Report ALESTORM/TROLDHAUGEN/AETHER REALM @ Elysée Montmartre le 21/10/2017!
Peetoff
Journaliste

«Alestorm a gardé ses petits bijoux pour après le rappel puisque nous finissons cette soirée sur le très attendu « Drink », suivi de « Fucked With An Anchor », chantés à pleins poumons par le public !»

Créé 21/10/2017
6086 vues

Report : Enora Nattfödd
Photos : Matthieu Lelievre

Report – AETHER REALM/TROLDHAUGEN/ALESTORM – Elysée Montmartre – 21/10/2017

Il y a foule en ce samedi 21 octobre devant l'Elysée Montmartre pour le concert des pirates d'Alestorm. Ils se sont entourés d'Aether Realm, que j'attends avec impatience, et de Troldhaugen, que je ne connais pas encore mais qui me laissera un souvenir impérissable comme vous allez le voir. Après une interview très sympathique avec Gareth (bassiste) et Elliot (claviériste) d'Alestorm, que vous pouvez retrouver sur notre site, je regagne la salle juste à temps pour le concert d'Aether Realm. Le public est déjà prêt à se défouler et l'ambiance promet d'être au rendez-vous !

Soyons honnêtes, heureusement que l'ambiance est au rendez-vous et que le groupe assure un show sur scène parce que la qualité sonore est une des pires que j'ai connues depuis mes premiers concerts… Espérons que cela ne gâche pas trop le show mais cela va être dur d'en faire abstraction. Les Américains, qui n'ont que sept ans d'existence, ont la lourde tâche d'ouvrir pour les pirates d'Alestorm et ils débutent en force avec « The Magician » et « Tarot ». Le public semble assez réceptif bien que la salle soit encore loin d'être pleine et les premiers pogos se mettent tranquillement en route, au rythme des chansons d'Aether Realm. Les deux guitaristes, Donny Burbage et Heinrich Arnold, ainsi que le bassiste-chanteur, Vincent Jones, ne se privent pas de headbanguer, en ligne, face à nous. Le batteur, Tyler Gresham, en retrait sur la scène, n'est pas en reste, mais je vous avoue qu'il ne rivalise pas avec celui de Troldhaugen, mais nous verrons cela plus tard. Le groupe continue avec « Death », issu, comme le morceau précédent, de leur tout dernier album. On repart vers l'album de 2013 avec « Swamp Witch », un morceau qui met à l'honneur les influences Folk du groupe. Sur ce genre de morceau, je regrette encore plus la qualité sonore absolument horrible qui fait passer à la trappe le background musical et laisse planer une bouillie sonore mêlant les riffs de guitare et la ligne rythmique. Aether Realm profite de son cours set pour mettre en avant son nouvel album avec « King Of Cups », suivi de « The Chariot », leur single de 2015. Les musiciens essaient de communiquer avec le public mais demeurent un peu trop statiques, malgré une belle énergie et beaucoup de sourires ! Ils finissent, pour mon plus grand plaisir, pour la merveilleuse « The Sun, The Moon, The Star », qui pâtit toujours du mixage catastrophique de la salle. Après des adieux chaleureux, le groupe quitte la scène.

Setlist d'Aether Realm :
1- The Magician
2- Tarot
3- Death
4- Swamp Witch
5- King Of Cups
6- The Chariot
7- The Sun, The Moon, The Star

Si j'avais su à quoi j'allais être confrontée avec Troldhaugen, j'aurais utilisé la petite pause qui nous a été accordée après Aether Realm pour me préparer psychologiquement à ce que j'allais découvrir. Le groupe australien est un ovni, une plongée dans un univers démentiel aussi fou qu'amusant, voir réellement dérangeant. Un batteur en legging de sport et lunettes de soleil monte sur scène, rapidement suivi de d'un bassiste et d'un guitariste qui ressemblent à des jumeaux, eux aussi vêtus de collants argentés dans la plus pure veine disco de mauvais goût. Mais rien ne laissait présager l'apparence du chanteur, Reventüsk, qui arrive courbé, habillé en legging noir, k-way, casquette, lunettes de soleil et avec une charmante banane autour de la taille. Ses mimiques seront tantôt à hurler de rire, tantôt malsaines. Pour le reste, les titres des chansons parleront d'eux-mêmes et on commence avec « I Ordered A Taxi Driver Not A Taxidermy ». Le crabe qui trône sur la bannière en fond de scène est à l'effigie de la couverture de leur dernier album dont sont également tirés les morceaux suivants : « CRISPr Me Baby (One More Time) » et « BMX Terminator ». Je regrette un peu que le bassiste, Svarog, et le guitariste, Meldengar », ne soient pas plus actifs sur scène mais Grädernok, à la batterie, compense largement ce manque d'énergie en jouant avec le public et se positionnant comme le compagnon de jeu idéal du chanteur qui n'a pas cessé de parcourir la scène d'un bout à l'autre en parodiant des chanteuses de Pop. Malgré le côté très ironique des titres, je dois souligner la très bonne technique vocale du chanteur qui maîtrise absolument toutes ses notes tout en courant d'un bout à l'autre de la scène. « Poultrytician » nous permet de profiter d'un merveilleux spectacle : tous les membres s'avancent et font la danse des canards, et ça valait le détour ! Le groupe enchaîne sur « Mambo Mambo (Binko Binko) » puis « It's Morphine Time ». La présence scénique du chanteur ne suffit malheureusement pas à dissimuler l'absence totale d'action et de présence du guitariste et du bassiste. La qualité sonore est légèrement meilleure que pour Aether Realm mais rien de brillant malgré tout, la voix surnage au dessus de la rythmique, le reste étant noyé par le background électro qui accompagne les morceaux du groupe. Il finit avec « JawDrop », « Genome In A Bottle » et « Viva Loa Vegas » alors que la salle se remplit et que le public s'amuse de ce show explosif et original.

