From The Jam
15h/16h
Les premiers à fouler la scène furent les vétérans de From the Jam. Leurs riffs acérés ont immédiatement installé une ambiance électrique. Le public, déjà nombreux, s’est laissé happer par la précision rythmique de "In The City" et l’élégance mélodique de "Start". Lorsqu’ils ont entamé "Going Underground", une vague d’émotion a traversé l’assemblée. C’était comme si les fantômes du punk britannique des années 70 s’invitaient dans les jardins du château. La foule, compacte et fervente, reprenait les paroles en chœur, galvanisée par une formation qui semble ne rien avoir perdu de sa verve d’antan.

Découvrez toutes les photos de From The Jam ICI
Sweet
16h45/18h
Avec Sweet, le festival a basculé dans une dimension plus flamboyante. Dès les premières notes de "Action", on sentait que quelque chose de spécial allait se produire. Les costumes, les poses glam, les riffs saturés et les refrains taillés pour le stade ont transporté le public dans une époque où tout brillait, y compris les guitares. "Ballroom Blitz" a tout emporté sur son passage : bras levés, visages extatiques, la scène a pris des allures de discothèque glam-rock sous les étoiles. L’hymne final, explosif et coloré, a été accueilli par une standing ovation.

Découvrez toutes les photos de Sweet ICI
Stiff Littlle Fingers
18h45/20h
C’est dans un tout autre registre que les Stiff Little Fingers ont pris la scène. Plus bruts, plus rugueux, ils ont injecté une dose de réalité sociale au cœur de la fête. "Roots, Radicals, Rockers, Reggae" a fait trembler les amplis avec ses rythmiques syncopées, tandis que "Wasted Life" a cueilli le public à vif.
Jake Burns, visiblement ému, a partagé quelques mots sur les luttes politiques qui continuent de hanter ses chansons (et plus particulièrement de la gestion de Trump aux Etats Unis, mais aussi de la santé mentale :"Parlez en autour de vous, plutôt que de vous renfermer"). Et puis bien sûr, nous avons eu droit aux grands classiques et plus particulièrement les tonitruants "Suspect Device" et "Alternative Ulster".
A part quelques kilos en plus et plus de cheveux, Jake Burns est en pleine forme vocale et scénique. Un concert comme une claque, une piqûre de rappel que le punk n’est pas mort – il a simplement mûri.

Découvrez toutes les photos de Stiff Little Fingers ICI
The Stranglers
20h45/22h15
Puis ce fut au tour de The Stranglers d’investir la scène, dans une atmosphère plus sombre et introspective. Dès "Toiler on the Sea", on était plongé dans un univers plus tendu, plus cérébral. Les lumières se faisaient plus tamisées, la basse de JJ Burnel résonnait comme un grondement souterrain.
Pour autant, le groupe semble s'amuser et se faire plaisir à balayer l'impressionnante série de tubes de "(Get a) Grip (on Yourself)" à "Nice'n' Sleazy' en passant par "Peaches". "Golden Brown" est un moment suspendu, presque religieux, où chaque note semble gravée dans l’air. Mais ce calme apparent a rapidement laissé place à la fureur de "Hanging Around" et "No More Heroes", déclenchant des mouvements de foule.
L’élégance froide du groupe et la chaleur bouillonnante des souvenirs des années new wave mais surtout, un grand moment de musique et de communion avec le public. Incontestablement, le meilleur concert de cette journée.

Découvrez toutes les photos de The Stranglers ICI
Sex Pistols ft. Frank Carter
23h/00h15
L’apothéose devait pourtant bien avoir lieu plus tard dans la soirée, lorsque les légendaires Sex Pistols, accompagnés de Frank Carter, sont montés sur scène. Pour être transparent, au-delà de la somptueuse affiche du samedi, j'espérai revoir la monstrueuse prestation que les punk rockers britanniques avaient donné au Hellfest une semaine auparavant.
Seulement voilà ! Le public du Hellfest se prête plus à la bête de scène qu'est Frank Carter avec les circle pit et les wall of death. Même si ce dernier court, saute, hurle la comparaison avec le concert d'une semaine auparavant joue en sa défaveur. Et finalement, je trouve leur prestation assez plate et ce malgré le fait que la setlist soit identique à celle du Hellfest avec les grands classiques "Pretty Vacant", "God Save the Queen" et "Anarchy in the U.K." Clairement, il s'agit de mon avis et certainement pas celui du public qui avait l'air emballé et heureux de revoir ce groupe mythique.

Découvrez toutes les photos de Sex Pistols ft Frank Carter ICI
Il se fait tard, et je ne suis pas resté pour la prestation des The Molotovs qui devaient fouler la scène entre 00h15 et 01h15.
En final, j'ai adoré ce festival que je ne connaissais pas. Une ambiance au top, une organisation parfaite, un public enthousiaste et respectueux, des stands de merchandising et un food court bien diversifié. Bref ! Une journée qui aura su réunir le feu sacré d’hier et l’urgence d’aujourd’hui, dans un écrin hors du temps. Le château de Tilloloy, une fois encore, aura servi de décor à un véritable manifeste rock.