Report SOREPTION @ Petit Bain le 15/12/2018!
Peetoff
Journaliste

«Les morceaux meurtriers s'enchaînent, mettant la fosse en feu avec ‘Children of the Automaton' et ‘The Anti‐Present', titres-phares du groupe. »

Créé 15/12/2018
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Report : Enora Nattfödd
Photos : Peetoff

La date de ce soir est très attendue au Petit Bain, et ce n'est pas le climat glacial et pluvieux qui va décourager les fans puisque Rivers Of Nihil, Soreption, Archspire et Revocation prennent le Petit Bain d'assaut pour une soirée Technical Death Metal qui à de quoi faire trembler tout Paris ! Alors que Rivers Of Nihil vient présenter « Where Owls Know My Name » (sorti le 16 mars 2018 via Metal Blade Records), Soreption défend quant à lui les couleurs de « Monument of the End » (sorti le 3 août 2018 via Sumerian Records). L'incroyable « Relentless Mutation » d'Archspire date lui du 22 septembre 2017 (sorti via Season Of Mist) et Revocation propose une découverte live de « The Outer Ones » (sorti le 28 septembre 2018 via Metal Blade Records). En un mot, ça s'annonce très lourd !

Les musiciens de Rivers Of Nihil arrivent sur scène sans prévenir personne après les balances et les lumières s'éteignent un peu en catastrophe pour que le set commence avec une musique d'intro et un retentissant : « Alors Paris ? Nous sommes Rivers Of Nihil ! », seul prologue à ‘The Silent Life', un titre exécuté de façon militaire. Jon Topore et Brody Uttley aux guitares, mais aussi le bassiste Adam Biggs et le chanteur Jake Dieffenbach forment une ligne à l'avant de la scène et se mettent à headbanguer. Peu après, ‘Sand Baptism' arrive après que le frontman ait motivé la fosse en hurlant : « Paris, vous connaissez cette chanson ! C'est parti ! ». La basse et la batterie s'associent en un duo explosif avec une partie du scream assurée par Adam Biggs. Le public, assez nombreux, n'hésite pas à headbanguer et à crier son soutien au groupe. Jake Dieffenbach sait qu'il peut en tirer encore plus du public et demande « le plus grand circle pit possible » mais il ne sera pas obéit. Il ne se formalise pas et attend la fin de la chanson pour reprendre : « Nous sommes très heureux d'être ici, à Paris ! Et le concert est sold out p***** ! Faîtes du bruit pour vous ! Voici “Death Is Real” ! », une chanson parfaite pour demander un wall of death. Il en fait aucun doute que la maîtrise du groupe, sa présence scénique et le soutien du public sont tels que Rivers Of Nihil pourraient sans peine être tête d'affiche. Le chanteur reprend : « Rapidement avant la prochaine chanson, nous avons joué dans une petite salle parisienne il y a quelques années, qui était là ? (plusieurs fans se manifestent) Cette chanson est pour vous et pour tout le monde ici ce soir ! Faîtes du bruit pour Archspire et Revocation ! ». Le bassiste passe ponctuellement en taping et le guitariste impressionne lors des soli. Arrive finalement « Soil & Seed », introduite ainsi : « On a un peu de temps pour une chanson de plus. Qui est prêt pour Revocation ? ». Le frontman redemande un circle pit, cette fois-ci parfaitement réalisé par un public conquis. Après quelques remerciements, le groupe quitte la scène.

Setlist de Rivers Of Nihil :
1- The Silent Life
2- Sand Baptism
3- Death Is Real
4- A Home
5- Soil & Seed

Conformément à la tradition du Tech Death, une attention toute particulière est portée à la batterie lors du changement de set. La musique d'entrée de Soreption retentit et les lumières s'éteignent mais le groupe n'est visiblement pas satisfait du son et redemande quelques minutes supplémentaires pour parfaire les balances. La batterie de Tony Westermark se fait monstrueuse alors que ‘Reveal The Unseen' s'élève. Si les musiciens sont moins démonstratifs dans leur jeu de scène, ils n'en sont que plus concentrés. Comme pour Rivers Of Nihil, le bassiste, Kim Lantto, double les screams du frontman. Les compositions de Soreption sont plus complexes, avec notamment des changements rythmiques permanents mais le public est tout aussi ravi et lance des pogos dès ‘Breaking the Great Narcissist'. Le physique et la présence scénique de Fredrik Söderberg impressionne mais on le sent également un peu en retrait, communiquant moins avec le public que ne l'a fait le groupe précédent. Cependant, les morceaux meurtriers s'enchaînent, mettant la fosse en feu avec ‘Children of the Automaton' et ‘The Anti‐Present', titres-phares du groupe. La fosse est de plus en plus agressive, multipliant les mosh pits et les slams mais le groupe demeure assez statique. Si des fans sont indéniablement présents, Soreption semble moins faire l'unanimité du public que les Américains de Rivers Of Nihil. Le frontman annonce sobrement : « Voici ‘King of Undisputed Nonsense' de l'album “Monument Of The End” ! ». L'engagement du public ne faiblit pas, pour le plus grand bonheur des musiciens. Soreption impressionne par la maîtrise du batteur, Tony Westermark, qui joue avec le rythme avec une facilité déconcertante, y ajoutant une sacrée force de frappe et une rapidité d'exécution hors norme. Le chanteur déclare alors : « Comment vous allez ce soir Paris ? Faîtes du bruit pour Rivers Of Nihil ! Est-ce que vous êtes prêts pour Archspire ? (applaudissements) Et pour Revocation ? (acclamations) Il ne nous reste qu'une seule chanson et je veux que vous me retourniez cette salle ! ». Il profite donc de ‘March Of The Tyrants' pour lancer un circle pit et remotiver ses troupes : « Là, au milieu, et de chaque côté, je veux voir tout le monde headbanguer ! ». Puis le show touche à sa fin sous des applaudissements nourris ; le public semble prêt pour la suite !

