Prophets of Rage @ Zénith de Paris
Neyelia
Journaliste

«La rage au corps, le Zénith a tremblé avec les Prophets.»

Créé 10/11/2017
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L'heure tant attendue du défouloir est arrivée ! Le Zénith est rempli, bien plus que pour les invitées du soir, et prêt à replonger vingt ans en arrière. Pour ceux qui ont grandi avec Rage Against The Machine, pour ceux qui ont vécu leur crise d'ado sur leur musique, ne l'oublions pas, Prophets of Rage est avant tout un groupe de nostalgie. Et à pareil groupe, pareille setlist. Si l'on peut reprocher aux américains de faire du fan service, avec seulement quatre titres de leur album éponyme sorti cet automne, et le reste de chansons de RATM, Cypress Hill ou Public Enemy, l'effet sur le public, bien que prévisible, est incomparable !

DJ Lord est le premier à faire son entrée sur scène, derrière ses platines arborant fièrement « Take the power back ». Il nous propose un DJ set, ce soir-là considérablement rallongé pour permettre aux techniciens du groupe de régler un léger souci sur la batterie, Passant allègrement de Metallica à Michael Jackson ou de Linkin Park (moment d'émotion !) à David Bowie, l'ex-membre de Public Enemy ravit toutes les oreilles. Mais le public gronde d'impatience de voir apparaître Morello et sa bande, accompagnés de Chuck D et B-Real.
Une fois la batterie en état de fonctionnement, c'est chose faite, les cinq membres restants faisant leur apparition poing levé et regard baissé, sous un rideau de lumière blanche qui ne les quittera pas du set.
Et en toute logique, c'est le titre de Public Enemy, « Prophets Of Rage », on ne peut plus de circonstance, qui fait office d'entrée en matière. Chuck D est bien sûr en pleine maîtrise, et les six membres occupent la scène à grands renforts de sauts de cabri. On enchaîne avec « Testify », et bien sûr « Take The Power Back » qui font toujours autant d'effet. L'occasion de constater que malgré l'aspect « supergroupe » et la présence de deux vocalistes stars, la véritable star du groupe est bien Tom Morello. Tous les regards et tous les objectifs sont rivés sur lui, et d'autant plus quand ce dernier soulève sa guitare pour dévoiler le tant attendu écriteau « Fuck Trump » (je vous épargne la traduction !). C'est ce même Morello qui se révèle leader du groupe, et de l'énergie rock, presque punk, qui s'en dégage, encore aujourd'hui, bien qu'un peu édulcorée par le temps et la perte des illusions qu'ils pouvaient avoir il y a vingt ans.
Après un troisième titre de RATM, vient enfin l'heure d'entendre en live un des titres de l'album, en l'occurrence « Living On The 110 », et il faut bien l'admettre les deux rappeurs sont bien plus mis en valeur sur ce titre que sur ceux de Rage Against The Machine, où l'absence de Zack de la Rocha se fait clairement sentir. On enchaîne avec un second extrait du tout récent album des prophètes, « Hail to the Chief » qui fait sensation, et embarque bien plus le public que le précédent. Et puisque le public est dedans, il est temps de lâcher l'incontournable et irrésistible tout premier titre de RATM : « Bombtrack », qui fait toujours l'effet d'une bombe.
On arrive ensuite à la pause hip-hop dans ce set très marqué par la patte RATM. « Fight The Power » de Public Enemy, suivi d'un medley des groupes dont faisaient partie les deux vocalistes. Et puisqu'on est dans la pause, il s'ensuit un « Sleep Now Fire » qui se transforme en « Cochise » d'Audioslave, et « Like a Stone » où la voix du regretté Chris Cornell sera remplacée par des milliers de voix en choeur. Moment d'émotion garanti, annoncé par Tom Morello : « si vous connaissez les paroles, chantez-les en choeur, sinon, faites une prière pour la paix », ou l'art de ne jamais perdre un message politisé même dans l'hommage à son ami.
Reprise des hostilités avec « Know Your Enemy » et « Bullet In The Head » avant deux nouveaux titres de l'album de Prophets Of Rage, dont le single « Unfuck the World », pour finir par le trio gagnant : « How I could just Kill a Man », « Bulls On Parade », et bien sûr « Killing in the Name ».

En fosse, l'ambiance est explosive ! Le public saute partout et évacue ladite rage que nos prophètes évoquent. Pour ceux qui n'avaient pas été très convaincus par les prestations festivalières du groupe, il y a de quoi se rattraper ce soir. En effet, sur scène, Tim Commerford semble très concerné, pendant que Brad Wilk évacue quant à lui sa rage en matraquant ses fûts. Les deux vocalistes haranguent la foule, et DJ Lord se concentre sur ses platines. L'inénarrable (et surtout inimitable) Morello s'impose malgré tout comme le leader de la bande, avec un charisme rayonnant, et une implication totale.
On ressort de la salle galvanisé, rempli de cette énergie de la rage, que les prophètes ont bien fait de nous amener ce soir.


Setlist :

1. Prophets Of Rage (Public Enemy)
2. Testify (Rage Against The Machine)
3. Take the Power Back (RATM)
4. Guerilla Radio (RATM)
5. Living on the 110 (Prophets Of Rage)
6. Hail to the Chief (POR)
7. Bombtrack (RATM)
8. Fight the Power (Public Enemy)
9. Medley :
• Hand on the Pump (Cypress Hill)
• Can't Truss It (PE)
• Insane in the Brain (CH)
• I ain't going out like that (CH)
• Welcome to the Terrordome (PE)
• Jump Around (CH)
10. Sleep Now Fire (RATM) / Cochise (Audioslave)
11. Like A Stone (Audioslave)
12. Know Your Enemy (RATM)
13. Bullet in the Head (RATM)
14. Leglize Me (POR)
15. Unfuck the World (POR)
16. How I could just Kill A Man (RATM)
17. Bulls On Parade (RATM)
18. Killing in the Name (RATM)