Report Cult of Luna à l'Olympia (Paris) le 22/03/2023
Ophélie Griffin
Journaliste

«Devant un public ébahi, Cult of Luna nous offre une performance engagée, évocatrice, pleine de nuances et de sensibilité !»

Créé 22/03/2023
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Live report – SVALBARD / RUSSIAN CIRCLES / CULT OF LUNA @ L’Olympia
Live Report : Enora Nattfödd
Photos : Ophélie Griffin

En ce mercredi soir, l’Olympia a ouvert ses portes pour une soirée tout particulièrement dédiée aux amateurs de Rock/Metal atmosphérique. Organisé par Cartel Concerts, cet événement rassemblait Cult of Luna (Sludge Metal/Post Metal, Suède), Russian Circles (Post Metal, Etats-Unis) et Svalbard (Post Hardcore, Royaume-Uni) sur scène. D’abord peu nombreux, le public n’a pas tardé à envahir les lieux, bien décidé à se laisser porter par l’intensité des mélodies de ces groupes.

SVALBARD

Alors que le quatuor constituant Svalbard monte sur scène et se place sur une ligne face au public, la salle n’est même pas remplie au tiers. Malgré tout, les fans présents semblent déterminés à faire honneur au groupe que certains attendent visiblement de pied ferme. Le set débute avec ‘Throw Your Heart Away’ qui nous permet de découvrir le scream très Hardcore (on aime ou on n’aime pas) de la chanteuse et guitariste, Serena Cherry. Dès la fin du morceau, elle lance joyeusement : « Merci beaucoup ! Bonjour Paris, ça va ? » Son accent britannique résonne alors que le guitariste Liam Phelan plaisante : « Your French is outstanding ! » provoquant les rires du public. Voici ensuite ‘Disparity’ tiré du premier album du groupe, « One Day All This Will End » (2015).

De la chanteuse au batteur, tous les musiciens assurent un bel engagement physique et surtout une vraie cohésion sur scène. La leader reprend : « Are you excited for Russian Circles? And for Cult of Luna? (acclamations du public) It is such an honor to be touring with two of the most inspirational bands for us, thank you so much! » Svalbard poursuit méthodiquement avec ‘Open Wound’ puis ‘Click Bait’ aux premières mesures assez douces. Le public agite la tête et se montre réceptif mais il faut bien admettre que la mauvaise qualité du son gâche cette entrée en matière, onn' entend que la batterie de Mark Lilley et la basse de Matt Francis. Après de nouveaux remerciements, le groupe termine son set avec leur dernier single en date, ‘Eternal Spirits’.

Setlist de Svalbard :
1. Throw Your Heart Away
2. Disparity
3. Open Wound
4. Click Bait
5. Eternal Spirits

RUSSIAN CIRCLES

En prélude à l’arrivée de Russian Circles, l’Olympia, qui s’est bien rempli, est plongé dans le noir à l’exception de quelques touches de lumière violette. Une musique d’ambiance s’élève lentement puis les musiciens font leur entrée et nous plonge immédiatement dans ‘Ó Braonáin’. Le morceau est puissant et majestueux mais il faut souligner que le son est beaucoup plus « gras » que sur album ce qui lui confère un côté rugissant et plus lourd que ce à quoi les fans du groupe sont habitués, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose tant cela confirme que, même pour des groupes d’atmo, le live a son intérêt ! ‘Betrayal’, qui arrive ensuite, confirme que Russian Circles et leur ingénieur lumière ont préparé un superbe show lumineux qui évoque tantôt un bombardement aérien et tantôt les tentacules de quelques créatures lovecraftiennes.

La performance se déroule devant nous avec une grande spontanéité de la part des musiciens qui sont totalement absorbés dans leur œuvre. Dave Turncrantz est impressionnant d’intensité derrière sa batterie, même sans jouer Brian Cook s’abandonne au rythme lancinant des morceaux, et Mike Sullivan est sur tous les fronts. Le public ne peut que voir et récompenser cet engagement à coup d’applaudissements bruyants. Bien que toujours entêtant et hypnotique, ‘Conduit’ propose beaucoup de nuances, alors que ‘Afrika’ est l’occasion de se laisser prendre au jeu des mandalas de lumière qui se dessinent à l’arrière de la scène. Russian Circles confirme que la sobriété est tout aussi évocatrice de spiritualité que le déchainement, si ce n’est plus, avec ‘Quartered’, ‘Gnosis’, ‘Deficit’ ou encore ‘Mlàdek’. D’un bout à l’autre de leur performance, les musiciens du groupe n’auront pas décroché un mot et ils se contentent de remerciements rapides à la fin devant un public totalement convaincu.