Setlist de Soreption :
1- Reveal the Unseen
2- Breaking the Great Narcissist
3- Children of the Automaton
4- The Anti‐Present
5- King of Undisputed Nonsense
6- March of the Tyrants

Après un nouveau changement complet de la batterie sur fond de musique Rap, la musique d'introduction d'Archspire ne tarde pas à être étouffée sous des acclamations puissantes. Restant dans l'atmosphère introduite par Soreption, les musiciens restent relativement statiques sur scène, se permettant parfois un peu de headbang mais c'est bien sur les épaules du frontman, Oli Peters, que le jeu scénique repose. Et heureusement, il semble en grande forme et lance un « Paris, faîtes du bruit » avec qu'une ligne frénétique de batterie n'annonce ‘Calamus Will Animate'. Les guitaristes Dean Lamb et Tobi Morelli rivalisent de virtuosité alors que Spencer Prewett, le batteur, semble inarrêtable, ce qui impressionne le public, d'autant plus que le bassiste passe également en taping. ‘Rapid Elemental Dissolve' est rapidement introduite et la fosse semble être prise de folie, enchaînant mosh pits, slams et headbang sans interruption ; et le frontman compte bien profiter de cette déferlante d'énergie puisqu'il demande : « Je veux voir ce p***** de bateau bouger, vous êtes prêts ? » et invite les fans à se lancer dans un circle pit. Le public obéit à tout, fasciné et comblé par ce concert d'une indéniable qualité bien que connaître les morceaux sur album le rende encore plus appréciable.

Le frontman prend la parole un peu plus longuement : « C'est la fosse la plus géniale que j'ai jamais vue ! Merci Paris ! Nous venons de Vancouver et laisses-moi vous présenter le groupe rapidement (il ajoute une petite anecdote à propos de chaque musicien) Vous vous amusez ce soir ? Voici “The Mimic Well” ! ». Le public profite d'un passage calme pour taper des mains en rythme puis le chanteur demande un circle pit, immédiatement exécuté avant d'annoncer ‘Relentless Mutation' dont le seul nom met la fosse en transe tant le chaos risque de s'emparer du Petit Bain pour ce titre iconique et brûlant de fougue et de technicité ! Comme on pouvait s'y attendre, les fans font un véritable triomphe à la chanson, qui précède une autre machine de guerre : ‘Human Murmuration'. L'album « Relentless Mutation » est à l'honneur ce soir, pour notre plus grand plaisir. Les musiciens se mettent tous à headbanguer alors que le chanteur brandit un petit panneau lumineux « Applause » au dessus de la tête de chacun des guitaristes et du bassiste lorsqu'ils ont un solo. Les slammeurs se multiplient, avec parfois des atterrissages douloureux, et Oli Peters propose de calmer le jeu : « Nous allons ralentir un peu parce que j'ai l'impression que vous avez besoin de vous calmer. Voici “Involuntary Doppelgänger” ! ». Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et ‘Remote Tumor Seeker' est annoncée. La fosse donne tout sur ce dernier titre du groupe qui a décidément convaincu le public parisien et le frontman conclut : « Nous sommes Archspire, merci ! ».