Setlist de Troldhaugen :
1- I Ordered A Taxi Driver Not A Taxidermy
2- CRISPr Me Baby (One More Time)
3- BMX Terminator
4- Poultrytician
5- Mambo Mambo (Binko Binko)
6- It's Morphine Time
7- Jaw Drop
8- Genome In A Bottle
9- Viva Loa Vegas

La salle est enfin pleine lorsque les pirates font leur apparition sur scène, devant leur fameux canard gonflable ! Le bassiste, Gareth, nous a expliqué que le groupe pensait sincèrement que le pays où ils avaient le plus de fans est la France alors nous nous attendons à un show exceptionnel, d'autant plus que les retours plus que positifs à propos de leur passage au Hellfest ne cessent de circuler. Après une introduction qui les voit entrer sur scène, ils débutent avec « Keelhauled » et « Alestorm », le morceau éponyme de leur dernier album. Les cornes se mêlent au doigt plié en crochet que Christopher ne cesse de réclamer en se baladant sur la scène, la main levée. « Magnetic North » est accueillie par des hurlements de joie de le refrain est repris par la fosse. Le public ne cesse se lancer dans des pogos et des slams, on peut vous dire que la sécurité a eu du travail ! D'ailleurs, ils se montrent parfois un peu violents, jusqu'à ce qu'un fan se prenne le mur lorsqu'il est redirigé vers la sortie du pit habituellement réservé aux photographes. Le nouvel hymne « Mexico » rencontre un franc succès et la chanson ne perd rien de son effet en live mais j'ai le sentiment que le groupe ne s'investit pas réellement dans son concert. Peut être qu'ils savent que la très grande majorité des gens présents sont déjà fans, et qu'ils estiment que ça ne vaut pas la peine de tout donner, mais plusieurs personnes me confieront à la fin avoir été déçues. Les morceaux s'enchaînent avec « That Famous Ol'Spiced », « The Sunk'n Norwegian » qui rencontre un franc succès, « No Grave But The Sea », issu de leur nouvel album ou encore « Nancy The Tavern Wench ». Une immense partie du public s'assied et commence à ramer au rythme des chansons. Le groupe communique relativement peu mais continue à occuper la scène et à rire, renvoyant du pied d'énormes ballons apparus dans le public. Après « Rumpelkombo », « 1741 (The Battle Of Cartagena) » est annoncée de façon triomphante et reprise par le public, qui n'attendait visiblement qu'un prétexte pour recommencer s'amuser ! L'ambiance est au rendez-vous, mais la présence des membres me laisse toujours ce petit arrière-goût de déception. « Hungover », la reprise de Taio Cruz, voit l'arrivée sur scène d'un technicien du groupe à la guitare et d'un ami australien absolument colossal : Beef Guy ! Ce dernier descend trois bières à une vitesse supersonique. Sur les derniers titres, on retiendra surtout le légendaire « Captain Morgan's Revenge » après une petite dédicace aux Allemands, et Christopher sera très surpris d'en découvrir dans la salle, sur « Bar ünd Imbiss ». Alestorm a gardé ses petits bijoux pour après le rappel puisque nous finissons cette soirée sur le très attendu « Drink », suivi de « Fucked With An Anchor », chantés à pleins poumons par le public !

Setlist d'Alestorm :
Introduction
1- Keelhauled
2- Alestorm
3- Magnetic North
4- Mexico
5- That Famous Ol'Spiced
6- The Sunk'n Norwegian
7- No Grave But The Sea
8- Nancy The Tavern Wench
9- Rumpelkombo
10- 1741 (The Battle Of Cartagena)
11- Hungover (Taio Cruz cover)
12- Pegleg Potion
13- Bar ünd Imbiss
14- Captain Morgan's Revenge
15- Shipwrecked
RAPPEL
16- Drink
17- Wenches & Mead
18- Fucked With An Anchor
Outro – Mr. Blobby

Malgré ce que je considère comme un réel manque d'investissement, Christopher Bowes arrive dans la salle moins de trois minutes après que le groupe soit sorti de scène. Il prend le temps de faire des photos, signer des autographes et échanger quelques mots avec les personnes présentes, une attitude très appréciable pour un artiste qui pourrait avoir pris la grosse tête dernièrement. Finalement, ce concert est plutôt mitigé pour moi puisque la qualité sonore m'a déçue et que les groupes ne m'ont pas laissé une impression impérissable. Cependant le public a passé un excellent moment et les sourires sont sur tous les visages, la soirée n'était pas si mauvaise mais il faudra faire mieux la prochaine fois !