Report Oomph! au Trabendo le 16/11/2023
Ophélie Griffin
Journaliste

«Avec un set généreux et sympathique qui mêlait leurs classiques et leurs derniers morceaux, Oomph! et son nouveau chanteur ont mis le public dans leur poche !»

Créé 16/11/2023
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Live Report : Enora
Photos : Ophélie Griffin

Désormais formé du duo de guitaristes Andreas Crap et Robert Flux et de Daniel Schulz qui a remplacé le batteur et chanteur Dero, Oomph! (Industrial Metal, Allemagne) retrouvait son public parisien le 16 novembre au Trabendo en compagnie de Böse Fuchs (Digital Metal, Allemagne) dans un concert organisé par Garmonbozia, en accord avec Seaside Turing.

BÖSE FUCHS
Devant une salle relativement vide, les musiciens de Böse Fuchs montent sur scène et, plutôt que leur petit quart d’heure de retard, c’est leur balance qu’on va leur reprocher d’entrée de jeu puisque la batterie recouvrait absolument tout autre son émanant de la scène ; et croyez-nous, nous avons testé plusieurs endroits de la salle avant de faire ce constat alors que le groupe enchaînait ‘In Danger’, ‘Moneypulation’ et ‘Zorn’. Kate Khaiauri (chant) occupe l’espace en dansant alors que Valeria Ereth (clavier, guitare) et Max Nash (guitare) agitent la tête. Si le public applaudit entre les chansons, il est plutôt passif lorsque la musique retentit et comment l’en blâmer ? La guitare, le clavier et les samples sont à peine audibles derrière la batterie et la chanteuse n’a pas un timbre particulièrement intéressant. Il faut croire qu’une bonne partie des chanteuses de Metal, peu importe le sous-genre, se copient les unes les autres et visent une voix lisse qui permet de flirter avec le Hip-hop et d’imiter les techniques d’opéra du Sympho.

La disposition de la scène du Trabendo oblige Raja Meissner (batterie) à être relayée à l’entrée de la scène et donc à peine visible. La chanteuse prend alors la parole : « Bonjour Paris ! Thank you so much, we are Böse Fuchs and we’re super happy to be here with you tonight! We need your help for the next song so get your phone out and turn tour light on, it’s ‘Coma’! ». Et, au fil du set, la claviériste et le guitariste se relaieront à ses côtés pour échanger quelques mots avec le public. Cependant, alors que ‘Sinner’, ‘Deadringer’ et ‘Dark Ritual’ se succèdent, nous obtenons une idée de plus en plus précise du Digital Metal dont se revendique le groupe. Cela passe tantôt par des références Electro Pop des années 2000, tantôt par des mélodies entraînantes qui ne sont pas loin d’évoquer une foire à la saucisse… Et si une partie du public semble adhérer, sans grande ferveur toutefois, une autre partie attend patiemment la suite. Après une conclusion Reggaeton des plus incongrues, le groupe quitte la scène.

Setlist de Böse Fuchs :
1. In Danger
2. Moneypulation
3. Zorn
4. Coma
5. Sinner
6. Deadringer
7. Dark Ritual
8. We Got the Hypa
9. Pride


OOMPH!
Pendant le set de Böse Fuchs et la pause qui a suivi, un public plus nombreux est finalement arrivé, ce qui rend l’atmosphère plus conviviale. Après une longue introduction et un joli show lumineux, les musiciens live, Hagen (basse), Simon (batterie) et Lajos (clavier), se mettent en place, bientôt rejoint par CR4P (guitare), Flux (guitare) et Der Schulz (chant) vêtus de longs manteaux en fourrure et qui déclenchent une vague d’applaudissement. Un simple : « Salut Paris, are you ready? We are Oomph! » lance ‘Soll das Liebe sein?‘ qui nous stupéfait par l’équilibre parfait du son ! Chaque instrument est exactement au bon niveau par rapport aux autres pour nous permettre de tout entendre avec une bonne qualité sonore. Malgré une bonne maîtrise générale, la voix de Der Schulz révèle quelques faiblesses dues, comme il l’expliquera lui-même plus tard, à un petit coup de froid ; mais il compense plus que largement par son immense sourire et ses échanges avec le public. Avant ‘Träumst Du‘, il revient sur son histoire avec la salle : « Merci beaucoup, danke schön. It’s good to be back! One of my first shows was here, in Le Trabendo, as support for Oomph! ». Dans un registre très loin des spectaculaires shows de Rammstein, Oomph! nous propose une soirée Indus humble et généreuse dans une ambiance intimiste très agréable.

