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Report BABYMETAL et WARGASM à l'Olympia le 6 décembre 2023

« Chacun dans leur genre, WARGASM et BABYMETAL ont offert un concert très professionnel et efficace au public rassemblé à l’Olympia ! »
Enora
Journaliste
J-Pop/Metal
06/12/2023
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Le rendez-vous était donné à 18h30 pour l’ouverture des portes de l’Olympia ce mercredi soir alors même que le premier groupe, Wargasm (Grande-Bretagne, Electronic Rock/Nu Metal), est annoncé pour 20h et la tête d’affiche, Babymetal (Japon, J-Pop/Metal), à 21h10. Ce concert, organisé par Veryshow, s’inscrit dans le cadre d’une tournée européenne qui a débuté le 14 novembre à Oslo et s’achèvera le 11 décembre à Madrid.

WARGASM

A l’origine, Wargasm est un duo composé de Milkie Way (chant, basse) et de Sam Matlock (chant, guitare) mais ils sont accompagnés en live par Edison Hunter (guitare), Adam Breeze (batterie) et Adam Crilly (DJ, claviers). C’est devant une salle pleine à craquer que le groupe ouvre les hostilités avec ‘Venom’ ! Ils déploient aussitôt une énergie phénoménale qui s’accompagne d’un costume à paillettes et d’une perruque rose fluo pour Edison Hunter ! Bien que l’Olympia semble majoritairement rempli de fans de Babymetal, ils entrent rapidement dans le jeu de Wargasm et n’hésitent pas à taper des mains en rythme et acclamer le groupe qui aligne méthodiquement ‘Rage All Over’, ‘Minigun’, ‘Fukstar’ et ‘Modern Love’. Leur backdrop est simplement orné du nom du groupe dans un style street art et de la phrase : « Angry songs for sad people » ; mais rassurez-vous, personne n’est triste devant un tel spectacle !

Juste avant ‘Bang Ya Head’, Sam Matlock annonce un morceau dans la veine de Limp Bizkit ce qui est finalement une bonne définition des compositions de Wargasm qui joue presque exactement la même musique que celle qui florissait sur la scène Rock/Punk/Metal des années 1990. Alors qu’ils poursuivent avec ‘Feral’, on peut se demander pourquoi un groupe qui apporte si peu de renouveau à la musique rencontre un tel succès ; et en même temps, si cela suffit à rendre le public heureux… Dans un cri, Milkie Way lance : « You only need to know four words for the next song: Drink! F**k! Fight! Love! This is called ‘D.R.I.L.D.O’! ». Qu’on adhère ou pas à leur musique, il est indéniable que Wargasm est très efficace pour chauffer une salle grâce à son déferlement d’énergie brute et de mélodies old school entraînantes. Après avoir réclamé un wall of death pour ‘Do It So Good’, le chanteur lance un simple : « Paris, it’s been an absolute pleasure to be with you tonight. Genuinely! » après les dernières notes de ‘Spit’.

Setlist de Wargasm :
1. Venom
2. Rage All Over
3. Minigun
4. Fukstar
5. Modern Love
6. Bang Ya Head
7. Feral
8. D.R.I.L.D.O
9. Do It So Good
10. Spit

BABYMETAL

Après ce succès largement mérité en raison de l’investissement des membres de Wargasm, il est temps de passer au show millimétré de Babymetal, auquel j’ai avant tout assisté par pure curiosité. L’introduction peut rappeler certains groupes de Power Metal puisque le backdrop est composé de panneaux LED sur lesquels s’affichent une mise en contexte selon laquelle, dans une lointaine galaxie du Metal, l’esprit du dieu renard se serait réincarné dans trois enveloppes corporelles, les Babymetal. Toute cette petite histoire nous mène à une conclusion : Bienvenue dans le ‘Metalverse’ que nous découvrons avec le morceau ‘BABYMETAL DEATH’ qui révèle une balance sonore catastrophique dans laquelle seule la batterie, et en particulier les grosses caisses, est audible, écrasant absolument tout le reste à l’exception de la guitare qui parvient parfois jusqu’au public. Sur ‘Gimme Chocolate!!’, la voix de Su-Metal (Suzuka Nakamoto) est enfin là alors que ses camarades, Moa-Metal (Moa Kikuchi) et Momo-Metal (Momoko Okazaki) réalisent impeccablement leur chorégraphie à ses côtés.

