Report JUSTICE FOR THE DAMNED/OCEANO/AFTER THE BURIAL/THY ART IS MURDER @ Backstage BTM le 10/10/2017!
Peetoff
Journaliste

«Thy Art Is Murder a prouvé qu'ils ne sont pas excellents que sur album et que les créations musicales s'adaptent parfaitement sur scène et ne perdent rien de leur force.»

Créé 10/10/2017
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Report JUSTICE FOR THE DAMNED/OCEANO/AFTER THE BURIAL/THY ART IS MURDER @ Backstage BTM le 10/10/2017

Report : Enora Nattfödd
Phots : Matthieu Lelievre

Ce soir, la petite salle du Backstage BTM s'apprête à se remplir pour un show dans la plus pure tradition Metalcore/Djent/Deathcore avec une affiche très attendue : Justice For The Damned, Oceano, After The Burial et Thy Art Is Murder ! On ne soulignera pas le retard d'ouverture des portes et de début des concerts car aucun groupe n'a limité son temps sur scène alors commençons le récit de cette soirée !

C'est Justice For The Damned qui ouvre le bal. J'avoue ne jamais avoir entendu parler d'eux, ce qui semble relativement cohérent puisque le chanteur nous expliquera qu'il s'agit de la première « vraie » tournée du groupe en dehors de l'Australie dont ils sont originaires. Dès les premiers morceaux , « Dragged Through The Dirt » et « Deep Rotting », on comprend qu'ils soient de la partie car ils proposent une musique extrêmement lourde avec une voix screamée puissante. Je regrette personnellement qu'elle soit parfois fausse et désagréable lorsqu'elle est moins saturée. Cela n'arrivera que deux ou trois fois pendant le set, en particulier sur « Demon », mais parfois, le chanteur adopte une voix plus criée que screamée et j'avoue ne pas avoir réellement apprécié. L'ensemble du groupe se montre relativement statique au début du concert, à l'exception du chanteur et d'un des guitaristes, mais plus le show avance, plus les breaks se multiplient et plus tous les membres s'investissent scéniquement. Les compositions manquent parfois un peu de diversité et d'originalité mais rien ne démonte les musiciens. Malgré un horaire assez tôt et des lumières toujours allumées dans la salle parce que le public continue à entrer, Justice For The Damned assure un concert énergique. Le public semble très motivé et répond sans cesse au chanteur qui le harangue et présente le groupe. Sur « Bearing The Crown Of Lies », la fosse entière tape des mains en rythme devant l'implication du chanteur qui fait réellement plaisir à voir. Leur set s'achève sur « Lilac » et « Please Don't Leave Me » qui sont l'occasion de profiter d'une très large palette de screams.

Setlist de Justice For The Damned :
1- Dragged Through The Dirt
2- Deep Rotting
3- Demon
4- No Flowers On Your Grave
5- Bearing The Crown Of Lies
6- Lilac
7- Please Don't Leave Me

Changement de ton avec Oceano puisque le groupe a davantage d'influences Djent qui donnent une vraie originalité à la ligne rythmique. Le début est explosif après une courte introduction dans des tons plus électro avec "Dead Planet". Quelques problèmes d'équilibrage me gâchent le début du concert sur "Viral Re-Animation" par exemple puisque la voix screamée est presque inaudible derrière une batterie bien trop forte. J'ai un peu de mal à me faire un avis sur les deux premiers titres à cause de ce problème de mixage, qui fait disparaître l'ensemble des instruments derrière la batterie et la basse, mais une fois qu'il est résolu, je découvre un univers musical plus riche que celui du précédent groupe, avec "Slaughtered Like Swine" et "Path To Extinction". Les musiciens se contentent de headbanguer et ne semblent pas non plus réellement s'investir sur les premières chansons, mais le chanteur me bluffe totalement par l'énergie qu'il dépense à motiver la foule en hurlant et en s'agitant ! Il n'hésite pas à réclamer des mosh pits dès qu'une occasion se présente, et sa voix est toujours impeccable, malgré les efforts physiques qu'il fait. Oceano est un groupe plus intéressant musicalement et plus riche techniquement. Un nouveau circle pit est réclamé par le chanteur sur "Human Harvest", et la fosse s'y plie avec grand plaisir ! Le chanteur annonce une chanson plus ancienne, mais on trouve déjà la patte d'Oceano avec un travail sur les ruptures rythmiques. Cela faisait un moment que je n'avais pas vu un groupe autant chauffer une salle !

