Report CANE HILL @ Petit Bain le 09/12/2018
Enora
Journaliste

«Elijah Witt, frontman de Cane Hill, bondit sur scène et harangue le public dès les premières secondes de ‘Sunday School' qui ouvre le set du groupe dans une ambiance groove typique de la formation américaine. »

Créé 21/12/2018
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L'hiver est généralement une saison très propice aux concerts de qualité et aux affiches prometteuses, et le show de ce soir a de quoi satisfaire tout le monde puisque le Petit Bain accueille Bury Tomorrow, accompagné de 36Crazyfists, Cane Hill et Crystal Lake. Ce combo de Metalcore s'apprête à déferler sur la capitale et on ne va pas se priver d'en profiter !

Crystal Lake a l'honneur d'ouvrir le concert, et une bonne partie du public semble prête à en découdre sur le set des Japonais. Alors que les lumières sont encore allumées, Gaku Taura fait son entrée sur scène et le show démarre avec un solo de batterie explosif qui donne le ton. Il hurle ensuite : « Come on Paris, let's go ! » avant d'être rejoint par ses camarades dans une atmosphère solennelle. Avant que les premières notes de ‘Matrix' ne résonnent, les musiciens commencent déjà à haranguer la foule ! Yudai Miyamoto et Shinya Hori, les deux guitaristes, n'hésitent pas à aller au contact du public avec de grands sourires. La fosse est occupée par des fans du groupe qui réagissent au quart de tour à chaque indication du chanteur et ne se font pas prier pour montrer leur bonheur de retrouver le groupe sur une scène parisienne. Le frontman, Ryo Kinoshita, ne laisse aucune seconde de répit au public du Petit Bain, demandant circle pit sur circle pit sur le titre ‘Six Feet Under' introduit en ces termes : « Je veux voir cette salle tourner ! Circle pit ! Circle pit ! C'est “Six Feet Under”! ». Après un slam dans la fosse, il remonte sur scène et enchaîne avec ‘Machina'.

Il s'adresse ensuite une nouvelle fois aux fans présents : « Alors, comment ça va Paris ? Nous sommes Crystal Lake et nous venons de Tokyo ! Vous êtes prêts ? (hurlements dans la salle et sourire du chanteur) Non, je vois bien que vous ne l'êtes pas… Est-ce que vous êtes chauds p***** ? (hurlements plus engagés) Parfait, maintenant levez vos mains en l'air, levez-vous et priez, voici “The Circle” ! ». La chanson met la salle en transe et plusieurs fans partent en slam alors que Ryo tend le micro au premier rang, l'invitant à chanter et screamer avec lui. Être à l'arrière n'empêche en aucun cas le batteur d'envahir la pièce de sa présence et de sa maîtrise technique alors que le chanteur fait mine de tenir la foule en joue puis l'invite à crier en rythme avec lui. Il reprend : « Merci beaucoup, vous êtes vraiment incroyables ! Est-ce que vous vous amusez ? Génial ! Merci encore de nous accueillir dans votre merveilleuse ville. Certains le savent sans doute mais nous avons un nouvel album qui arrive, et la chanson qui vient en est tirée. Si vous connaissez les paroles, chantez avec moi ! ». Le guitariste de Cane Hill monte alors sur scène pour accompagner Ryo sur une partie du refrain de ‘Apollo'. La salle s'est bien remplie alors que la conclusion arrive : « Hey Paris, nous avons encore une chanson pour ce soir alors je veux vous voir foutre le b***** ! Montrez-moi de quoi vous êtes capable ! Cette chanson s'intitule “Prometheus” ! ». Cette dernière demande a bien été entendue puisque des fans montent sur scène et se jettent dans la fosse. Le chanteur de Cane Hill rejoint à son tour le frontman de Crystal Lake sur scène pour cette chanson puis le set prend fin sur ces mots : « Nous reviendrons cet été, merci beaucoup. ». Les musiciens prennent le temps de saluer le public puis quitte la salle.

Setlist de Crystal Lake :
1- Matrix
2- Six Feet Under
3- Machina
4- The Circle
5- Apollo
6- Prometheus

Elijah Witt, frontman de Cane Hill, bondit sur scène et harangue le public dès les premières secondes de ‘Sunday School' qui ouvre le set du groupe dans une ambiance groove typique de la formation américaine. Il ne faut que quelques secondes au public pour comprendre que Cane Hill va nous proposer des compositions plus nuancées et originales que celles de Crystal Lake, qui étaient toutefois extrêmement efficaces. Le guitariste Elijah James Barnett est survolté et tournoie sur scène alors que le chanteur invite le public à faire du bruit avant de prendre la parole : « Qu'est-ce qui se passe ici p***** ? Alors nous avons regardé le set de Crystal Lake et nous savons de quoi vous êtes capables, nous savons que vous pouvez vous déchainer ! Paris, est-ce que vous allez nous donner la même énergie ? Ah attendez, on a un petit souci pour le moment (le bassiste demande en effet de l'aide aux techniciens pour régler sa pédale de basse) alors vous allez devoir garder cette p***** d'énergie pour quelques minutes ! ». Après ce petit moment qui fait sourire les fans, le groupe lance ‘Lords Of Flies'. Elijah Witt prend la parole, visiblement très heureux d'échanger avec son public : « Vous voulez de la vraie musique ? Quelque chose de puissant ? Alors ouvrez cette fosse ! ». Le Petit Bain ne se fait pas prier et enchaîne les wall of death et circle pit.