Setlist d'Archspire :
1- Calamus Will Animate
2- Rapid Elemental Dissolve
3- The Mimic Well
4- Relentless Mutation
5- Human Murmuration
6- Lucid Collective Somnambulation
7- Involuntary Doppelgänger
8- Remote Tumour Seeker

Le changement de set a été plus rapide cette fois et on continue sur une bonne lancée avec Revocation, très attendu par le public du Petit Bain, désormais bondé d'un public impatient d'en découdre avec les maîtres de la soirée. Les musiciens arrivent sur scène sur une musique d'introduction qui instaure une ambiance de cérémonie quasi-religieuse. Avec ‘The Outer Ones', Revocation annonce immédiatement la couleur, se démarquant des trois groupes précédents par une musique encore plus complexe, subtile et intellectuelle sur laquelle le public ne peut pas se déchaîner aussi facilement ; mais tout le monde se laisse rapidement emporter par l'énergie du quatuor. A l'avant de la scène, le chanteur-guitariste David Davidson change de place, tantôt avec Dan Gargiulo, tantôt avec Brett Bamberger, à travers un jeu scénique bien lus actif que ce que Soreption et Archspire ont proposé. ‘Of Unworldly Origin' offre un prétexte parfait, s'il en fallait, pour que la fosse reparte dans un mosh pit. Le frontman annonce alors : « Paris, quoi de neuf ? Comment ça va ce soir ? C'est vraiment super d'être ici ce soir, vous êtes incroyables, merci ! Pour la prochaine chanson, j'aimerais accueillir un invité tout particulier, Mr. Jake Dieffenbach de Rivers Of Nihil ! La chanson s'intitule “Madness Opus” ! ». La fosse se transforme en zone de guerre alors qu'une ambiance étrange et menaçante s'installe. Le chanteur de Rivers Of Nihil joue joue son rôle à la perfection et motive la foule, demandant un circle pit qui lui est aussitôt accordé. Le public du premier rang sauve in extremis la guitare de David Davidson de la ranger d'un slammeur en le détournant sur le côté. Après avoir fait sa part, Jake Dieffenbach s'accorde un slam dans le public.

Puis Revocation reprend la main : « Merci beaucoup ! Paris, est-ce que vous sentez cette atmosphère spéciale dans la salle maintenant ? Je peux vous dire qu'il va y avoir un wall of death sur la prochaine chanson, vous le sentez aussi ? Alors la prochaine chanson est la plus rapide que nous ayons ! Maintenant, je veux voir le premier wall of death dans un circle pit, vous pouvez faire ça ? Et surtout n'oubliez pas d'aider vos amis s'ils tombent ! Voici “Communion” ! ». Vous vous en doutez, le public se fait une joie de s'exécuter et on peut se demande comment le Petit Bain se maintient à flots ce soir, avec des fans aussi déchaînés. Cela plaît visiblement énormément au chanteur qui déclare : « Paris, sans déconner c'est le meilleur pays où jouer ici, c'est juste fou ! Et on savait ça avant donc on a décidé de tourner la vidéo d'un de nos clips ici ce soir, vous êtes prêts ? C'est “Vanitas” ! ». Après un passage solo à la basse pour Brett Bamberger, les deux guitaristes se mettent face à face et se répondent par l'intermédiaire de leurs instruments. La suite ne se fait pas attendre : « Vous voulez entendre quelque chose de notre dernier album ? C'est la piste instrumentale de ‘Ex Nihilo' de l'album “The Outer Ones” ! », suivi de « Vous voulez entendre une chanson de “Deathless” ? Okay, cette chanson a été composée par Dan Gargiulo, ici à ma gauche, et il s'agit de ‘The Blackest Reaches' ! ». La fin se fait sentir mais la fosse ne se calme pas, au contraire les fans ne semblent qu'attendre une occasion de plus de lancer pogos et mosh pits, ce pour quoi ‘Existence Is Futile' est un morceau parfait. Puis le guitariste-chanteur reprend la parole : « Merci, nous avons encore du temps pour une chanson mais avant ça, faîtes du bruit pour Archspire, Soreption et Rivers Of Nihil ! (applaudissements prolongés) Je voulais juste vous dire que vous êtes le public que je préfère sur cette tournée, merci ! Puisque c'est un concert de Tech Death, on va vous jouer quelque chose de très technique, voici “Chaos Of Forms” ! ». Et c'est sur ces notes que s'achève la performance de Revocation à qui le public fait un triomphe.

Setlist de Revocation :
1- The Outer Ones
2- Of Unworldly Origin
3- Madness Opus
4- Blood Atonement
5- Communion
6- Vanitas
7- Ex Nihilo
8- The Blackest Reaches
9- Existence Is Futile
10- Chaos of Forms

Toutes les conditions étaient réunies pour faire de cette soirée un grand moment ! L'affiche était parfaite et un public connaisseur et passionné était au rendez-vous pour faire de ce concert un événement inoubliable tant pour eux que pour les groupes, plus que ravis de voir autant de ferveur dans la fosse ! Les styles et performances différentes de Rivers Of Nihil, Soreption, Archspire et Revocation se sont complétées à merveille pour emporter le Petit Bain dans la dimension chaotique et merveilleuse du Tech Death, un grand bravo aux artistes et aux organisateurs de cette date de folie !