Peut-être davantage que les deux premiers titres, ‘PA PA YA!!’ révèle l’engagement total des fans du groupe ; irons-nous jusqu’à parler de fanatisme ? Ils connaissent toutes les paroles, tapent des mains sur des rythmiques implacables, savent exactement quand ils doivent intervenir, sautent tous en l’air de manière synchronisée et, pour certains, brandissent des bâtons lumineux qu’on voit traditionnellement dans des spectacles d’idoles japonaises. Soyons honnêtes, c’est un peu étrange comme ambiance si on est hors de cette fanbase… Avec ‘Distortion’, les samples s’ajoutent aux éléments audibles avec la batterie (qui reste trop forte) et le chant de Su-Metal. En dehors d’un « Paris, ça va ? » et d’un « Everybody jump ! » glissés dans les chansons, il n’y a absolument aucune communication, ce dont on pouvait se douter avec un concert aussi encadré et qui fait tenir douze morceaux en 1h05 exactement. Les sourires des trois jeunes filles paraissent faux tant ils sont exagérés et perdent tout sens à force d’être plaqués sur leurs visages en permanence mais c’est peut-être ça que le public vient chercher : une illusion, du bonheur empaqueté et vendu à la chaîne.

Babymetal continue de dérouler sa setlist avec ‘BxMxC’, ‘Believing’, ‘Brand New Day’ et ‘Monochrome’. Si les musiciens anonymes du Kami Band sont absolument excellents et occupent énergiquement l’arrière de la scène, le reste est plutôt vide malgré les danses bondissantes de Moa-Metal et de Momo-Metal. Sans les panneaux LED qui projettent tantôt le logo du groupe, tantôt des extraits vidéo, l’ensemble serait plutôt terne avec un immense espace scénique laissé vide. Je vous parlais de la technicité et du professionnalisme des musiciens, il est justement mis en avant avec ‘METALI!!’ avant une conclusion en trois actes : ‘Megitsune’, ‘Headbangeeeeerrrrr!!!!!’ et ‘Road of Resistance’. Tout ce show était savamment orchestré et rigoureusement encadré, ne laissant aucune place à la spontanéité. Celles et ceux qui en attendent autre chose que trois filles en tenue holographique qui dansent peuvent passer leur route car Babymetal risque de ne jamais rien leur proposer d’autre.

Setlist de Babymetal :
1. BABYMETAL DEATH
2. Gimme Chocolate!!
3. PA PA YA!!
4. Distortion
5. BxMxC
6. Believing
7. Brand New Day
8. Monochrome
9. METALI!! (solo du Kami band)
10. Megitsune
11. Headbangeeeeerrrrr!!!!!
12. Road of Resistance

Chacun dans leur genre, Wargasm et Babymetal ont offert un concert très professionnel et efficace au public rassemblé à l’Olympia. Les premiers jouent de leur irrévérence et d’une réactivation de la musique des 90s pour bâtir leur capital sympathie et les deuxièmes s’enferment dans la perfection de façade qu’on attend des groupes de J-Pop et s’appuient sur des musiciens très solides pour poursuivre la conquête de leur public. La principale différence selon moi est que Wargasm a un fort potentiel de séduction sur un public qui ne les connaît pas alors que Babymetal aura du mal à gagner le cœur d’une audience qui n’est pas déjà acquise à sa cause ; une différence qui s’explique autant par leurs registres musicaux respectifs que par leur capacité à créer un lien humain avec des fans.