Le guitariste et le chanteur du groupe forment un super duo et incarnent l'esprit de chaque morceau avec un jeu de scène de haute volée. Après ‘10¢’, ce dernier déclare : « C'est le meilleur concert qu'on a eu à Paris jusqu'ici alors je pense que vous vous éclatez autant que nous, n'est-ce pas ? ». Alors que la mélodie de ‘Hateful' s'élève, le chanteur de Crystal Lake se joint à Cane Hill sous les acclamations des fans. Avant de se lancer dans ‘It Follows', le frontman nous interroge : « Combien de personnes ici n'ont jamais entendu parler de Cane Hill ? Ne soyez pas timides, levez la main ! On va remédier à tout ça ! ». Alors que la fin du set approche, le public semble s'endormir un peu alors le groupe demande un circle pit en vain sur ‘Fountains Of Youth', une chanson qui n'entraîne décidément pas le public dans une danse endiablée. Finalement la foule se réveille quand le chanteur fait semblant de charger une arme et de tirer sur le public. Le show s'achève sur ‘Too Far Gone', ainsi introduite : « Faîtes du bruit pour Crystal Lake, mais aussi pour nos amis de 36Crazyfists ! Et maintenant, je veux que vous explosiez tout pour la raison de votre présence ici ce soir : Bury Tomorrow ! C'est notre dernière chanson alors donnez tout ce que vous avez ! ».

Setlist de Cane Hill :
1- Sunday School
2- Lord of Flies
3- 10¢
4- Hateful
5- It Follows
6- Fountain of Youth
7- Too Far Gone

36Crazyfists débute son concert de manière sobre avec une introduction à la guitare acoustique. Puis l'impressionnant Brock Lindow débarque sur scène et lance un : « Nous sommes 36Crazyfists et nous venons d'Alaska, vous êtes prêts ? » retentissant avant que ‘Death Eater' ne démarre. Le frontman est possédé et survolté alors que les autres musiciens restent discrets et adoptent un jeu de scène plus classique que les deux groupes précédents. Suivant ses prédécesseurs, le frontman motive la fosse : « Merci ! Comment vous allez ce soir ? Quel dimanche explosif ! Allez, faîtes du bruit ! C'est parti ! ». Brock Lindow se montre fidèle à sa réputation est s'investit réellement dans sa prestation mais le public semble de moins en moins énergique depuis le show dévastateur de Crystal Lake. On peut également observer un changement dans la composition du public, un peu plus âgé et apparemment plus en quête d'originalité que de brutalité musicale pure. Les morceaux s'enchaînent et le groupe réclame un circle pit : « Je veux que ce p***** de bateau se mette à tourner, personne ne reste immobile ! ».

Le groupe est acclamé avec force et ne tarde pas à nous remercier : « Vous êtes vraiment venus pour tout déchirer ce soir, merci ! Et on est dans un p***** de bateau, c'est démentiel ! Faîtes du bruit pour le bateau ! ». Après des hurlements et applaudissements du public, il reprend : « C'est la deuxième fois qu'on joue en France cette année, alors encore un grand merci ! Vous allez bien ? Vous profitez ? Cool, cette chanson est tirée de notre dernier album, il s'agit de “Old Gold” ! », et le moins qu'on puisse dire c'est que le titre séduit les fans rassemblés ici ce soir. La lourdeur du duo basse-batterie, composé de Mick Whitney et Kyle Baltus, est incontestable mais l'aspect purement technique du chanteur pose un peu question tant il fait des pieds et des mains pour obtenir ses notes/effets de voix. Peu à peu, le public entre totalement dans le show et réagit de plus en plus aux appels du chanteur qui nous demande alors : « Faîtes du bruit pour nos frères de Crystal Lake et Cane Hill ! Après le concert, nous serons au merch parce que c'est vraiment important pour nous de vous rencontrer et de pouvoir discuter avec vous les yeux dans les yeux. Merci encore d'être venus ce soir ! ». A l'arrière, le batteur lance ses baguettes en l'air avant que ‘Slit Wrist Theory', dernière chanson de ce set, soit annoncée. La prestation du groupe était beaucoup plus sobre que les exubérants Crystal Lake et Cane Hill qui auraient mérité une scène bien plus grande pour se défouler et, à part le bassiste qui tape dans les mains de tous les fans du premier rang, les musiciens ne s'attardent pas.

