Report Quentin Sauvé + Brutus à La Maroquinerie (Paris) le 31/01/2023
«De la mélancholie et de l'amour de Quentin Sauvé jusqu'au feu belge de Brutus»
Ophélie Griffin Journaliste
Metal / Rock / Psyché
31/01/2023
1647 vues
QUENTIN SAUVE + BRUTUS - La Maroquinerie (Paris) le 31/01/2023
Live Report et Photos : Ophélie Griffin
Ce soir-là à La Maroquinerie, une belle affiche nous attend : le groupe belge de post-hardcore Brutus est de passage à Paris, après la sortie de leur magnifique album "Unison Life" en octobre 2022. A vrai dire, cet album est dans mon top 5 de 2022, et j'étais vraiment heureuse de voir enfin en live Brutus. Je n'étais pas la seule car la date a été très rapidement complète !
Bon, c'était jour de grève alors compliqué pour se déplacer jusqu'à La Maroquinerie mais inenvisageable pour moi de rater ce concert. Allez hop je prends ma voiture et je traverse tout Paris pour venir.
En première partie, on retrouve un très surprenant Quentin Sauvé, finalement assez loin de l'univers de Brutus. Lui-même avouera ne pas savoir pourquoi il est programmé en première partie. Ca sera sa deuxième collaboration avec Brutus sur ce tour Européen débuté la veille.
Quentin se présente "Je suis de Laval wesh" et commence par un morceau triste selon ses propres dires. Quentin, seul avec son clavier et sa guitare a su parfaitement remplir la salle par sa présence et ses compositions. Le public présent est conquis, il règne un silence presque religieux à chaque morceau.
La musique de Quentin Sauvé, c'est un mix de sons des 80s et des 90s (à l'instar de sa chemise tye and dye d'ailleurs). C'est un mix de la bande originale de Twin Peaks, tu sais le son étrange et atmosphérique, et de celle de Dawson, tu sais le son qui te donne envie de rouler les fenêtres ouvertes dans ta bagnole. C'est la musique qui décrit les drames de la vie quotidienne, qui remue, qui questionne, qui introspecte.
On sent Quentin très concentré entre et sur chaque morceau, voire stressé. Effectivement, il joue plein de nouvelles chansons, alors c'est un peu la pression. Il alterne avec des anciennes chansons, à l'instar d'Empty Glass "le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide".
De son répertoire, Quentin joue aussi une chanson plus optimiste, sur des rencontres en concert, même si "c'est la seule, profitez-en". Son dernier morceau finit comme des battements de coeur, encore, et encore, et encore. Le son qui te rappelle que même quand tu souffres, tu vis toujours.
Après la fin du concert, de nombreuses personnes sont venues à la rencontre de Quentin, ravies de cette belle découverte musicale et touchées par l'émotion transmise par la voix cristalline mais néanmoins résonnante de Quentin.
De l'amour quoi, avant le feu belge.
Les balances pour Brutus sont là pour nous ramener à la réalité et annoncent la couleur : ça va être sportif !
Après une petite introduction, c'est le morceau "Liar" qui ouvre le set du trio belge, constitué de Stefanie Mannaerts au chant et à la batterie, de Peter Mulders à la basse et de Stijn Vanhoegaerden à la guitare.La foule s'embrase instantanément. Malheureusement, de là où je suis placée, tout devant la scène à gauche, le chant de Stefanie est inaudible, écrasé par la basse et la batterie. Alors que "Liar" est le morceau que je préfère du dernier album, je n'en profite pas du tout à cause de ce problème de son. Sur ce morceau, Stefanie démontre toute sa palette et surtout sa puissance vocale, en guerrière anglo-saxonne, brute et violente, d'un temps ancien presque.
Nous faisons signe à Stijn pour signaler le souci, mais rien n'y fera tout le long du concert depuis mon emplacement.
Comble de malchance pour moi, après un léger mouvement de foule au début du concert, je renverse ma bière sur la scène, j'en resterai mortifiée toute la soirée...
Les morceaux s'enchaînent, c'est violent, c'est puissant, c'est lourd (malgré les bouchons d'oreille) et la part belle est faite aux nouveaux morceaux du groupe (8 titres joués sur les 10 qui composent "Unison Life"), comme "War", "Storm" ou le magnifique "What have we done".
La voix de Stefanie paraît parfois comme une incantation, tel que sur le morceau "Miles Away" : "Into the night / Everything finally seems right / Writers awake / I'm going to sleep for one more day". Je retrouve des similitudes vocales avec la regrettée Dolores O'Riordan.
La fusion entre les trois membres est totale. Il n'y a pas beaucoup d'échanges avec le public, à part un "my French is super bad but Je t'aime !" de Stefanie. La partie instrumentale de chaque morceau est superbe mais difficile de rentrer à 100% dans le concert avec ce problème de son sur la voix de la batteuse. Cette dernière tape avec rage sur son instrument, comme une souffrance, ou une délivrance ? On sent la concentration voire la douleur sur son visage.
Une heure de show et c'est déjà le dernier morceau, "Sugar Dragon", de l'album "Nest". Après un rapide salut au public, le groupe quitte la scène.
Je ressors de la salle extrêmement frustrée, j'attendais vraiment ce concert avec impatience mais j'espère rapidement pouvoir revoir le groupe dans de meilleures conditions, qui sauront sublimer la voix de Stefanie.
SETLIST :
Liar
Horde II
War
Victoria
Justice de Julia II
Miles Away
Brave
Storm
What Have We Done
Desert Rain
Space
Dust
Sugar Dragon