énergique, impactante et le public a su l'honorer.
Peu démonstratif, Dying Fetus semble ravi de sa prestation et de l'ambiance du pit et c'est sur le brutal "Kill Your Mother, Rape Your Dog" que le trio laissera le public ayant pris sa grosse claque tant technique que musicale! Le son était parfaitement réglé, les cinq instruments (avec les chants) ayant pu s'exprimer avec aisance et équilibre.
Setlist: From Womb to Waste / Fixated on Devastation / Grotesque Impalement / Induce Terror / Your Treachery Will Die With You / One Shot, One Kill / Subjected to a Beating / Invert the Idols / Seething With Disdain / In the Trenches / Wrong One to Fuck With / Praise the Lord (Opium of the Masses) / Kill Your Mother, Rape Your Dog.

Une très très belle soirée que cette date magnifique! Un régal de près de 4 heures dans une ambiance survoltée. Un très bel accueil des bénévoles du RochSchool Barbey que je remercie personnellement et au nom du United Rock Nations pour nous avoir permis de shooter les artistes et d'interviewer Dying Fetus. Merci aux artistes qui se sont donnés comme au premier jour de la tournée malgré les kilomètres avalés et la fatigue naissante et merci au public bordelais complètement barré, j'adore!
Pour la petite histoire, j'étais avec mon meilleur ami qui fêtait ses 43 ans et on a trouvé ce concert tellement bien, qu'on a remis çà le lendemain à Bilbao (Espagne). Quand on aime on ne compte pas... paraît-il!...
Anibal Berith
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