Setlist de Russian Circles :
1. Ó Braonáin
2. Betrayal
3. Conduit
4. Afrika
5. Quartered
6. Gnosis
7. Deficit
8. Mlàdek

CULT OF LUNA

Après une pause d’une quarantaine de minutes, de la fumée commence à envahir la scène et des draps argentés sont agités comme des vagues derrière la scène, instaurant une atmosphère éthérée et fantomatique dans la salle. La rythmique tribale de ‘Cold Burn’ résonne, accompagnée de lumières rouges violentes. Le scream rauque de Johannes Persson emplit l’Olympia sur ‘Nightwalkers’. Même sans saisir la totalité des subtilités musicales que permet la présence de deux batteurs, Thomas Hedlund et Magnus Líndberg, le rendu scénique est très réussi ! ‘The Silver Arc’, ‘I : The Weapon’ et ‘Echoes’ s’enchaînent devant un public transporté et qui ne se prive pas pour se faire entendre.

Il faut être honnête, il est très compliqué de raconter un concert comme celui de Cult of Luna (ou même de Russian Circles d’ailleurs). La force et la beauté de ces performances tiennent surtout à l’atmosphère qui se dégage de leur musique qui, si elle perd parfois en qualité sonore, gagne en profondeur émotionnelle lorsqu’elle est restituée en live. L’attitude des fans ce soir témoigne bien de cette intensité puisqu’une très grande partie de la fosse agite la tête, se balance d’avant en arrière et est complètement emportée par l’univers de Cult of Luna. D’ailleurs, il faut souligner que le concert de certains fans a été gâché par l’attitude de quelques personnes dans le public qui n’ont pas arrêté de discuter et de rire pendant la totalité du spectacle. Oui, les concerts ne sont pas comme des salles de cinéma dans lesquelles il faut respecter un silence absolu, mais non, il ne s’agit pas non plus d’une brasserie où raconter sa vie à pleine voix.

Ceci étant dit, le concert permet de découvrir les morceaux les plus iconiques des différents albums du groupe comme « A Dawn to Fear » (2019) avec ‘The Silent Man’, « The Long Road North » (2022) avec ‘Beyond I’, ou encore « The Beyond » (2003) avec ‘Genesis’. A propos de ‘Beyond I’, profitons-en pour noter la superbe performance vocale du guitariste Fredrik Kihlberg qui a interprété une ligne de chant normalement féminine. Au cours de ces morceaux, le frontman rencontre quelques problèmes avec son pied de micro qui s’écroule inexorablement. Il ne se démonte pas, les orchestrations continuent de résonner avec force et les musiciens sont entièrement dédiés à leurs chansons. Sur ‘Blood Upon Stone’, le chanteur guitariste descend de scène et monte sur la barrière pour être au plus près de son public qui l’acclame et l’applaudit longuement. Les membres de Cult of Luna sortent de scène puis reviennent peu après en glissant un petit : « Paris, you know we never do encores… », mais l’Olympia va y avoir droit avec ‘In Awe Of’.

Setlist de Cult of Luna :
1. Cold Burn
2. Nightwalkers
3. The Silver Arc
4. I: The Weapon
5. Echoes
6. The Silent Man
7. Beyond I
8. Genesis
9. Blood Upon Stone
RAPPEL
10. In Awe Of


Si Svalbard a débuté la soirée sous le signe du Post Hardcore, Russian Circles et Cult of Luna n’ont pas tardé à la ramener vers le Post Metal et le Sludge, toujours en créant des ambiances incroyablement évocatrices accompagnées d’un lightshow de très bonne qualité. Les fans n’ont pas été déçus et celles et ceux qui ont choisi de venir découvrir ces trois groupes plutôt que Dark Funeral et Cannibal Corpse qui jouaient ce soir aussi à l’Elysée Montmartre ont été convaincus par ces trois performances maîtrisées.



Festival
Hellfest 2019
Cult of Luna
22/06/2019