Report WHILE SHE SLEEPS / Rolo Tomassi / Landmvrks @ la Maroquinerie le 11/01/2018!
Peetoff
Journaliste

«While She Sleeps, une explosion d'énergie et de bonheur qui se révèle encore et toujours en live pour sublimer des albums déjà très riches.»

Créé 11/01/2018
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Report : Enora Nattfödd
Photos : Acta infernalis

Report WHILE SHE SLEEPS, Landmvrks et Rolo Tomassi @ La Maroquinerie le 11/01/2018

On ne peut pas dire qu'il y ait foule en ce jeudi soir alors que La Maroquinerie affiche complet pour le concert de While She Sleeps ; mais peut être est-ce parce que les deux groupes de première partie, Landmvrks et Rolo Tomassi, sont relativement peu connus. Les portes s'ouvrent et les quelques fans présents s'engouffrent dans la salle pour un concert qui promet d'être riche en énergie et en surprises !

Et c'est avec une excellente surprise que débute la soirée puisque le groupe français Landmvrks ouvre le bal, bien décidé à en découdre. Pour être tout à fait honnête, j'ai appris à en attendre pas mal de la part des jeunes groupes français de Metalcore depuis le concert d'Out Of My Eyes en première partie de Crystal Lake au Backstage en octobre dernier ; et Landmvrks ne va pas me décevoir. La setlist s'ouvre sur « Hollow », de leur album éponyme de 2016. Cette introduction musicale avec un début en douceur, laisse finalement transparaître une énergie folle qui sera la marque de fabrique du groupe tout au long du show. Leur chanteur s'investit autant vocalement (bien que j'ai quelques doutes sur sa technique de chant et donc quelques appréhensions sur l'état de ses cordes vocales après un concert, mais passons) que scéniquement, n'arrêtant pas de provoquer la fosse en soulignant sa passivité. La guitare et la basse trouvent réellement leur place sur « Wrong Generation » aux riffs agressifs. Quelques passages en voix claires permettent d'en voir un peu plus sur les capacités de vocalistes de leur jeune frontman. Le groupe se situe très clairement dans une vague très actuelle de Metalcore où voix screamée aiguë, gros breaks et batterie martelée sont de mise, malgré tout, c'est fait avec propreté et finesse donc on se laisse porter assez facilement, à l'image de la fosse qui se réveille doucement, entrant peu à peu dans l'univers de Landmvrks, adoptant ses rythmiques. L'esprit est plus léger avec « Outside And In », un titre moins sombre et pesant que le précédent, mais tout aussi puissant, rassurez-vous. Les amateurs de mosh pit ont eu leur compte avant même l'arrivée de While She Sleeps sur scène. Initialement chantée avec Mattéo Gelsomino de Novelists, « Winter » constitue la suite de notre programme. Entre douceur et brutalité, la chanson propose un bel équilibre tant musical qu'émotionnel dont le groupe parvient à conserver la force en live. Et on ne se plaindra jamais de les voir renoncer un peu à de la violence pure pour proposer quelque chose de plus apaisé et mélodieux avec la voix claire. « Empty Place » est l'occasion de revenir vers des compositions plus groove avec le rôle prédominant de la ligne rythmique, très bien portée par le duo basse-batterie. Headbanguer apparaît comme une évidence sur cette chanson qu'on vous recommande ! On continue avec « Meaningless » puis « Fantasy », qui bénéficie de choeurs, comme nombre de chansons du groupe d'ailleurs. Le set de Landmvrks s'achève sur « World Of Pain » et on se souviendra de l'énergie des musiciens en live tout comme de leurs compositions très entraînantes.

Setlist Landmvrks :
1- Hollow
2- Wrong Generation
3- Outside And In
4- Winter
5- Empty Place
6- Meaningless
7- Fantasy
8- World Of Pain

Autant l'univers et les references musicales de Landmvrks été facilement identifiables, autant Rolo Tomassi me pose un vrai problème donc je vais simplement vous dire qu'il s'agit de quelque chose de très expérimental qui peut se rapprocher du Mathcore. Je vais être franche, ça ne m'a pas du tout, du tout plu musicalement, et une assez grande partie du public semblait très septique. Je ne le répéterais jamais assez mais il ne s'agit que de sensibilité musicale personnelle alors je vous invite à aller écouter quelques titres pour vous faire votre propre idée ; en revanche, on ne pourra jamais enlever à ce groupe son investissement sur scène, absolument prodigieux en ce qui concerne leur chanteuse qui a d'ailleurs bien failli finir par terre, entraînée par ses mouvements de danse et ses sauts frénétiques. Le set débute avec « Rituals », un morceau plutôt mystérieux tiré de leur album « Time Will Die And Love Will Bury It », sorti en 2018. La rythmique est lente, la guitare aérienne, et la voix se déchaine de façon plutôt incompréhensible avec un scream qui oscille entre du Metalcore et du Black Metal, autant vous dire qu'on était perdu dès le début. Et ce n'est pas « Estranged » ni « Funereal », les titres suivants, qui vont nous aider à nous y retrouver. Je pense qu'une bonne partie du public était surpris de découvrir cet ovni en première partie de While She Sleeps, dommage que la surprise n'ait pas été bonne pour tout le monde. L'énergie déployée par la chanteuse du groupe est monumentale et éclipse totalement les autres musiciens, plutôt en retrait de toute façon. Si je devais décrire la musique de Rolo Tomassi, je ne parlerais pas de brutalité mais de chaos sonore déferlant. Si vous avez un faible pour les groupes originaux et presque tordus, précipitez-vous sur leurs albums, mais sinon, soyez prudents car le dépaysement est garanti. Nous sommes plusieurs à nous regarder, médusés et vaguement inquiets lorsque commence « Ex Luna Scientia ». Les changements rythmiques sont si fréquents que le headbang est rendu quasi-impossible, toute la fosse fixe donc la scène, attendant une accalmie, qui finalement ne viendra jamais. Le claviériste s'avance d'ailleurs ponctuellement pour accompagner la chanteuse au scream sur certains passages, ce que je peux comprendre lorsqu'elle est en voix claire mais j'admets ne pas en voir l'utilité lorsqu'ils screament tous les deux et que leurs voix se superposent, rendant l'audition de l'une comme de l'autre difficile. « Balacing The Dark », « I Love Turbulence » et « Party Wounds » ne changeront pas grand-chose à mon avis que vous avez déjà compris : incroyable énergie scénique mais aucune affinité musicale. Finalement, « Stage Knives » clôt cette prestation sous des applaudissements polis, amusés, impressionnés.

