«Un retour en 1999, la nostalgie à fond pour Slipknot!»
ALAIA Journaliste
Metal
25/06/2025
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Alors que la file d’attente avait l’air presque trop longue, j’ai à peine le temps de râler contre le soleil qui nous crame la nuque qu’on est déjà en train de passer la sécurité et de poser un pied dans l’enceinte de la LDLC Arena.
Le merch ne m’attire pas plus que ça cette fois (je suis difficile, faut dire), donc on opte pour la bière bien méritée, et on s’infiltre dans le pit pour se caler au plus près pour Motionless in White.
Assez rapidement, on remarque une séparation un peu étrange : une barrière entre fosse “normale” et fosse or. L’impression d’être en mode VIP sans l’avoir demandé. C’est un peu dommage, ça casse un peu la dynamique, mais bon, c’est que notre humble avis de fans du fond (presque).
Les lumières baissent, l’ambiance monte d’un cran, et Motionless in White déboule sur scène avec “Meltdown”, extrait de leur dernier album Scoring the End of the World. Et dès les premières secondes, c’est un déluge de lumière, de cris, et de maquillage noir — oui, les vrais fans sont là, reconnaissables entre mille, style gothique bien soigné, yeux charbonneux et tee-shirts déchirés.
Sur scène, c’est un feu d’artifice visuel : trois écrans massifs derrière eux diffusent tantôt des images stylisées, tantôt des plans live du show, le tout avec des effets glitch et Matrix-like qui ajoutent un vrai cachet à leur univers cyber-gothique.
Le groupe enchaîne avec “Sign of Life”, puis “Thoughts and Prayers”, sans ralentir une seconde. Musicalement, c’est carré, ça cogne, ça pulse, mais on sent que Chris Motionless, malgré une prestance toujours aussi intense, a un petit coup de mou vocalement. Rien de dramatique, mais ça s’entend un peu, surtout sur les passages plus mélodiques. Il faut dire que le groupe est en pleine tournée européenne et enchaîne les dates sans beaucoup de repos — pas étonnant que la voix fatigue.
Pour “Slaughterhouse”, Chris chauffe la salle et lance le désormais culte “ONE MUTILATION”, auquel la fosse répond dans un hurlement parfaitement synchronisé : “UNDER GOD!”.
Petit moment de frisson.
Je prends une minute pour admirer le taf visuel : les visuels sur les écrans, les costumes soignés (mention spéciale aux vestes militaires et au maquillage ultra précis), l’énergie sur scène... c’est vraiment un show pensé dans les moindres détails. On sent que le groupe a mûri depuis ses débuts en 2005, flirtant d’abord avec le metalcore emo puis évoluant vers un son plus industriel, teinté de NIN.
Le set s’achève sur “Disguise” puis “Scoring the End of the World”, sous un tonnerre d’applaudissements. Un show efficace, mais un poil en deçà de leur performance monstrueuse au Hellfest quelques jours plus tôt — peut-être que la chaleur ou la fatigue s’est un peu fait sentir sur cette date.
SETLIST MOTIONLESS IN WHITE:
Meltdown
Sign of Life
Thoughts & Prayers
Slaughterhouse
Disguise
Scoring the End of the World
On reste en fosse, déjà surexcités, en attendant Slipknot. Et là, comme une scène de festival digne de ce nom : des verres volent en rafale vers la droite, et une tour d’écocups se construit au milieu du pit, culminant à près de trois mètres avant de s’effondrer sous les cris de la foule.
Et parce qu’un concert ne serait pas complet sans un moment WTF : un gars entame un strip-tease intégral, encouragé par le public… et finit complètement nu. Là, j’avoue, c’est un peu le moment où on bascule de drôle à gênant.
Enfin, les lumières s’éteignent, et SLIPKNOT débarque.
Un frisson me parcourt dès les premières notes de “(sic)” — l’une de mes préférées, et quelle entrée en matière ! Le public explose, les pogos s’ouvrent, les corps valsent dans tous les sens. L’ambiance est électrique, ça crie, ça saute, ça headbang dans tous les coins.
Et malgré la barrière de la fosse or qui nous empêche d’être vraiment devant, la communion est totale.
Corey Taylor envoie quelques mots chaleureux à la foule, remercie Motionless in White pour leur première partie, et balance direct “People = Shit”, hurlé à pleins poumons par toute la salle.
La scénographie est fidèle au mythe : le logo de Slipknot en toile de fond, des bannières imposantes, et en haut sur sa plateforme, Eloy Casagrande, ex-Sepultura, qui remplace désormais Jay Weinberg à la batterie. Et franchement… quelle machine. Le mec envoie une puissance dingue tout en restant hyper précis, notamment sur “Tattered and Torn” où il nous livre une démonstration de groove et de technique.
Petit détail important : Clown (Shawn Crahan) n’était pas présent ce soir, pour des raisons personnelles. Mais ça n’a pas entamé l’énergie du show. Sid était bien là, fidèle à lui-même, bondissant de partout, jouant des synthés, des platines, et balançant des gestes exagérés qui font toujours leur petit effet.
Le clown acrobate (non identifié) complète l’équipe avec des cabrioles et des grimaces, façon chaos organisé.
La setlist enchaîne les époques : “Gematria (The Killing Name)”, “Wait and Bleed”, “Nero Forte”, “Yen”, “Psychosocial”… chaque morceau soulève la foule, et même les plus “récents” trouvent leur public. “The Heretic Anthem” et “The Devil in I” viennent nous rappeler pourquoi Slipknot reste l’un des groupes les plus puissants et respectés de la scène metal depuis plus de 25 ans.
Puis moment d’émotion : Corey s’arrête, visiblement touché, nous remercie encore une fois, et lance le célèbre “If you’re 555 then I’m—”
La foule : “666!!!”
Et c’est parti pour “The Heretic Anthem” dans un raz-de-marée sonore.
En rappel : “Spit It Out” avec son moment culte de jump collectif, “Surfacing” pour le chaos final… et là, cerise sur le gâteau : ils jouent “Scissors”. Oui. Cette chanson rarement jouée en live, glauque à souhait, avec ce bruit métallique de ciseaux au début. Je crois que j’ai pleuré. Littéralement.
Un final absolument incroyable.
SETLIST SLIPKNOT:
(sic)
People = Shit
Gematria (The Killing Name)
Wait and Bleed
Nero Forte
Yen
Psychosocial
Tattered & Torn (Sid Wilson remix)
The Heretic Anthem
The Devil in I
Unsainted
Duality
BIS :
Spit It Out
Surfacing
Scissors
Un immense merci à Live Nation et à la LDLC Arena pour cette soirée d’anthologie.
C'est le genre de concert qu'on n'est pas prêts à oublier.