Setlist de 36Crazyfists :
1- Death Eater
2- At the End of August
3- Wars to Walk Away From
4- I'll Go Until My Heart Stops
5- We Gave it Hell
6- The Heart and the Shape
7- Old Gold
8- Sorrow Sings
9- Time and Trauma
10- Sleepsick
11- Slit Wrist Theory

Le set de Bury Tomorrow débute à 21h45 alors que le public commence à s'impatienter en soupirant en coeur dès qu'une nouvelle chanson est diffusée après le changement de set. Malgré ça, les fans font clairement sentir leur soutien aux musiciens lorsqu'ils montent sur scène avec une vague d'acclamations. Les premières notes au chant de Jason Cameron ne sont pas parfaites, espérons qu'il ne se soit simplement pas échauffé et que tout cela s'améliore au fur et à mesure du concert. Daniel Winter-Bates, le screameur, et son frère Davyd, le bassiste, débordent d'énergie et se relaient sà l'avant de la scène. Finalement, le groupe proposant le Metalcore le plus classique, accessible et consensuel va clôturer cette soirée, entraînant tout le public grâce à leur musique et leur énergie. Après ‘No Less Violent', Bury Tomorrow enchaîne sur ‘Earthbound' et continue dans une lancée explosive. Le second guitariste, Kristan Dawson, reste assez discret alors que le chant clair de Jason Cameron se fait de plus en plus juste. Le frontman prend alors la parole : « Bonjour Paris, comment ça va aujourd'hui ? (hurlements de la fosse) Bon, maintenant je suis sûre que tout le monde au milieu de la fosse m'entend, mais est-ce que c'est aussi le cas à l'arrière ? (légers hurlements provenant du fond du Petit Bain) Bon, okay, c'est tranquille, on va dire que c'est parce que c'est dimanche soir (nouveaux hurlements plus forts). Mieux ! Et à droite et à gauche ? Parfait. Je veux que chaque personne ici se mette à bouger, peu importe quel groupe vous êtes venus voir ! ».

Après ‘Royal Blood', Daniel Winter-Bates déclare : Je ressens tellement d'amour ce soir, et Paris est la ville de l'amour ! Ce que je veux c'est que vous regardiez la personne à votre droite et la personne à votre gauche et que vous les encouragiez ! Parce que nous sommes tous amis et les amis se soutiennent ! » ; sur ces mots, ‘An Honourable Reign' débute. Le public se met à sauter jusqu'à faire trembler le Petit Bain : mission réussie pour le frontman. La suite du programme est présentée par le screameur qui tient visiblement à communiquer avec le public au maximum : « Paris, vous vous amusez ? Je veux vous accueillir sur le Black Flame Tour ! On ne vient pas souvent en France et c'est vraiment dommage parce que vous nous montrez tellement de respect, peu importe que vous soyez là pour nous voir ou pour voir un autre groupe. La dernière fois, on avait joué devant 140 personnes alors c'est merveilleux de vous voir ce soir ! Continuez à partager notre musique ! La prochaine chanson s'intitule “More Than Mortal” ! ». Le mot d'ordre du show est le sourire, et le frontman ne renonce jamais au sien, couvant la foule d'un regard bienveillant et chaleureux.

Finalement un premier circle pit démarre à la demande du bassiste et la communion se poursuit, pour le plus grand bonheur du groupe : « P*****, vous vous amusez ? (la fosse hurle) Je sais les gars, je demandais aux autres au fond ; non je rigole. Mais je vois pas mal de mouvement ici au milieu, et il y a eu quelques slams aussi, mais ce que je ne vois pas, c'est ce bateau sauter de haut en bas ! Alors tout le monde se met à sauter, et je n'accepterai aucune excuse ! Vous pouvez faire ça pour moi ? Cette chanson est “The Age” ! ». Le screameur demande des bouteilles d'eau à son assistant pour les distribuer au public avant de demander qui avait déjà vu le groupe sur scène auparavant. Il annonce ensuite ‘Cemetery' puis se lance dans une véritable tirade : « Franchement, tout ça est incroyable, merci beaucoup. Nous avons déjà joué à Paris plusieurs fois et ça chaque fois, pendant les interviews ou quand on rencontre des gens, on nous dit que le Metalcore est considéré comme de la m**** en France ; mais je ne peux pas croire ça quand je vous vois ! Je me fous de savoir que ce show n'est pas sold-out, tout ce qui compte c'est qu'on vous rende heureux avec ce qu'on fait sur scène, alors je vais vous demander de nous en donner un peu plus en passant votre bras autour de la personne qui est à côté de vous. Vous avez tous quelqu'un ? Super, parce que ce soir on est tous une grande famille ! Cette chanson est “Last Light” ! ». Le Petit Bain ne cessera alors plus de trembler sous les assauts répétés du public, motivé par des titres entraînants.

Setlist de Bury Tomorrow :
1- No Less Violent
2- Earthbound
3- Royal Blood
4- An Honourable Reign
5- More Than Mortal
6- Knife of Gold
7- The Age
8- Cemetery
9- Last Light
10- Overcast
11- Man on Fire
RAPPEL
12- My Revenge
13- Black Flame

La soirée a tenu ses promesses et offert un grand moment aux fans de Metalcore abrasif avec Crystal Lake, mais aussi aux amateurs de groupes plus nuancés et délicats avec Cane Hill et 36Crazyists et leur groove irrésistible, et enfin les musiciens de Bury Tomorrow, très souriants et musicalement classiques mais efficaces, ont terminé le concert en beauté !



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