Setlist Rolo Tomassi :
1- Rituals
2- Estranged
3-Funereal
4- Ex Luna Scientia
5- Balancing The Dark
6- I Love Turbulence
7- Party Wounds
8- Stage Knives

Mais nous y voilà enfin ! Le groupe qui a motivé la présence de la grande majorité d'entre nous ce soir fait son entrée en scène pour nous interpréter la désormais célèbre « You Are We » ! Dès le début du set, While She Sleeps est fidèle à lui-même : les musiciens sont motivés et chauffent la salle en faisant le show et en nous offrant les mélodies entraînantes et agressives qu'on aime tant. Sans prendre le temps de souffler, ils enchaînent sur « Civil Isolation ». Après avoir été extrêmement déçue de leur performance lors du Hellfest, je suis ravie et rassurée de les voir à nouveau en pleine forme et fidèles à eux-mêmes, comme lors du concert où je les ai découvert, en première partie d'In Flames en octobre 2014. Le groupe nous ramène d'ailleurs vers cette époque avec « Seven Hills », de leur album de 2012. La fosse est littéralement chauffée à blanc et slam et mosh pit s'enchaînent à une vitesse effroyable. D'autant plus que les musiciens trouvent un malin plaisir à réclamer des circle pit et autres amusements en passant par l'obligatoire wall of death. Les choeurs de la chanson sont repris par le public, comme ce sera souvent le cas car, vous l'aurez compris, While She Sleeps est en terre conquise. « Brainwashed » n'est que la quatrième chanson mais La Maroquinerie s'est déjà transformée en fournaise, ce qui offre un excellent prétexte au chanteur du groupe pour faire tomber la chemise. On aurait presque l'impression d'assister à un best of live de leurs plus grands titres avec « Death Toll » ou « Empire Of Silence ». Les rythmiques sont efficaces, la basse lourde à souhait, les riffs de guitares plein d'énergie et la voix à son meilleur. Ajoutez-y un groupe souriant et actif sur scène et vous obtenez le combo gagnant, j'ai nommé : While She Sleeps ! Le groupe connaît les ressorts de la composition et proposent des titres violents mais jamais dénués de mélodicité, tantôt portée par la guitare, tantôt par la voix, en particulier grâce aux choeurs qui prennent une sacré ampleur quand la fosse se met à hurler. La cohésion et l'aisance des musiciens fait plaisir à voir lorsqu'ils enchaînent sur « Feel ». On revient à l'album « This Is The Six » avec le morceau du même nom juste avant « Steal The Sun », dont le clip sorti il y a quelques mois avait laissé entrevoir la puissance dévastatrice. While She Sleeps ne se contente pas d'assurer un bon show, ils communiquent leur plaisir évident à être sur scène, ils s'amusent et c'est peut être ce qui les rend aussi beaux à voir ! Le chanteur n'hésite pas à échanger avec la foule entre deux chansons, à serrer la main aux slammeurs et à gratifier l'ensemble du public d'immenses sourires, profitant même d'une ou deux accalmies pour sauter à son tour dans la fosse et se laisser porter. « Trophies » et « Crows » servent de prélude à une fin annoncée mais ô combien appréhendée. Le chanteur nous explique que Paris, qui est la première date de la tournée, a mis la barre très haut et que les autres salles vont avoir du mal à rivaliser. C'est toujours un plaisir pour le groupe de venir en France car ils savent qu'un accueil grandiose leur est réservé par les fans et il nous remercie, au nom des musiciens, pour ça. « Four Walls » est annoncé, les musiciens filment fièrement la fosse. Le show s'achèvera dans un brasier d'applaudissements, de hurlements et de slammeurs avec « Silence Speaks » puis « Hurricane », très attendu par le public parisien qui ne se prive pas de chanter les paroles.

Setlist While She Sleeps :
1- You Are We
2- Civil Isolation
3- Seven Hills
4- Brainwashed
5- Death Toll
6- Empire Of Silence
7- Feel
8- This Is The Six
9- Steal The Sun
10- Trophies
11- Crows
12- Four Walls
13- Silence Speaks
14- Hurricane

La soirée a tenu ses promesses en débutant avec une bonne découverte, Landmvrks, qu'on continuera à suivre d'un oeil attentif à l'avenir. Rolo Tomassi fait, à mon avis, parti des groupes qu'on peut garder longtemps en mémoire, mais malheureusement pas forcément pour leurs qualités musicales. L'énergie déployée par la chanteuse vaut quand même largement la peine d'y jeter un coup d'oeil pour les curieux. Et enfin, While She Sleeps, une explosion d'énergie et de bonheur qui se révèle encore et toujours en live pour sublimer des albums déjà très riches.


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18/06/2017