Après ces deux titres qui ont réveillé le public, le groupe annonce ‘Richter und Henker’, le morceau éponyme de son dernier album sorti le 8 septembre via Napalm Records. Au fil du set, nous découvrirons ainsi les nouvelles chansons ‘Richter und Henker, ‘Nichts wird mehr Gut’, ‘Nur ein Mensch‘, ‘Schrei nur Schrei’, ‘Soll das Liebe sein?’ et ‘Wem die Stunde schlägt’. Revenant aux classiques, Der Schulz profite de la rythmique d’ouverture de ‘Labyrinth’ pour lancer un « We will rock you » repris à pleins poumons par la fosse qui se met ensuite à pogoter. Alors que ‘Bis der Spiegel zerbricht‘, ‘Mein Herz‘, ou encore ‘Sandmann‘ s’enchaînent, le groupe nous propose un lightshow magnifique mêlant bleu, rose vif et jaune. Tout au long des titres, CR4P et Flux s’installent un peu plus haut que le public et l’invectivent bien que, dans cette catégorie, Der Schulz soit imbattable tant il s’applique à jouer avec son public, à le motiver, à lui parler allant même jusqu’à échanger quelques mots simples en allemand avec une fosse plus que ravie de voir les efforts déployés par Oomph! et de danser au rythme de leurs chansons !

Il faudra attendre ‘Jede Reise hat ein Ende’ mais il y aura bien un slammeur ce soir pour compléter la panoplie de headbang et pogo auquel on a eu droit jusque-là, sans oublier le public qui tape des mains en rythme dès que le groupe le demande. ‘Brennende Liebe’ offre donc une pause bienvenue puisque le groupe sort et laisse le chanteur sur scène. Celui-ci s’empare d’une guitare et annonce au public qu’il faudra être indulgent car il est un peu malade et sa voix n’est pas impeccable ce qui, comme on vous l’annonçait au début, se ressent un peu mais ne pèse pas sur la performance. Après l’efficace et entraînant ‘Gott ist ein Popstar’, le public hurle « One more! » suscitant les rires du groupe qui lui répond « Of course! ». Nous vous parlions du slam sur ‘Jede Reise hat ein Ende’ mais Der Schulz s’y est aussi essayé en sautant dans la fosse sur ‘Mitten ins Herz’ en lançant : « That was the best part of the trip! ». ‘Augen auf!’ marque la fin du set avant un rappel composé de ‘Alles aus Liebe’ et de ‘Niemand’. Les musiciens ne se sont pas économisés et le public leur fait un triomphe bien mérité qui récompense autant leur sympathie et leur énergie que leur musique.

Setlist de Oomph! :
1. Soll das Liebe sein?
2. Träumst Du
3. Richter und Henker
4. Labyrinth
5. Bis der Spiegel zerbricht
6. Mein Herz
7. Nur ein Mensch
8. Sandmann
9. Nichts wird mehr Gut
10. Gekreuzigt
11. Jede Reise hat ein Ende
12. Brennende Liebe (Der Schulz solo)
13. Wem die Stunde schlägt
14. Gott ist ein Popstar
15. Schrei nur Schrei
16. Der neue Gott
17. Das weisse Licht
18. Mitten ins Herz
19. Augen auf!

RAPPEL
20. Alles aus Liebe
21. Niemand


Si le set de Böse Fuchs a particulièrement divisé la salle en raison des goûts musicaux de chacun et de la mauvaise balance qui ne permettait pas d’entendre grand-chose, il faut reconnaître que le groupe a essayé de chauffer la salle avant qu’Oomph! prenne possession des lieux. Si certains pouvaient s’inquiéter du départ du chanteur historique et de son remplacement par Daniel Schulz, ils peuvent être rassurés tant le groupe donne l’impression d’avoir trouvé son équilibre en plus d’une voix en place et d’une personnalité solaire !