Setlist d'Oceano :
1- Dead Planet
2- Viral Re-Animation
3- District of Misery
4- Slaughtered Like Swine
5- Path to Extinction
6- Human Harvest
7- Dawn of Descent

Et on passe maintenant à After The Burial, très attendu par le public. La première chanson, "Lost In The Static", est tout en puissance et en violence avec une voix screamée monumentale ! Comme avec les deux premiers groupes, le show scénique se limite au chanteur et au bassiste, les autres membres étant, pour le moment, assez statiques. La fosse, déjà déchainée sur les deux précédents groupes, semble ici encore plus réceptive et encore débordante d'énergie, comme elle le prouve sur "Collapse" ou "Deluge". Je suis réellement impressionnée par la technicité quasi-virtuose sur les solos de guitares car cela prouve que la composition mélodique et les prouesses techniques ne sont pas l'apanage du Melodeath et autres genres plus élitistes. Le premier slammer de la soirée fait un passage triomphal dans les airs. Le chanteur du groupe communique régulièrement avec le public entre les chansons, que je trouve parfois trop plates et pas assez différentes les unes des autres, en tous cas dans l'atmosphère qui s'en dégage ; mais le show est très agréable et la musique du groupe ravit la fosse. Je trouve les compositions d'After The Burial moins percussive et entraînante que celle d'Oceano mais, encore une fois, le chanteur fait totalement son travail de frontman en réclamant un circle pit monumental (réalisé avec les moyens du bord, la salle n'étant pas immense) avant "Berzeker". Il n'arrête pas de demander si on ne se sent pas trop fatigué avant de réclamer des circles pits, comme s'il testait notre résistance, et je pense qu'il n'a pas été déçu ! On peut reprocher que Deathcore/Metalcore d'être trop commercial, mais c'est un public qui sait s'amuser et se lâcher dans une très bonne ambiance et sur une musique entraînante et puissante à souhait !

Setlist de After The Burial :
1- Lost in the Static
2- Collapse
3- Anti-Pattern
4- Deluge
5- Berzerker
6- Aspiration
7- A Wolf Amongst Ravens

Mais les rois de la soirée ne vont pas tarder à prendre possession de la scène. Pour une fois, l'enchaînement entre les groupes n'est pas trop rapide et les membres s'installent lentement sur scène dans une ambiance sombre et étrange. CJ McMahon se fait acclamer avant de les rejoindre, encapuchonné. Mais dès la première chanson, le problème inverse d'Oceano se pose : seule la voix est audible et cache totalement la ligne musicale (ce qui sera rapidement corrigé en régie). Le groue balance tout de suite du très lourd avec « Dear Desolation », suivie du monumental « Slaves Beyond Death » qui est l'occasion parfaite de profiter de breaks surpuissants et de solos démentiels ! Vous me trouvez bien plus emballée qu'avec les précédents groupes ? Mais c'est parce que l'atmosphère de la salle se transforme à l'arrivée de Thy Art Is Murder et de leur musique. L'ambiance est presque mystique par moment, ce qui est renforcé par le show scénique, encore une fois assez léger. La diction du chanteur est absolument inexistante mais on passe outre grâce à ses screams qui compensent, comme sur « Violent Reckoning ». Le rythmique est plus lourde et travaillée, ce qui incite tout naturellement au headbang. Le public reprend sans peine des parties au chant et les slammers s'enchaînent en profitant des accalmies entre deux mosh pits. CJ fait la démonstration de l'ensemble des screams qu'il maîtrise, pour notre plus grand bonheur. Il s'investit réellement et tente souvent d'échanger avec le public, faisant tantôt un hommage improvisé à la France, tantôt de chaleureux remerciements, mais surtout pour nous demander de nous déchainer toujours plus ! Sur « Coffin Dragger », il est rejoint par le chanteur de Justice For The Damned, avec qui il partage la scène. L'atmosphère se fait plus sombre sur les derniers titres de la setlist et sur « Holy War », CJ demande un circle pit et fait tomber le t-shirt avant de se jeter lui-même dans la fosse pour un slam ! « Light Bearer » est le dernier titre avant le rappel (oups, j'ai presque eu peur qu'ils ne la jouent pas) : « Reign Of Darkness » ! Le public chante et hurle, se donnant à fond jusqu'à la dernière seconde de ce concert tout en brutalité.

Setlist de Thy Art Is Murder :
1- Dear Desolation
2- Slaves Beyond Death
3- The Purest Srain Of Hate
4- Shadow Of Eternal Sin
5- Violent Reckoning
6- Emptiness
7- No Absolution
8- Coffin Dragger
9- Absolute Genocide
10- The Son Of Misery
11- Pupper Master
12- Holy War
13- Light Bearer
RAPPEL
14 – Reign Of Darkness

Cette soirée surpuissante s'achève dans un brasier d'acclamations ! Les quatre groupes ont totalement assuré en nous offrant un show intense sans aucune coupure. Les morceaux étaient violents, les groupes (enfin surtout les frontmen) investis et le public a passé un excellent moment en leur faisant honneur. Je crois que personne ne peut regretter d'être venu ce soir. Thy Art Is Murder a prouvé qu'ils ne sont pas excellents que sur album et que les créations musicales s'adaptent parfaitement sur scène et ne perdent rien de leur force.